Le premier ministre canadien Justin Trudeau se rendra d’abord en France, puis à Singapour et en Papouasie-Nouvelle-Guinée, où il fera valoir un objectif souvent énoncé par son gouvernement: diversifier les échanges au-delà des États-Unis.

Trudeau parlera commerce pendant 10 jours à l’étranger

Le premier ministre Justin Trudeau fera de gros efforts pour trouver de nouveaux marchés pour les produits et services canadiens au cours du voyage de dix jours en Europe et en Asie qu’il est sur le point de commencer.

M. Trudeau se rendra d’abord en France, puis à Singapour et en Papouasie-Nouvelle-Guinée, où il fera valoir un objectif souvent énoncé par son gouvernement: diversifier les échanges au-delà des États-Unis.

Des observateurs estiment que le plus gros test de M. Trudeau aura lieu à l’occasion des deux derniers arrêts. Il tentera alors de convaincre des pays de l’Asie-Pacifique que le Canada accordera plus d’attention à cette région, où les accords commerciaux dépendent souvent des relations personnelles.

Le ministre du Commerce international, Jim Carr, accompagnera le premier ministre pour ces événements, où il discutera avec les représentants d’une organisation de dix pays appelée l’Association des nations de l’Asie du Sud-Est (ANASE) et ensuite avec d’autres dirigeants au sommet de la Coopération économique pour l’Asie-Pacifique.

«Pour son auditoire national, le premier ministre et les autres ministres devront démontrer que ce voyage contribue de manière importante aux priorités de diversification du commerce», a déclaré le sénateur Yuen Pau Woo, un indépendant nommé par M. Trudeau et un expert de la région Asie-Pacifique.

«Ce que nos homologues voudront entendre, c’est que le Canada ne se retire pas dans une forteresse en Amérique du Nord avec la signature de l’ALÉNA 2.0 et que les priorités de diversification du commerce sont sincères, dotées de moyens, de ressources et de détermination.»

Des experts en politique étrangère qui suivent de près les intérêts commerciaux du Canada dans cette région soulignent que M. Trudeau reviendra probablement au pays avec une série d’accords de projets plutôt que des nouveaux traités commerciaux majeurs.

Ensemble, les pays de l’ANASE seraient le sixième partenaire commercial du Canada et les négociations exploratoires de libre-échange avec eux avancent lentement - bien que certains soient inclus dans un plus grand traité commercial avec les pays du Pacifique que le Canada vient de ratifier, ce qui signifie qu’il entrera bientôt en vigueur.

Le Canada a déjà conclu un accord commercial avec l’Europe, dont la plupart des clauses sont entrées en vigueur l’an dernier, éliminant les droits de douane sur de nombreux produits. Mais une petite partie de l’accord doit encore être ratifiée par chaque membre de l’Union européenne.

Le Canada doit agir vite

L’ancien premier ministre du Québec, Jean Charest, qui se spécialise maintenant dans les affaires internationales en tant que partenaire du cabinet d’avocats McCarthy Tetrault, a indiqué que si suffisamment de pays approuvaient les parties restantes, l’accord deviendrait irréversible.

Un grand acteur européen comme la France, l’Allemagne ou l’Italie scellerait probablement l’accord.

Avec la situation politique instable en Italie et la récente décision de la chancelière allemande Angela Merkel de se retirer prochainement, la France est probablement la seule option du Canada pour conclure l’accord rapidement, avant les élections européennes de printemps, a déclaré M. Charest.

«Si vous obtenez un nouveau parlement qui est porté au pouvoir et qui a fait campagne contre cela, alors vous êtes dans une nouvelle zone politique», a-t-il fait remarquer.

«M. Trudeau devrait faire pression sur (le président français Emmanuel) Macron, qui contrôle sa majorité à l’Assemblée nationale, pour aller de l’avant avec cela le plus rapidement possible.»

L’ambassadrice de la France au Canada, Kareen Rispal, a affirmé qu’il était préférable de laisser les Européens constater les avantages de l’accord, connu sous l’acronyme AECG , au lieu de se précipiter dans un débat sur ses mérites avant les élections européennes.

Les élections européennes se transforment souvent en vote de protestation et constituent «un appel à tous les populistes», a-t-elle expliqué.

«C’est une campagne très délicate, a-t-elle déclaré. Si nous avons l’AECG dans la campagne, nous pensons que ce n’est pas une bonne idée.»

Commémorations en France

Avant toute discussion commerciale, M. Trudeau doit marquer le 100e anniversaire de la fin de la Première Guerre mondiale, d’abord samedi à la crête de Vimy, où il rencontrera des anciens combattants et visitera le monument construit pour commémorer la «guerre pour mettre fin à toute guerre».

M. Trudeau se présentera dimanche aux côtés de plus de 60 dirigeants mondiaux, dont le président américain Donald Trump, le président russe Vladimir Poutine, Angela Merkel et Emmanuel Macron lors des commémorations du Jour de l’Armistice.

Quelque 60 000 Canadiens sont morts et 172 000 ont été blessés au cours de la Première Guerre mondiale, entre 1914 et 1918.

Environ 10 500 de ces décès sont survenus à la crête de Vimy, alors que les troupes canadiennes capturaient cet endroit stratégiquement important des Allemands.