Transat s’affaire à construire un complexe hôtelier de 600 à 900 chambres sur un terrain récemment acheté dans le village de Puerto Morelos - à moins de 40 kilomètres de Cancun.

Transat A.T. ne craint pas l'arrivée de Swoop

MONTRÉAL - En dépit d’une baisse des profits en 2018, la haute direction de Transat A.T. tempère l’arrivée d’un nouveau concurrent dans le secteur des destinations soleil, disant en avoir vu d’autres depuis la fondation du voyagiste.

Swoop, une filiale de Westjet qui a vu le jour en juin, a depuis annoncé l’ajout de liaisons, à compter de l’an prochain, vers des destinations comme Cancun, Puerto Vallarta et Mazatlan au Mexique ainsi que des vols vers Montego Bay, en Jamaïque, d’ici quelques jours.

«Nous sommes attentifs, bien sûr, a expliqué jeudi la chef de l’exploitation de l’entreprise québécoise, Annick Guérard, au cours d’une conférence téléphonique visant à discuter des résultats du quatrième trimestre. Mais nous rivalisons avec d’autres transporteurs à bas prix. Nous savons comment faire face à cela.»

Au terme de l’exercice, le profit net a plongé de 97%, à 3,8 millions $, ou 10 cents par action, puisque Transat n’a pu compter sur le produit découlant de la vente de sa participation dans une chaîne d’hôtels, comme en 2017. Il s’agit néanmoins de la deuxième pire performance en six ans, dans un contexte où la concurrence ne fait que s’accroître.

Au Canada, Swoop offre un service depuis l’aéroport de Hamilton ainsi qu’à celui d’Abbotsford, en Colombie-Britannique. Le transporteur aérien n’est pas présent au Québec.

Interrogée par les analystes, Mme Guérard a indiqué que ce nouveau rival n’était pas encore un joueur majeur auprès des destinations soleil, prisées par les vacanciers lorsque vient le temps de fuir le froid hivernal.

«Nous croyons que le volume n’est pas majeur, a-t-elle dit. Toutefois, nous allons nous assurer de bien analyser (ce qu’ils feront).»

Néanmoins, Swoop viendra bonifier une capacité grandissante offerte par les transporteurs canadiens à destination du Mexique et des Antilles. L’exploitant du transporteur Air Transat a souligné que la disponibilité des sièges devrait s’accroître de huit pour cent au cours de la prochaine saison, pour un total d’environ 4,7 millions de sièges.

Air Canada mène la charge avec une augmentation de capacité de 14%, devant Westjet. Cette prévision ne tient pas compte de l’arrivée prochaine de Swoop.

Pour sa part, Transat compte bonifier son offre de 2% cet hiver par rapport à l’an dernier. Jusqu’à présent, les réservations sont en progression de 6%, a souligné le voyagiste dans ses résultats.

«Cinquante-deux pour cent de la capacité est vendue (...) et les prix sont légèrement en hausse», a noté Cameron Doerksen, de la Financière Banque Nationale, dans un rapport, estimant que la demande était «décente».

Repositionnement

Entre-temps, dans le but de tirer son épingle du jeu dans un marché convoité par Air Canada Rouge, West Jet et Sunwing, Transat continue, lentement mais sûrement, à mettre sur pied son projet de chaîne d’hôtels dans les Antilles.

D’ici 2024, la société souhaite détenir ou exploiter quelque 5000 chambres dans cette région.

En octobre 2017, Transat avait vendu sa participation de 35% dans la chaîne Ocean Hotels pour 186 millions $ et le mois dernier, elle a conclu une entente pour céder sa filiale Jonview Canada à une compagnie japonaise pour 44 millions $.

Transat s’affaire à construire un complexe hôtelier de 600 à 900 chambres sur un terrain récemment acheté dans le village de Puerto Morelos - à moins de 40 kilomètres de Cancun. Les travaux devraient débuter en mai.

«Nous nous tournons davantage vers Punta Cana étant donné que nous avons déjà un projet en branle à Riviera Maya», a dit le président et chef de la direction de l’entreprise, Jean-Marc Eustache.

Au quatrième trimestre, la hausse des prix du carburant et la fluctuation des devises ont pesé à hauteur de 35,9 millions $ sur les résultats de Transat, qui a vu ses profits fléchir.

Abstraction faite des éléments non récurrents, le profit ajusté a été de 16,9 millions $, ou 45 cents par action, alors qu’il avait été de 46,4 millions $ ou 1,24 $ par action, pendant le quatrième trimestre en 2017. Les revenus ont également fléchi, passant de 698,6 millions $ à 668,3 millions $.

Cette performance trimestrielle a en partie répondu aux attentes des analystes sondés par Thomson Reuters, qui tablaient sur un profit par action ajusté de 41 cents sur un chiffre d’affaires de 675,9 millions $.

À la Bourse de Toronto, l’action de Transat a clôturé à 5,99 $, en recul de quatre cents.