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Chez Topring, à Granby, on est aux petits soins pour les employés. Horaires de travail aménagés, activités sportives payées... on leur offre même des fleurs à l’improviste !
Chez Topring, à Granby, on est aux petits soins pour les employés. Horaires de travail aménagés, activités sportives payées... on leur offre même des fleurs à l’improviste !

Traiter ses employés aux petits oignons

Jérôme Savary
Jérôme Savary
La Voix de l'Est
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Chez Topring, à Granby, on est aux petits soins pour les employés. Horaires de travail aménagés, activités sportives payées... on leur offre même des fleurs à l’improviste ! Chez Flexpipe, à Farnham, les membres du personnel auront la possibilité d’aller travailler sous le soleil du Costa Rica. En ces temps de pénurie de main-d’oeuvre, des entreprises accordent davantage d'importance au bien-être de leurs employés.

«On aime vraiment avoir du plaisir en gang», résume, à l’autre bout du fil, Anne-Catherine Ménard, coprésidente de Topring depuis un peu plus d’un an.

Ça paraît. De façon inattendue, les 65 employés ont droit à des surprises. Se faire offrir des fleurs ou un lunch qui sort de l’ordinaire, avec des foodtruck présents sur le site de l’entreprise, ou encore déguster de la crème glacée chez un traiteur de passage pour l’occasion, du massage sur chaise....

«On veut cultiver le bonheur et la surprise», indique Mme Ménard, rappelant que Topring est finaliste aux prix Distinction de la Chambre de commerce de la Haute-Yamaska, notamment dans la catégorie «Bonnes pratiques RH» — aux côtés de Bromont, montagne d’expériences et de Pneus Robert Bernard.


« Bien évidemment, il n’est pas possible de tout adapter d’un seul coup, mais petit à petit, [...] en mesurant les sourires, on évolue, on s’améliore. »
Anne-Catherine Ménard, coprésidente de Topring
Anne-Catherine Ménard est coprésidente de Topring.

«Quelqu’un m’a déjà dit que 80 % du temps d’éveil d’une personne est passé au travail, explique Anne-Catherine Ménard. Ça me fait réaliser l’importance d’un environnement de travail confortable, sain et sécuritaire. Bien évidemment, il n’est pas possible de tout adapter d’un seul coup, mais petit à petit, en essayant des nouvelles choses (...) et en mesurant les sourires, on évolue, on s’améliore. Lorsque les membres de l’équipe sont heureux dans leur travail, j’ose espérer que cette bonne humeur puisse aussi avoir un impact indirect sur leur propre famille.»

Chez Topring, où l’on conçoit des produits à air comprimé, différents comités gérés par les employés ont été mis en place pour permettre à de multiples initiatives de voir le jour, dont le comité «wow» (pour les surprises) et le comité mieux-être pour favoriser la santé au travail.

Au sujet de ce dernier comité, une plateforme de télémédecine est offerte à tous les employés de l’entreprise et est entièrement payée par Topring. «Cela évite ainsi à nos employés à devoir se déplacer.»

«Tous les employés de Topring sont sur une liste à La Crèmerie pour qu’ils puissent aller chercher leur crème glacée gratuite… et peut-être croiser des collègues dans le stationnement?», lit-on dans un document de présentation de l’entreprise soumis à la Chambre de commerce Haute-Yamaska dans le cadre des prix Distinction, dont la remise est le 7 mai prochain.

Sans passer en revue toutes les mesures favorisant le bien-être au travail, mentionnons la participation du personnel aux profits de cette entreprise, ce dernier recevant un bonus en fin d’année.

Et lorsque l’entreprise fait des ventes record, l’entreprise fondée par Louis Ménard, père d’Anne-Catherine, inclut ses employés, en leur livrant par exemple de la pizza à leur domicile.

Sous le soleil exactement

Vous a-t-on déjà offert d’effectuer votre quart de travail au bord de l’océan Pacifique ? Les 40 employés de Flexpipe, oui. L’entreprise a en effet acquis ces derniers mois une maison à Esterillos Oeste, au Costa Rica. Tous y sont les bienvenus, chacun leur tour, lorsque les conditions sanitaires le permettront.

D’ici là, 85 % d’entre eux ont déjà indiqué, d’après un sondage interne réalisé par l’entreprise, qu’ils espéraient bien en profiter dans les 24 prochains mois.

«En bout de ligne, pour être bon au travail, il faut être bien, de dire Julien Depelteau, directeur général de l’entreprise spécialisée dans les structures modulables en acier. Quand les employés sont bien, ils sont heureux et sont plus performants. Le but est simplement que les employés soient bien.»

Flexpipe met à la disposition des employés sa nouvelle résidence acquise au Costa Rica.

La nouvelle politique de télétravail de Flexpipe permet de faire du télétravail ailleurs qu’au domicile principal, au chalet par exemple, à raison de trois semaines par année.

«Je crois de plus en plus au company life style, de dire Julien Depelteau. J’essaie de penser comme un employé, ce qui le motiverait à ne pas venir simplement pour chercher un salaire.»

Et parmi ceux qui n’habitent pas la région, ils pourront dès le 1er juin dormir dans l’une des deux chambres que Flexpipe mettra à leur disposition dans les nouveaux locaux qu’elle louera alors, lors des deux jours de travail en présentiel prévus par semaine.

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Le télétravail restera la norme de l’entreprise, ce qui lui permet d’élargir son bassin de candidats futurs, estime le directeur général. Le travail à partir de la maison permet selon lui de rendre leurs éventuelles offres d’emploi attractives pour des candidats plus éloignés qui auraient été auparavant rétifs à faire les allers-retours maison-boulot sur une base quotidienne.

Si ces différentes mesures aident au recrutement, «on ne le fait pas pour ça. On aime avoir du fun», insiste Mme Ménard, de Topring, qui constate également le manque de main-d’œuvre sur le marché.

Julien Depelteau dirige l’entreprise Flexpipe, à Farnham.

Dans l’air du temps ?

«Le côté humain et le fun est très important dans la vision de Julien», constate pour sa part Caroline St-Germain, qui s’est jointe à l’entreprise farnhamienne il y a deux ans à titre de stratège marketing et ventes.

Selon elle, cette vision axée sur le bien-être au travail serait par ailleurs dans l’air du temps.

Mme Ménard, à Topring, croit également que les gestionnaires sont «moins dans le contrôle qu’avant».

Celle qui est présente au conseil d’administration du Groupement des chefs d’entreprise du Québec et qui est membre également de la Maison des leaders s’est entourée d’autres chefs d’entreprise pour discuter des bonnes pratiques, pour «s’inspirer des bons coups des autres».

L’entrepreneure âgée de 42 ans dit également suivre les pas de sa mère qui a travaillé dans l’entreprise et qui «cultivait beaucoup le bonheur».

Sur le terrain, la coprésidente — le coprésident, Frédéric Théroux, est responsable de l’administration et des opérations, alors qu’Anne-Catherine s’occupe des volets innovation, marketing, numérique et culture d’entreprise — remet en question ses façons de faire, en étant à l’écoute de ses 65 employés. D’ailleurs, chacun d’entre eux est rencontré chaque année et on lui pose alors la question suivante : «Si tu le pouvais, que changerais-tu dans l’entreprise?»

Ces propositions, une fois analysées, ont notamment mené à la mise sur pied d’un programme de flexibilité au travail. De nouvelles plages horaires de travail ont été prévues, des vendredis de congé ont été permis, par exemple. «On offre également le retour progressif de congé maternité sur quelques mois, et la réduction des horaires de travail de quelqu’un qui se prépare à partir à la retraite, afin de favoriser la transition.»

En résumé, cette conception plus moderne du travail fait en sorte que celui-ci ne doit pas être un supplice. «On passe beaucoup de temps dans l’entreprise, alors c’est important d’avoir du plaisir à travailler», insiste Mme Ménard.

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ENCOURAGER LE BIEN-ÊTRE DES EMPLOYÉS

La norme Entreprise en santé (BNQ 9700-800), première du genre au niveau mondial, encourage les organisations à promouvoir la santé et le bien-être dans leur milieu de travail à travers son programme de certification. 

Lancée en 2008 par le Bureau de normalisation du Québec (BNQ), elle outille les organisations pour agir sur quatre sphères d’activités reconnues pour avoir un impact sur la santé physique et psychique des employés : les habitudes de vie, l’environnement de travail, les pratiques de gestion et la conciliation travail/vie personnelle.

La mise en œuvre de cette certification passe par la mobilisation et l’engagement du personnel, qui doit être consulté pour déterminer les besoins et les pistes d’amélioration possibles.

Selon le Groupe entreprises en santé, plus d’une centaine de milieux de travail ont été certifiés par le BNQ.

Dans un contexte de pénurie de main-d’œuvre, les entreprises n’ont pas d’autres choix que d’innover en matière de bien-être des employés. JÉRÔME SAVARY (Avec Novae)

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D'AUTRES ENTREPRISES À L'ÉCOUTE

Si elles sont inspirantes, les entreprises Topring et Flexpipe ne sont pas les seuls à porter une attention particulière à leurs employés. Le manque de main-d’œuvre rend cette démarche essentielle, car pour attirer, encore faut-il séduire !

Un coup de sonde envoyé auprès de Granby industriel et du CLD de Brome-Missisquoi permet notamment de faire ressortir d’autres noms d’entreprises.

Si Northrich, avec son comité d’accueil et ses activités sociales, semble offrir une belle ambiance de travail, Pastique Nadco propose aussi un gymnase à ses employés, alors que le Groupe LCI Canada mise sur le développement de ses 146 employés.

A7 Integration, Durabac, Cascades, Artopex, KDC Knowlton, Gelpac Poly ont aussi été mentionnées par nos interlocuteurs. Cependant, cette liste n’est pas exhaustive. JÉRÔME SAVARY