Ça se passe en pantoufles chez Sematos!

Traduire en «chillant»!

«Ici, nous nous laissons bercer par le son des claviers. C’est chill. L’ambiance est relaxe et propice au travail intellectuel», commente Maxime Ross.

Le traducteur n’a pas de souliers dans les pieds. 

La plupart de ses consœurs de travail — les filles sont largement majoritaires chez Traduction Sematos, un cabinet spécialisé dans les services de traduction et de révision — portent des pantoufles.

«Chez Sematos, les employés sont à l’aise. Ils viennent travailler comme ils sont dans la vie de tous les jours», explique la chargée de projets Alexia Lardon.

En effet, c’est chill chez Sematos. 

On entendrait voler une mouche dans ce grand local à aires ouvertes enveloppé par la lumière du jour. 

À l’occasion, une réviseuse ou une traductrice dépose ses écouteurs et lève la tête pour interroger une collègue sur le sens d’une expression ou sur l’interprétation juste d’un mot. Puis, elle se concentre de nouveau sur son travail. 

Rigueur. Rigueur. Rigueur.

«En fondant Sematos en 2011, je voulais recréer un environnement de collégialité comparable à celui que j’appréciais tellement durant mes études au baccalauréat en traduction à l’Université Laval», raconte le président de Sematos, Manuel Fresnais. 

«Nous nous retrouvions, quatre ou cinq collègues, assis autour d’une table à la cafétéria, à plancher sur nos traductions et à échanger pour trouver le bon mot, la bonne tournure de phrase.»

À l’Université Laval, Manuel Fresnais était inscrit au profil entrepreneurial, ce qui lui permettait de préparer le démarrage de son entreprise au cours de son baccalauréat en traduction. Il voulait devenir son propre patron.

«À l’époque, j’aspirais à devenir pigiste. Travailler en solitaire dans le sous-sol de ma maison. Ça n’a pas duré plus de trois semaines! Je ne pouvais travailler seul dans mon coin. Le contact humain me manquait cruellement. J’avais besoin d’échanger avec des collègues.»

Les contrats s’accumulant, il recrute alors ses premiers traducteurs. 

«Nous nous sommes retrouvés quatre dans le sous-sol de ma résidence. Les affaires allaient tellement bien qu’il devenait impératif d’accroître les effectifs du cabinet. C’est à ce moment que ma conjointe, alors enceinte, m’a gentiment fait comprendre qu’il valait mieux que mon équipe et moi quittions le repaire familial!»

Qualité de vie et biscuits!

Comptant aujourd’hui 29 employés, Sematos a établi ses pénates dans le quartier Saint-Roch à Québec.

L’aménagement des locaux reflète la volonté du cabinet de favoriser la communication entre les professionnels.

À cet égard, la direction met de l’avant une politique de la porte ouverte. «Je considère les traducteurs et les réviseurs davantage comme des amis que des employés», souligne Manuel Fresnais

La qualité de vie au travail occupe une place prépondérante.

L’employeur multiplie les petites attentions pour son personnel. Il souligne les anniversaires. Il accommode les salariés qui veulent travailler à la maison ou à l’étranger. Le club social, financé à la fois par le cabinet et les employés, n’est jamais à court d’idées pour divertir les camarades. Et il semble toujours y avoir des biscuits à dévorer sur la table de la cuisine!

Sematos fait preuve d’ouverture sur les horaires de travail, comme en témoigne Vicky Comtois qui aime commencer ses journées dès potron-minet.

«Moi, j’ai l’impression, ici, de grandir plus rapidement dans ma profession», signale Maxime Ross.

Sematos met à la disposition de ses professionnels des outils technologiques de collaboration — comme Microsoft Teams — qui leur permet d’échanger instantanément de l’information et partager des connaissances. Ils ont aussi accès à des bases de données terminologiques impressionnantes.

Manuel Fresnais fait le pari qu’en fournissant des outils de travail adaptés aux besoins des traducteurs et des réviseurs, ces derniers amélioreront leur performance et accroîtront leur productivité.

L’entreprise accompagne également ses ouailles dans leurs démarches menant à l’obtention de leur agrément de l’Ordre des traducteurs, des terminologues et des interprètes du Québec.

Pour ses clients qui sont des PME, des multinationales et des organismes gouvernementaux, Sematos a traduit pas moins de 6,5 millions de mots en 2016.

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NE PAS PERDRE SON ÂME

En deux ans, Sematos a doublé son nombre d’employés.

Depuis sa fondation, en 2011, le cabinet a affiché une croissance annuelle de ses revenus de 55 %.

En 2016, la poussée n’a été «seulement» que de 35 %. L’entreprise n’ambitionnait pourtant qu’une simple stabilisation de ses affaires.

La crainte de «grossir trop vite» préoccupe Manuel Fresnais, qui tient à préserver l’ambiance familiale qui anime actuellement Sematos.

«Ça va être un grand défi de maintenir le cap si, un jour, nous nous retrouvons avec 50, 60 ou 70 employés», affirme-t-il.

Une autre «menace» guette le cabinet spécialisé dans les services de traduction et de revision au cours des prochaines années.

Le passage de la cigogne! 

Les jeunes femmes sont omniprésentes dans l’entreprise. Elles ont en moyenne 23 ans. Parmi elles, pas une seule maman.

«Évidemment, nous nous attendons, un jour, à les voir partir pour la maternité. Elles pourraient même être plusieurs à partir au même moment. Nous avons élaboré une stratégie pour répondre à cette éventualité», signale la chargée de projets Anne-Julie Harvey.