La Gaspésie constitue un lieu d’évasion par excellence.
La Gaspésie constitue un lieu d’évasion par excellence.

Tourisme: presque complet en Gaspésie

CARLETON — Il y a deux mois, juste avant le décloisonnement des régions, les Gaspésiens se demandaient s’il y aurait une saison touristique. Il y a un mois, il était évident qu’elle était démarrée et depuis le début de juillet, certains hôteliers affichent des hausses de revenus comparativement à l’exceptionnelle année 2019, avant même le début des vacances de la construction.

En fait, sur la rue et dans les supermarchés, les gens se demandent où iront les travailleurs de la construction, leurs familles et les gens qui choisissent la même période pour prendre leurs vacances.

C’est notamment le cas de Stéphane Boudreau, copropriétaire de l’Hostellerie Baie bleue, de Carleton, qui observe «une hausse de 15 % des revenus d’hébergement pour la première moitié de juillet comparativement à 2019, qui avait été une excellente année», dit-il avec soulagement.

À la mi-juin, il voyait les réservations entrer pour juillet, mais à un rythme modéré. Il constatait surtout une baisse de revenus d’hébergement de 60 % pour juin en raison de l’absence de tourisme d’affaires pour le centre de congrès juxtaposé à son hôtel de 109 chambres, auquel il faut ajouter sept chalets et un camping pour gens autonomes.

«On est pratiquement plein jusqu’au 20 août. Il nous reste un mois pour remplir août. Le déblocage est venu dans le temps de la Saint-Jean-Baptiste.

«On a vendu pour presque le reste de l’été. Les séjours sont vraiment plus longs. Les gens réservent pour trois, cinq, sept jours. On ne voyait pas ça avant. C’est presque la norme cette année. C’est beaucoup plus simple pour la logistique», ajoute M. Boudreau.

Cette logistique, c’est le personnel requis pour nettoyer les chambres, un obstacle quand les clients changent chaque jour. «La PCU et la PCUE [prestation canadienne d’urgence et son équivalent étudiant] font vraiment mal parce qu’il n’y a pas d’incitatif pour retourner au travail», dit-il.

Les vacances de la construction n’auront donc aucun effet sur ses revenus d’hébergement, mais ils pourraient améliorer ceux de la salle à manger.

«En Gaspésie, on est pas mal les seuls au Québec à connaître ce genre de saison. On est les grands gagnants de la saison touristique. Les gens ont vraiment opté pour la Gaspésie. Je vois beaucoup de positif. Des gens qui n’étaient pas venus depuis 30 ans arrivent, et ils sont surpris. Ça s’est transformé, avec les restaurants, les micro-brasseries et les attraits», ajoute l’hôtelier.

Le prochain projet de Stéphane Boudreau et de collègues, c’est de tirer profit de l’automne, puisque la clientèle européenne et américaine n’y sera pas. «Je prépare une offensive pour septembre-octobre, avec des bons prix», dit-il.

Cette affluence a toutefois un effet controversé, la somme saisissante de gens qui optent pour le camping sauvage, notamment sur les plages. Plusieurs toilettes publiques étant fermées à cause de la pandémie et le fardeau que représente leur nettoyage systématique, les déjections humaines et l’accumulation de déchets le long de certaines des plus belles plages posent problème.

À Douglastown, un arrondissement de Gaspé, une résidente, Chelsea Flowers, a stoppé ses visites à la plage avec son jeune fils. «Il a failli se couper avec du verre brisé et on a vu des déjections humaines avec du papier de toilette. Nous ne sommes pas retournés.»

La Ville de Gaspé a pris certaines mesures mercredi avec la Sûreté du Québec et certains ministères québécois, l’une étant l’interdiction de stationner à proximité de la plage de Douglastown. Le maire Daniel Côté croit toutefois que la solution passe par «l’uniformité des règlements d’une municipalité à l’autre, pour toute la Gaspésie. Si la réglementation change quand on passe d’une municipalité à la municipalité voisine, ce sera ingérable».

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