Rasoirs, crèmes pour le visage et déodorants plus chers pour les femmes que pour les hommes : une demande d'autorisation pour exercer une action collective vient d'être déposée à Montréal contre cette fameuse « taxe rose ».

Taxe Rose: «une atteinte à l'égalité»

MONTRÉAL - Rasoirs, crèmes pour le visage et déodorants plus chers pour les femmes que pour les hommes : une demande d'autorisation pour exercer une action collective vient d'être déposée à Montréal contre cette fameuse « taxe rose ».
La demande a été déposée mardi devant la Cour supérieure de Montréal par le cabinet Légal Logik.
L'avocat qui pilote le dossier, Michael Simkin, estime que cette différence de prix désavantageuse pour les femmes est « une atteinte à l'égalité ».
« Payer plus cher que les hommes, c'est vraiment une injustice inacceptable en 2017 », affirme-t-il.
L'action, si elle est autorisée, visera plusieurs entreprises comme des pharmacies et des grandes chaînes qui fabriquent ou vendent des produits de soins corporels au Québec : Unilever, Shoppers Drug Mart (Pharmaprix), Jean Coutu, Uniprix, Loblaws, Wal-Mart et Familiprix.
La représentante du groupe est Aviva Maxwell, une Montréalaise qui est entrepreneure et mère de trois enfants.
Mme Maxwell dit avoir acheté dans un Pharmaprix un déodorant de 48 grammes de marque Degree pour 3,44 $, et avoir ensuite remarqué que celui pour homme de la même marque, bien qu'il se détaillait aussi 3,44 $, comptait 76 grammes, soit près du double.
La liste des ingrédients est identique, est-il indiqué dans la procédure judiciaire.
Il s'agit de discrimination basée sur le sexe, soutient Mme Maxwell. Et cette discrimination est une faute qui engendre la responsabilité des fabricants et des vendeurs desdits produits.
« Cette pratique de différenciation selon le sexe du consommateur, communément nommée la 'taxe rose', est une pratique commerciale répandue constatée auprès des défenderesses (les entreprises) », est-il écrit dans la procédure.
Mais ne revient-il pas aux femmes de ne pas tomber dans le panneau des produits roses et de les comparer avec ceux vendus aux hommes ? Non, rétorque Me Simkin.
Il s'agirait d'un fardeau trop lourd pour elles, alors qu'elles sont la cible répétée de publicités et que les produits sont même vendus dans différentes allées des magasins.
Comme dommages, Mme Maxwell réclame la différence de coût entre les deux produits à quantité égale - soit 1,27 $, en plus de 50 $ pour des dommages moraux et 50 $ pour des dommages punitifs - pour un total de 101, 27 $.
Un calcul similaire s'appliquera aux membres du groupe, qui sont estimés à des millions de personnes, selon l'avocat de Légal Logik qui pilote le dossier. 
Les produits visés sont tous ceux qui comportent une différence de prix, achetés depuis le 1er mars 2014.