Les Travailleurs unis de l’alimentation et du commerce ont recommandé à leurs membres dans les trois succursales qu’ils représentent déjà de se joindre au Syndicat canadien de la fonction publique (SCFP).

Syndicalisation à la SQDC: d'une lutte à trois à une lutte à deux

MONTRÉAL — Autre revirement dans la saga de la syndicalisation à la Société québécoise du cannabis: elles étaient trois à se battre, elles ne seront vraisemblablement plus que deux organisations syndicales.

Les Travailleurs unis de l’alimentation et du commerce (TUAC) ont en effet recommandé à leurs membres dans les trois succursales qu’ils représentaient déjà de se joindre plutôt au Syndicat canadien de la fonction publique (SCFP). Les TUAC et le SCFP sont tous deux affiliés à la centrale FTQ.

Les travailleurs de deux des trois succursales syndiqués aux TUAC, à Mirabel et Rosemont-La-Petite-Patrie, à Montréal, ont déjà accepté de se joindre au SCFP, a expliqué le président des TUAC-Québec, Antonio Filato, en entrevue jeudi. Ceux de Rimouski doivent tenir leur assemblée la semaine prochaine.

Pourtant, les TUAC avaient déjà entrepris les négociations avec l’employeur en vue de conclure une première convention collective.

M. Filato assure avoir pris cette décision dans l’intérêt de ses membres. Il explique que comme le SCFP a déposé des requêtes en accréditation syndicale sur une base régionale, plutôt que par succursale, cela accroîtrait la force du syndicat. Le Tribunal administratif du travail a entendu la cause jusqu’en juillet, mais il n’a pas encore rendu sa décision à ce sujet.

Un habitué des négociations

M. Filato fait aussi valoir que le SCFP est déjà un habitué des négociations avec le Conseil du trésor et les sociétés d’État. Il représente effectivement des syndiqués du secteur public, des entrepôts de la Société des alcools et des milliers de syndiqués chez Hydro-Québec. Les TUAC sont plutôt dans le privé, dans le commerce de détail.

«On en est venu à la conclusion que ceux qui sont les mieux placés pour négocier des bonnes conditions à la SQDC, actuellement, dans le contexte gouvernemental avec le Conseil du trésor, et ceux qui avaient le plus de succursales... La meilleure chose qui pouvait arriver à notre monde, c’est qu’ils se joignent au SCFP qui eux ont aussi la force et les moyens de pression pour faire bouger le Conseil du trésor», a résumé M. Filato.

Le SCFP a déjà déposé des requêtes touchant 10 succursales de la Société québécoise du cannabis. Mais il a surtout déposé des requêtes fondées sur une base régionale, qui embrasseraient plus d’une succursale. Les TUAC en ont trois, toutes déjà accréditées par le Tribunal.

Le rival restera le Syndicat des employés de magasins et de bureaux de la Société des alcools, rattaché à la CSN, qui représente les travailleurs de quatre succursales, soit celles de Mascouche, Trois-Rivières, Acadie et Sainte-Catherine Ouest à Montréal.

Les travailleurs de la SQDC touchent 14 $ l’heure à l’embauche.