Le dossier de la syndicalisation à la Société québécoise du cannabis vient encore de se compliquer.

Syndicalisation à la SQDC: après les requêtes par succursale, les régionales

MONTRÉAL — Le dossier de la syndicalisation à la Société québécoise du cannabis vient encore de se compliquer, avec le dépôt de requêtes en accréditation non plus seulement par succursale et pour l’ensemble du Québec, mais maintenant sur une base régionale.

Ce sont toujours les trois mêmes organisations syndicales qui se font la lutte pour représenter ces travailleurs, soit les Travailleurs unis de l’alimentation et du commerce (TUAC) et le Syndicat canadien de la fonction publique (SCFP), tous deux affiliés à la FTQ, de même que le Syndicat des employés de magasins et de bureaux de la Société des alcools (SEMB-SAQ), rattaché à la CSN.

Cette fois, c’est le SCFP qui a révisé sa stratégie. Il avait déposé une requête pour les succursales de l’ensemble du Québec, après qu’une semblable requête de la CSN eut été rejetée à la fin du mois de janvier.

Mais, à la mi-février, le SCFP a finalement changé de cap devant l’opposition à sa requête provinciale, provenant notamment de l’employeur. «On a revu notre stratégie et on a essayé de repenser en dehors de la boîte», a expliqué en entrevue Mathieu Dumont, coordonnateur du service de syndicalisation au SCFP.

Trois requêtes en accréditation syndicale ont donc été déposées sur une base régionale, cette fois: l’une pour Québec-Chaudière-Appalaches, une autre pour le Centre-du-Québec et l’autre pour la Montérégie.

Pour le moment, l’unité d’accréditation de Québec-Chaudière-Appalaches regrouperait les travailleurs de trois succursales, celle de la Montérégie de deux succursales et celle du Centre-du-Québec d’une succursale.

Mais si le SCFP est effectivement accrédité pour les représenter, lorsque d’autres succursales ouvriront, les travailleurs de ces futures succursales se trouveront à être intégrés dans l’unité d’accréditation régionale. «À partir du moment où on fait un dépôt et qu’on est accrédité pour une région, les nouvelles succursales à ouvrir dans cette région-là vont être couvertes par le certificat d’accréditation», a expliqué M. Dumont.

«Dans ces régions-là, il n’y a aucune accréditation qui a été donnée par succursale, donc ça va être beaucoup plus difficile pour l’employeur de s’opposer», a fait valoir M. Dumont.

Les audiences à ce sujet auront lieu en avril.

Et les autres

Pour le moment, les travailleurs de quatre succursales sont officiellement syndiqués: deux avec les TUAC, soit Rimouski et Rosemont-Petite Patrie à Montréal, et deux avec le SEMB-SAQ, soit Trois-Rivières et Mascouche.

Le syndicat des TUAC attendait aussi le résultat du vote pour vérifier la volonté des travailleurs de la succursale de Mirabel. Ceux-ci se sont finalement désistés de leur requête auprès de la section locale 501 des TUAC... pour déposer une nouvelle requête avec la section locale 500 des TUAC.

La section locale 501 est davantage concentrée dans les centres de distribution, les usines de transformation alimentaire et l’hôtellerie, et la 500 dans le commerce de détail comme les épiceries et les quincailleries. «Ils ont signé avec le TUAC 500, qui est un cousin», a illustré Jean-Marc Caron, coordonnateur au recrutement à la section locale 501 des TUAC.