Ils étaient nombreux, jeudi, à procéder à la première pelletée de terre de la nouvelle serre.

Une nouvelle serre pour Hydropothicaire

La société Hydropothicaire, seule entreprise québécoise détentrice d’un permis de production et distribution de cannabis à des fins médicales octroyé par Santé Canada, a lancé jeudi les travaux qui permettront la construction d’ici l’été prochain d’une nouvelle serre de 250 000 pieds carrés au sein de ses installations à Masson-Angers.

En compagnie de nombreux dignitaires et élus de la région de l’Outaouais, les hauts dirigeants de l’entreprise ont procédé à la première pelletée de terre du chantier d’expansion, hier matin. 

Le projet de construction, évalué à 25 millions de dollars, fera passer la capacité de production de cannabis séché d’Hydropothicaire à 25 000 kilogrammes par an. Le nombre d’employés de la société devrait quant à lui doubler au terme des travaux, pour atteindre 200. 

Hydropothicaire opère actuellement 50 000 pieds carrés de serre, ce qui représente environ 20 millions de dollars en vente annuelle de marijuana médicale. Les nouvelles installations attendues ces prochains mois représentent en termes de dimension l’équivalent d’environ cinq terrains de football.

« Ce projet va nous permettre de nous rendre à un flux de revenus de 180 millions de dollars, ce qui va cimenter notre leadership, non seulement au Québec, mais dans le monde, en fait de marijuana », a déclaré Sébastien St-Louis, président et directeur général d’Hydropothicaire.

Le maire sortant de Gatineau, Maxime Pedneaud-Jobin, a parlé de l’expansion d’Hydropothicaire comme d’une « grande nouvelle » pour l’est de la Ville en raison de la création prochaine d’une centaine de nouveaux emplois.

Le député fédéral de Gatineau, Steven MacKinnon, abonde dans le même sens. 

« L’Outaouais est aux premières loges du développement de cette industrie. Ils [Hydropothicaire] ont de grandes ambitions et je pense qu’on va voir ici un générateur d’emplois et d’activité économique très important, non seulement à court terme, mais aussi à très long terme. C’est un marché en plein développement », a-t-il lancé lors de la conférence de presse.

Inquiétudes

Le producteur prévoit que la nouvelle usine sera fonctionnelle à temps pour le 1er juillet 2018, date prévue pour l’entrée en vigueur de la légalisation de la marijuana au Canada.

M. St-Louis a indiqué hier que son entreprise était au fait des inquiétudes de la population face à la légalisation à venir du cannabis. Hydropothicaire compte d’ailleurs se doter d’un programme de responsabilité sociale afin de se préparer à la vente de la substance à des fins récréatives. 

L’ancien ministre de la Santé de la Colombie-Britannique, Terry Lake, qui s’est récemment joint à l’équipe de l’entreprise, a été mandaté par la direction pour faire un circuit d’écoute active au Québec.

« La marijuana, c’est un produit qui aide les gens, mais qui doit être fait de façon responsable. C’est un produit qui porte certains risques, spécialement chez les jeunes. [...] On veut aller voir ce qu’en pense les communautés, voir ce sont quoi les craintes et les questions. On va écouter et on va bâtir notre programme de responsabilité sociale à partir de ces discussions », a mentionné M. St-Louis.

Pour les autorités, on dit être prêts à faire face à la situation. M. MacKinnon est confiant que les provinces auront mis en place à temps leur propre système de gestion du cannabis.

« Au Canada, nous sommes le deuxième pays en importance en termes de consommation et par le fait même en termes de consommation illicite de cette substance. Ce que le gouvernement entend faire, c’est de décourager son usage, le régir, l’encadrer chez les jeunes. Évidemment [on veut] prôner un usage responsable chez les adultes avec un système légal très étoffé », a-t-il dit.

Les défis seront nombreux, estime pour sa part Maxime Pedneaud-Jobin. À Gatineau, un comité de travail regroupant l’ensemble des services municipaux de même que le corps policier de la Ville est déjà en place afin de préparer la gestion de la nouvelle loi. 

« Le travail est assez avancé chez nous. Nous sommes en lien avec l’UMQ parce que dans l’ensemble des grandes villes, nous avons des préoccupations par rapport à la police, par rapport à l’application de la loi, où va être la production, où va être la distribution ? Ce n’est pas simple. On s’en va vers ça donc au lieu de lutter contre, je pense qu’il faut s’assurer que ça se passe bien », a affirmé le maire sortant.