Économie

Salaire minimum en Outaouais: pas de départs de travailleurs

Même si le salaire minimum est maintenant de 14 $ l’heure du côté ontarien, il ne faut pas en conclure automatiquement que les entreprises du côté québécois de l’Outaouais, où le salaire minimum est de 11,25 $ l’heure, éprouveront des difficultés à retenir leurs employés.

Au cours d’une entrevue avec La Presse canadienne, lundi, Simon Gaudreault, directeur des affaires économiques à la Fédération canadienne de l’entreprise indépendante (FCEI), a expliqué que la situation est plus complexe qu’il n’y paraît de prime abord.

À la mi-décembre, la FCEI a commencé à mener un sondage auprès de ses membres, en Ontario, pour savoir comment ces petites et moyennes entreprises s’adapteraient à la hausse du salaire minimum le 1er janvier. Or, environ une sur deux a affirmé qu’elle reporterait ses projets d’embauche d’étudiants, par exemple.

Ces PME ontariennes envisagent donc de réduire globalement le nombre d’heures de travail pour compenser la hausse de leurs coûts de main-d’œuvre, a rapporté M. Gaudreault.

« Les entreprises s’ajustent. Elles s’ajustent de différentes façons : elles peuvent couper certains avantages (des employés). On l’a vu avec le Tim Horton en Ontario. Mais elles peuvent aussi couper les heures », a résumé M. Gaudreault.

« Souvent, elles vont aller couper les heures de certains employés en particulier : les moins expérimentés, les étudiants. Donc, ce qui risque d’arriver, c’est que oui, si on arrête l’analyse juste au salaire minimum à 15 $, on peut être porté à penser que les PME d’Ottawa vont voler des employés à Gatineau. Mais il faut qu’elles aient des heures à offrir. Et parce qu’on a augmenté de 30 % leurs coûts de main-d’œuvre, elles vont peut-être être tentées de réduire les heures et de garder les employés qu’elles ont déjà », a estimé M. Gaudreault.

Il ajoute qu’il faudra attendre un peu avant de voir les effets réels de cette disparité du salaire minimum entre le Québec et l’Ontario dans la région de l’Outaouais.

Le gouvernement de Kathleen Wynne a porté le salaire minimum de 11,60 $ à 14 $ le 1er janvier dernier et il doit le porter à 15 $ le 1er janvier 2019.

Au Québec, le gouvernement Couillard l’a porté de 10,75 $ à 11,25 $ le 1er mai dernier.

Selon un rapport publié sur le site web du ministère du Travail, 216 100 travailleurs au Québec sont rémunérés au salaire minimum, soit 6,1 % des salariés. Contrairement à ce que plusieurs pensent, 61 % d’entre eux ne sont pas des étudiants. De même, 56 % sont des femmes et 62 % des jeunes de 15 à 24 ans.

La FTQ ne lâchera pas

Lors de sa conférence annuelle pour exposer ses plans pour l’année 2018, le 3 janvier dernier, la FTQ a fait savoir qu’elle se battrait sans relâche pour cette cause du salaire minimum à 15 $.

C’est la FTQ qui avait lancé le bal le 1er mai 2016, puis une coalition et tout un mouvement ont emboîté le pas, appuyés même par des gens d’affaires comme Alexandre Taillefer.

Et le président de la FTQ, Daniel Boyer, compte profiter de la campagne électorale au Québec en 2018 pour talonner le gouvernement Couillard à ce sujet, d’autant plus qu’il y a embellie économique et un très bas taux de chômage.

La FTQ compte plus de 600 000 membres. Plusieurs de ses syndicats ont depuis réussi à obtenir le fameux salaire minimum à 15 $, notamment des préposés aux bénéficiaires dans les résidences privées pour personnes âgées, membres de la section locale 298 du Syndicat québécois des employés de service, et 4000 étudiants de l’Université de Montréal qui travaillent à l’admission ou lors des journées « portes ouvertes ».

Affaires

Péréquation: le Québec ne peut que réduire sa dépendance, selon Couillard

QUÉBEC — Le Québec doit se contenter de faire des gains à court et moyen terme pour diminuer sa dépendance envers la péréquation fédérale, parce qu’on ne peut prévoir le jour où il sera moins pauvre que ses voisins, a laissé entendre le premier ministre Philippe Couillard mercredi.

Il commentait les données les plus récentes selon lesquelles son gouvernement touchera pas moins de 11,7 milliards $ d’Ottawa en péréquation en 2018-2019, en plus d’écorcher au passage son adversaire caquiste François Legault.

En début de semaine, au terme d’une rencontre avec ses homologues provinciaux, le ministre fédéral des Finances, Bill Morneau, a annoncé le versement de cette enveloppe, supérieure de 700 millions $ à ce que le Québec avait estimé.

« Dans un monde idéal, le Québec n’aurait pas besoin de péréquation », a déclaré d’entrée de jeu le premier ministre au cours d’une conférence de presse dans un musée de Québec.

L’écart de richesse qui sépare le Québec des provinces riches est encore trop grand, toutefois, pour espérer le combler, a-t-il évoqué.

« Contentons-nous de fixer l’objectif à court terme et moyen terme, sur des gains, où cet écart se diminue, a-t-il poursuivi. (...) Il faut juste qu’on continue à rogner sur la différence, mais cela ne se fera pas du jour au lendemain. »

Il a soutenu que « personne n’est capable de donner d’échéancier » visant à mettre fin à la dépendance du Québec, contrairement à ce qu’affirme son adversaire François Legault, qui veut arriver à la « péréquation zéro » en un mandat d’un éventuel gouvernement caquiste.

C’est un « engagement un peu rapide », a ironisé M. Couillard. Le Québec devrait, pour y arriver, augmenter son PIB de 60 à 80 milliards $ supplémentaires, pendant que les autres provinces n’enregistreraient aucune croissance, a avancé le premier ministre.

La péréquation est ce mécanisme fédéral par lequel les provinces les plus pauvres reçoivent du financement pour offrir à leurs citoyens des services équivalents à ceux des provinces plus riches. Il est calculé en fonction du nombre d’habitants. Le programme est révisé tous les cinq ans et il doit l’être avant la fin de l’exercice financier 2019-2020, le 31 mars 2020. Comme il s’agit d’un programme fédéral, Ottawa peut le réviser unilatéralement.

Selon la formule actuelle, Ottawa a reversé cette année 18 milliards $ au Québec, au Manitoba, à la Nouvelle-Écosse, au Nouveau-Brunswick, à l’Île-du-Prince-Édouard et à l’Ontario. Les quatre autres provinces n’ont rien reçu, notamment en raison de leurs revenus élevés tirés des hydrocarbures.

Compte tenu de sa population plus importante, c’est le Québec qui s’est taillé la part du lion en 2017-2018, avec 11 milliards $  en péréquation. Cependant, il est cinquième sur six provinces une fois l’enveloppe de péréquation divisée par habitant.

Affaires

La Laiterie de l’Outaouais propriétaire de ses locaux

Après avoir dévoilé sa nouvelle image et un investissement de 700 000 $ pour offrir des contenants de lait en carton la semaine dernière, la Laiterie de l’Outaouais a annoncé, lundi, l’acquisition des locaux et des améliorations locatives à l’usine située sur le boulevard Industriel à Gatineau, un projet évalué à plus de 4,2 millions $.

Stéphanie Vallée, ministre de la Justice et responsable de la région de l’Outaouais, a confirmé une aide financière totalisant 1,68 million $ pour ce projet, comprenant un prêt remboursable sans intérêt de 840 000 $ par le biais du programme ESSOR du ministère de l’Économie, de la Science et de l’Innovation, ainsi que d’un prêt remboursable avec intérêt de 840 000 $ d’Investissement Québec. En plus de cet appui financier, Québec avait aussi offert 280 000 $ pour aider à l’achat de l’équipement spécialisé pour encartonner le lait annoncé la semaine dernière, autre projet qui a aussi l’aide fédérale, devant permettre à la laiterie de développer le marché ontarien.

« En aidant la Laiterie de l’Outaouais à acquérir de nouveaux équipements et à adapter ses installations, nous permettons à une entreprise de notre région d’améliorer sa productivité et de demeurer ainsi compétitive sur le marché de l’alimentation. Des projets comme celui-ci sont importants pour notre économie et pour assurer le rayonnement de l’industrie agroalimentaire de l’Outaouais et du Québec » a déclaré la ministre Vallée lors d’une conférence de presse tenue à l’usine en présence d’employés et de nombreux dignitaires.

Sentiment d’appartenance

« C’était une option qui était dans nos plans après sept ans. L’achat des locaux va nous permettre d’avoir un plus grand sentiment d’appartenance et c’est un signe que nous sommes sur la bonne voie. C’est la firme Multivesco qui avait pris le risque en construisant l’usine au départ. Ils ont cru en nous. Et aujourd’hui, nous les remercions sincèrement, car sans eux, tout cela n’aurait pas été possible. Ici, nous avons la microlaiterie la plus moderne au Québec et c’est ce qui nous permet d’offrir des produits de qualité avec la plus grande fraîcheur », a expliqué Georges Émond, président-directeur général de la Laiterie de l’Outaouais.

Patrick Duguay, directeur général de la Coopérative de développement régional Outaouais-Laurentides, un des pionniers de cette aventure, voit dans l’acquisition des locaux un autre jalon important pour la laiterie devenue un fleuron québécois, avec ses 28 employés et ses 700 consommateurs membres actionnaires de la coopérative.

« Après la fermeture de la Laiterie Château, des employés parlaient de relancer la laiterie pour retravailler. Nous avions parlé de relance avec mon ami Maxime Pedneaud-Jobin, et Antoine Normand avait eu l’idée de lancer une coop. Georges Émond, qui venait de Maniwaki, parlait du lait comme de l’or blanc et ne comprenait pas qu’il n’y avait plus de laiterie ici. La question environnementale a rallié beaucoup de gens, puisque le lait d’ici devait aller jusqu’à Montréal, puis revenir, ce qui représentait une distance de 70 000 kilomètres par an, un impact important sur les gaz à effet de serre », a raconté
M. Duguay.

Sur la rive québécoise

Québec: la croissance économique s’essoufflera, selon le Conference Board

MONTRÉAL — Bien que les indicateurs économiques du Québec soient au vert, il est peu probable que le rythme de croissance puisse se maintenir l’an prochain, estime le Conference Board du Canada.

Dans son portrait automnal publié mercredi, le groupe de recherche ajoute que l’issue de la renégociation de l’Accord de libre-échange nord-américain (ALÉNA), advenant qu’elle soit négative, pourrait assombrir considérablement les perspectives économiques.

Mais d’ici là, la croissance du produit intérieur brut (PIB) québécois, stimulée par la consommation des ménages, devrait être de 3,2 pour cent en 2017, d’après les prévisions du Conference Board.

« Au Québec, le départ a été un peu plus lent, mais la vigueur du marché du travail a donné un élan à l’économie », a expliqué en entrevue téléphonique la directrice des prévisions provinciales de l’organisme, Marie-Christine Bernard.

Si elle s’avère exacte, cette prévision dépasserait de 1,5 point de pourcentage celle qui figure dans le dernier budget du ministre québécois des Finances, Carlos Leitao. Celui-ci tablait sur une progression de 1,7 pour cent.

À l’échelle nationale, une telle performance placerait le Québec dans le haut du peloton, derrière l’Alberta, où le PIB devrait bondir de 6,7 pour cent, principalement en raison de la reprise dans le secteur pétrolier et gazier.

Toutefois, le Conference Board s’attend à ce que la croissance économique du Québec montre des signes d’essoufflement en 2018 pour s’établir à deux pour cent. Le groupe de recherche doute que les dépenses des ménages puissent continuer à croître de trois pour cent.

« Nous nous attendons à ce que la Banque du Canada procède à trois autres augmentations de son taux directeur en 2018, a expliqué Mme Bernard. Compte tenu du niveau d’endettement des ménages, cela pourrait constituer un frein à la consommation. »

Elle a précisé que les prévisions du Conference Board ne tenaient pas compte de l’allégement fiscal d’environ 1 milliard $ pour les contribuables annoncé mardi par M. Leitao. À son avis, ces annonces pourraient prolonger pendant un certain temps le rythme actuel des dépenses des ménages.

Par ailleurs, puisqu’environ 70 pour cent des exportations québécoises se font à destination des États-Unis, le Conference Board rappelle qu’une détérioration de la relation commerciale canado-américaine pourrait avoir des conséquences négatives.

« Nous réalisons un sondage trimestriel auprès des dirigeants d’entreprises et ceux-ci nous indiquent que l’incertitude entourant l’ALÉNA affecte leurs décisions d’investissement pour des projets d’envergure », souligne Mme Bernard.

De plus, les secteurs de l’aéronautique et forestier, qui ont représenté près de 20 pour cent des exportations québécoises à destination des États-Unis en 2016, sont au cœur de disputes commerciales entre Ottawa et Washington.

Les exportations de bois d’œuvre sont actuellement frappées de mesures punitives d’environ 20 pour cent, alors que des tarifs frontaliers préliminaires d’environ 300 pour cent ont été décrétés sur les avions C Series de Bombardier (TSX : BBD.B) exportés au sud de la frontière.

Dans une analyse publiée la semaine dernière, l’économiste principal au Mouvement Desjardins Benoît Durocher rappelait que plusieurs options étaient possibles advenant un échec des pourparlers visant à moderniser l’ALÉNA.

« Il semblerait que l’accord bilatéral entre le Canada et les États-Unis ayant précédé l’ALÉNA n’ait jamais été annulé, rappelait-il. Les clauses de cet accord de libre-échange pourraient donc devenir actives de nouveau. Deuxièmement, les plus grandes récriminations des Américains étant dirigées vers le Mexique, il est possible que les États-Unis et le Canada puissent établir un nouvel accord (...) tout en excluant le Mexique. »

M. Durocher ajoute qu’une disparition du libre-échange ferait en sorte que les taux des tarifs douaniers seraient « assez limités » sur une majorité de biens exportés aux États-Unis.

Le portrait brossé par le Conference Board était dévoilé alors que l’Institut de la statistique du Québec (ISQ) soulignait que les exportations de la province avaient bondi de 7,7 pour cent en septembre, alors qu’un déclin de 2,5 pour cent avait été observé au Canada.

« L’économie américaine connaît une bonne période de croissance et le huard qui avoisine 80 cents US constitue un autre élément positif pour les exportations », a souligné l’économiste principale de Desjardins Hélène Bégin dans une note d’analyse.

Au total, 14 des 25 principales catégories de produits exportés par le Québec ont affiché des gains.

Après trois trimestres, les exportations québécoises ont progressé de trois pour cent par rapport à la même période l’an dernier. À l’échelle nationale, la progression s’est chiffrée à 2,1 pour cent.

Sur la rive québécoise

Gilles Lalonde à la présidence de l’aéroport de Gatineau

Un homme d’affaires dans la haute technologie ayant des liens d’affaires avec le géant de l’aéronautique Lockheed Martin ainsi que la NASA devient le nouveau président du conseil d’administration de l’aéroport de Gatineau.

Gilles Lalonde accède à la présidence de l’aéroport, en remplacement du conseiller Jean Lessard. Il siégeait déjà au conseil d’administration de l’aéroport. 

Bien connu dans le milieu de l’aviation, M. Lalonde a aussi siégé pendant neuf ans, dont trois comme président au conseil d’administration de l’Aéroport international d’Ottawa. 

Président et chef de la direction de Provance Technologies qui dessert Lockheed Martin, la NASA, Bell et les Caisses Desjardins, M. Lalonde a fait ses études en administration et en gestion à l’Université d’Ottawa et il détient un certificat en gouvernance corporative du Harvard Business School. 

Il est un pilote professionnel depuis 36 ans.

Affaires

Production du cannabis: l’UPA évalue les retombées à 700 M$

Une production québécoise du cannabis entraînerait des retombées économiques de l’ordre de 500 à 700 millions $, évalue l’Union des producteurs agricoles (UPA).

«Je l’ai dit à M. [le premier ministre Philippe] Couillard, il y a un potentiel économique pour nous. On sait maintenant qu’à partir du mois de juillet ce sera légal au Canada, donc ça prend un signal clair aux producteurs qui voudront investir dans ce domaine-là», a déclaré le président de l’UPA, Marcel Groleau, en marge du Sommet sur l’alimentation, vendredi.

«On ne veut pas que le train nous passe sous le nez», a-t-il ajouté.

L’UPA croit que le gouvernement doit se servir de ses surplus d’hydroélectricité pour offrir au secteur serricole des tarifs privilégiés.

Ainsi avantagé, le Québec a le potentiel de produire du cannabis pour exporter dans le reste du Canada et à l’international, selon M. Groleau.

«On sait que la tendance à la décriminalisation de la marijuana, c’est quelque chose qui va se poursuivre ailleurs également. Si on a une expertise, on a des coûts d’énergie abordables, on a un secteur performant, on fait de la recherche et du développement, on peut très bien occuper ce marché-là», a-t-il poursuivi.

L’Ontario compte 38 producteurs de cannabis, tandis que le Québec en a deux.

Le gouvernement Couillard a déposé, jeudi, son projet de loi pour encadrer la légalisation du cannabis. La drogue sera vendue par une nouvelle filiale spécialisée de la Société des alcools du Québec (SAQ), il sera interdit d’en faire pousser chez soi et ce sera tolérance zéro en matière de conduite automobile.

Mais rien, pour l’instant, sur la production en serre du cannabis. Il est même impossible de dire si la substance sera considérée comme une denrée agricole, a indiqué le ministre de l’Agriculture, Laurent Lessard, en entrevue vendredi.

«Pour l’instant, le statut juridique n’est pas clair. Il est produit actuellement sous une législation fédérale et actuellement on est en analyse pour éclaircir la juridiction de cette production-là», a-t-il dit, tout en précisant vouloir faire de la production locale.

Politique bioalimentaire

Le Québec se dotera d’ailleurs d’une politique bioalimentaire «ambitieuse» dans les prochains mois, a confirmé le premier ministre Couillard.

Le chef du gouvernement participait, vendredi, au Sommet sur l’alimentation, qui sert à convenir des fondements de cette politique.

Les participants étaient invités à réfléchir sur les façons de répondre aux attentes des consommateurs à l’égard de la santé et de l’environnement, d’accroître les activités des secteurs de production, de capture et de transformation alimentaire, et d’augmenter la présence du Québec sur les marchés du Canada et de l’étranger.

«Cette politique sera une pièce importante dans le plan économique du Québec, a déclaré M. Couillard. Il faut rappeler à la population du Québec que oui, on fait des avions chez nous, on exporte de l’aluminium, mais notre secteur bioagroalimentaire demeure un de nos secteurs économiques les plus importants et notamment, dans nos exportations.»

Le Québec doit innover et se tourner vers l’avenir en répondant notamment aux besoins des «milléniaux» (âgés entre 11 à 33 ans), qui composent le quart de sa population.

Selon M. Lessard, cette génération privilégie les mets «éthiques et ethniques». Ils recherchent de la transparence et veulent acheter des produits d’entreprises engagées socialement.

Somme toute, les Québécois préfèrent la viande blanche et les légumes frais au profit du bœuf, du porc et des légumes en conserve, le vin à la bière. Lorsqu’ils en boivent, les Québécois se tournent vers la bière artisanale, a relaté M. Lessard. Ils cherchent essentiellement à consommer moins de gras et de sucres.

Sur la rive québécoise

Québec annoncera une baisse d’impôts

QUÉBEC — Les contribuables québécois profiteront à court terme de baisses d’impôts, dont l’importance sera connue lors de la présentation de la prochaine mise à jour économique du gouvernement Couillard.

Le ministre des Finances, Carlos Leitao, a confirmé mercredi qu’il présentera sa traditionnelle mise à jour budgétaire mardi prochain, le 21 novembre.

Ce sera l’occasion d’alléger le fardeau fiscal des Québécois, a convenu le ministre Leitao, lors d’une mêlée de presse. Les réductions d’impôts des particuliers annoncées alors pourraient même être substantielles, mais le ministre a refusé de fournir des chiffres.

«Les Québécois vont avoir un allégement de leur fardeau fiscal. Pour les détails de cet important allégement fiscal, il faudra attendre le 21 novembre», a-t-il commenté.

Plus tôt, le premier ministre Philippe Couillard en avait fait l’annonce mercredi sur sa page Facebook, promettant de «très bonnes nouvelles» pour les contribuables.

La situation économique est bonne et le Québec enregistre désormais des surplus, ce qui lui confère une nouvelle marge de manœuvre, après quelques années d’importantes compressions budgétaires.

Affaires

Uber décide de rester

Alors que la multinationale de transport de personnes Uber a décidé de demeurer au Québec même si elle avait annoncé son départ pour samedi, les chauffeurs de taxi de la région de Québec demandent au gouvernement d’alléger les règles qui les régissent.

 «Avec la récente nomination du ministre André Fortin au ministère des Transports, nous reconnaissons qu’il y a une opportunité d’établir un dialogue constructif afin de trouver une solution à long terme pour les utilisateurs et les partenaires-chauffeurs d’Uber au Québec», a déclaré le directeur général d’Uber Québec, Jean-Nicolas Guillemette.

M. Guillemette a affirmé avoir reçu la confirmation que les nouvelles exigences de formation qui empêchaient l’entreprise d’opérer n’auraient pas à être mises en place avant quelques mois. «Entre temps, nous demeurons déterminés à collaborer avec le gouvernement. Pendant cette période, nous continuerons à desservir les Québécois», ajoute-t-il.

Les nouvelles obligations imposées à Uber, notamment les 35 heures de formation obligatoire et une vérification des antécédents judiciaires par un corps policier, ne seront pas requises avant le 14 janvier pour les nouveaux chauffeurs. 

Nouvelles concessions

Ce virage ne surprend pas Abdallah Homsy du Regroupement des intermédiaires de taxi de Québec (RITQ), qui avait déjà dit qu’il ne croyait pas qu’Uber quitterait vraiment le Québec. 

Actualité économique

Une nouvelle serre pour Hydropothicaire

La société Hydropothicaire, seule entreprise québécoise détentrice d’un permis de production et distribution de cannabis à des fins médicales octroyé par Santé Canada, a lancé jeudi les travaux qui permettront la construction d’ici l’été prochain d’une nouvelle serre de 250 000 pieds carrés au sein de ses installations à Masson-Angers.

En compagnie de nombreux dignitaires et élus de la région de l’Outaouais, les hauts dirigeants de l’entreprise ont procédé à la première pelletée de terre du chantier d’expansion, hier matin. 

Le projet de construction, évalué à 25 millions de dollars, fera passer la capacité de production de cannabis séché d’Hydropothicaire à 25 000 kilogrammes par an. Le nombre d’employés de la société devrait quant à lui doubler au terme des travaux, pour atteindre 200. 

Hydropothicaire opère actuellement 50 000 pieds carrés de serre, ce qui représente environ 20 millions de dollars en vente annuelle de marijuana médicale. Les nouvelles installations attendues ces prochains mois représentent en termes de dimension l’équivalent d’environ cinq terrains de football.

« Ce projet va nous permettre de nous rendre à un flux de revenus de 180 millions de dollars, ce qui va cimenter notre leadership, non seulement au Québec, mais dans le monde, en fait de marijuana », a déclaré Sébastien St-Louis, président et directeur général d’Hydropothicaire.

Le maire sortant de Gatineau, Maxime Pedneaud-Jobin, a parlé de l’expansion d’Hydropothicaire comme d’une « grande nouvelle » pour l’est de la Ville en raison de la création prochaine d’une centaine de nouveaux emplois.

Le député fédéral de Gatineau, Steven MacKinnon, abonde dans le même sens. 

« L’Outaouais est aux premières loges du développement de cette industrie. Ils [Hydropothicaire] ont de grandes ambitions et je pense qu’on va voir ici un générateur d’emplois et d’activité économique très important, non seulement à court terme, mais aussi à très long terme. C’est un marché en plein développement », a-t-il lancé lors de la conférence de presse.

Inquiétudes

Le producteur prévoit que la nouvelle usine sera fonctionnelle à temps pour le 1er juillet 2018, date prévue pour l’entrée en vigueur de la légalisation de la marijuana au Canada.

M. St-Louis a indiqué hier que son entreprise était au fait des inquiétudes de la population face à la légalisation à venir du cannabis. Hydropothicaire compte d’ailleurs se doter d’un programme de responsabilité sociale afin de se préparer à la vente de la substance à des fins récréatives. 

L’ancien ministre de la Santé de la Colombie-Britannique, Terry Lake, qui s’est récemment joint à l’équipe de l’entreprise, a été mandaté par la direction pour faire un circuit d’écoute active au Québec.

« La marijuana, c’est un produit qui aide les gens, mais qui doit être fait de façon responsable. C’est un produit qui porte certains risques, spécialement chez les jeunes. [...] On veut aller voir ce qu’en pense les communautés, voir ce sont quoi les craintes et les questions. On va écouter et on va bâtir notre programme de responsabilité sociale à partir de ces discussions », a mentionné M. St-Louis.

Pour les autorités, on dit être prêts à faire face à la situation. M. MacKinnon est confiant que les provinces auront mis en place à temps leur propre système de gestion du cannabis.

« Au Canada, nous sommes le deuxième pays en importance en termes de consommation et par le fait même en termes de consommation illicite de cette substance. Ce que le gouvernement entend faire, c’est de décourager son usage, le régir, l’encadrer chez les jeunes. Évidemment [on veut] prôner un usage responsable chez les adultes avec un système légal très étoffé », a-t-il dit.

Les défis seront nombreux, estime pour sa part Maxime Pedneaud-Jobin. À Gatineau, un comité de travail regroupant l’ensemble des services municipaux de même que le corps policier de la Ville est déjà en place afin de préparer la gestion de la nouvelle loi. 

« Le travail est assez avancé chez nous. Nous sommes en lien avec l’UMQ parce que dans l’ensemble des grandes villes, nous avons des préoccupations par rapport à la police, par rapport à l’application de la loi, où va être la production, où va être la distribution ? Ce n’est pas simple. On s’en va vers ça donc au lieu de lutter contre, je pense qu’il faut s’assurer que ça se passe bien », a affirmé le maire sortant.

Actualité économique

Les propriétaires de l’Outaouais veulent un dépôt de garantie

Des propriétaires de logements locatifs de Gatineau veulent obtenir le droit d’exiger un dépôt de garantie à la signature d’un bail.

Une trentaine de propriétaires gatinois interpelle les élus de la région, dans l’espoir qu’un projet de loi soit adopté par Québec.

Demander un tel dépôt est illégal au Québec, mais permis en Ontario.

La Corporation des propriétaires immobiliers du Québec (CORPIQ) a réuni des membres gatinois, mardi, pour les laisser s’exprimer. 

Selon l’organisme, les propriétaires sont « exaspérés par l’inefficacité de la Régie du logement ».

Cette trentaine de propriétaires fournis des logements à 500 ménages.

Les propriétaires se disent trop souvent aux prises avec de mauvais payeurs ou des locataires qui quittent les lieux en les laissant dans un mauvais état.

« Parmi les propriétaires qui demandent un dépôt de garantie, indique le porte-parole de la CORPIQ, Hans Brouillette, 64 % constatent que les locataires laissent le logement en meilleur état. Pour les autres, le dépôt permet au moins de compenser une perte, en tout ou en partie. »

La CORPIQ est ses membres de l’Outaouais veulent rencontrer les députés provinciaux Stéphanie Vallée, Maryse Gaudreault, et André Fortin.

Selon la CORPIQ, des propriétaires gardent des logements vacants, considérant trop risqué de les louer à des candidats locataires de plus en plus nombreux à détenir un mauvais dossier de crédit, ayant fait faillite ou déclarant des revenus insuffisants ou insaisissables.