À la SQDC, les salariés touchent 14 $ l’heure à l’embauche et 14,25 $ l’heure maintenant.

SQDC: les syndicats de la FTQ et de la CSN font alliance

MONTRÉAL — Deux syndicats de la FTQ et de la CSN, qui se font la lutte depuis plus d’un an pour syndiquer les travailleurs de la Société québécoise du cannabis, font maintenant alliance pour régler au plus vite le sort de ces travailleurs, qui gagnent 14,25 $ l’heure.

«Il n’y a personne qui peut vivre à 14,25 $ de l’heure. Moi ça m’horripile de voir ça. Il faut absolument, à court terme, avoir un salaire décent pour ce monde-là», s’est exclamé Marc Ranger, directeur québécois du Syndicat canadien de la fonction publique (SCFP) affilié à la FTQ, en entrevue lundi.

Le SCFP et la Fédération des employés des services publics, affiliée à la CSN, dénoncent la nomination d’une médiatrice, vendredi dernier, par le ministre du Travail, Jean Boulet. Ils n’ont rien contre cette médiatrice, qu’ils trouvent fort compétente, mais ils croient que le ministre du Travail fait ainsi traîner inutilement les choses.

Tant le SCFP que la FESP avaient demandé au ministre du Travail de nommer plutôt un arbitre dans leurs dossiers respectifs. Un arbitre a en effet le pouvoir de déterminer le contenu d’une première convention collective, après avoir entendu les représentations des parties patronale et syndicale.

Mais le ministre a décidé de nommer plutôt une médiatrice pour tenter encore de rapprocher les parties. Or, le SCFP et la FESP font valoir qu’un fossé les sépare de la direction de la SQDC, une filiale de la Société des alcools du Québec.

À qui les comparer?

À la SQDC, les salariés touchent 14 $ l’heure à l’embauche et 14,25 $ l’heure maintenant.

À titre de comparaison, les caissiers-vendeurs de la SAQ touchent 20,46 $ l’heure à l’embauche et 26,46 $ au sixième et dernier échelon. Et les conseillers en vin gagnent davantage.

Mais dans le commerce de détail, les salaires vont de 12,50 $ à 16 $ l’heure en général.

Et, justement, le salaire est le principal point en litige. La direction de la SQDC fait valoir qu’elle doit donner des salaires comparables à son secteur, le commerce de détail, alors que les deux organisations syndicales font valoir que leurs membres ont une mission d’information à remplir, puisqu’ils ne vendent pas un produit comme un autre.

M. Ranger a donc parlé à un représentant de la FESP, Richard Fortin, pour que les deux organisations syndicales fassent alliance. «On a mis de côté nos divergences et on pousse dans le même sens» pour que les demandes d’arbitrage soient maintenues dans les succursales concernées et qu’elles suivent leur cours, malgré la nomination d’une médiatrice par le ministre.

M. Ranger croit possible de maintenir les deux en parallèle. «Je ne veux pas que l’arbitrage soit retardé. Je veux maintenir une pression maximale», a justifié M. Ranger.

À la FESP, M. Fortin confirme: «clairement, on ne parle pas le même langage; on n’est pas du tout sur les mêmes bases de discussion» que la SQDC en termes de salaire pour ces travailleurs.

M. Fortin se dit prêt à rencontrer la médiatrice nommée par le ministre, tout comme M. Ranger. «On verra les discussions qu’on a avec Mme (Lise) Lavallée. Les délais sont très courts. Mais il y a des gens qui quittent le navire parce que ce ne sont pas des revenus décents. C’est évident qu’il faut trouver un règlement rapide.»