Un peu plus de 13 millions de livres d’homard ont été capturés au large des Îles-de-la-Madeleine cette année, selon des données préliminaires, établissant un nouveau record.
Un peu plus de 13 millions de livres d’homard ont été capturés au large des Îles-de-la-Madeleine cette année, selon des données préliminaires, établissant un nouveau record.

Seconde saison record pour les pêcheurs de homard aux Îles-de-la-Madeleine

Les pêcheurs de homards des Îles-de-la-Madeleine ont établi un record de prise pour une deuxième année consécutive, au cours de la saison qui se terminait samedi. Ils ont capturé plus de 13 millions de livres de ce crustacé, soit 10 % de plus que l’an dernier. Les mesures pour préserver la ressource et la chaleur de l’eau pourraient être en cause.

En mer tous les jours depuis le 9 mai dernier, les 324 pêcheurs madelinots ont pu profiter d’une saison sans interruption, alors que la pêche n’a pas été suspendue ou retardée cette année.

Un peu plus de 13 millions de livres de homard ont été capturés au large des Îles cette année, selon des données préliminaires, établissant un nouveau record. Au cours de la saison 2019, les homardiers avaient sorti de l’eau un peu moins de 12 millions de livres de ce fruit de mer prisé, battant le record précédent.

Un prix à quai instable

Si le nombre de prises était particulièrement élevé cette année, il n’en est pas de même pour les prix à quai. En moyenne, le homard s’est vendu 5,10 $ la livre au courant de la saison, comparativement à 6,74 $ la livre la saison dernière. Le prix a aussi beaucoup augmenté dans les derniers mois. Lors des premières semaines, les pêcheurs vendaient leurs prises à 3,90 $ la livre, avant de voir le prix grimper au-dessus de la barre du 6 $ vers la fin de la saison. «II y a eu une grande différence entre les prix», explique le président de l’Association des pêcheurs propriétaire des Îles-de-la-Madeleine, Mario Déraspe.

Plusieurs pêcheurs étaient aussi inquiets de ne pas pouvoir écouler les homards ramenés à quai, notamment en raison de la pandémie qui a mené à la fermeture des frontières partout dans le monde. Cependant, cette crainte a vite été oubliée lorsque les exportations vers les États-Unis ont commencé à s’opérer, comme dans les années passées. En 2019, 65 % de la récolte de homards des Îles ont été exportés au sud de la frontière.

Garder le homard aux Îles pour longtemps

M. Déraspe est satisfait de la saison qui vient de se terminer, surtout avec l’incertitude qui planait avec la COVID-19 lors de l’ouverture de la pêche. Alors qu’ils commencent normalement plus tôt que les Madelinots, les homardiers gaspésiens avaient dû retarder leur mise à l’eau de 15 jours comme il restait de nombreuses questions en lien avec le coronavirus. «On s’attendait vraiment au pire. On ne savait même pas si on allait pouvoir pêcher, et finalement on a eu une très bonne saison», se réjouit-il.

Selon lui, si les récoltes de homards sont particulièrement fructueuses aux Îles depuis quelques années, c’est que les mesures de conservation de la ressource mises en place il y a de nombreuses années commencent à se faire sentir. «Il y a un peu plus de 20 ans, on a décidé de changer notre façon de faire pour s’assurer d’avoir du homard pour longtemps», explique le pêcheur. Les Madelinots ont notamment réduit le nombre de cages mises à l’eau et augmenté la taille minimale nécessaire pour garder un homard.

La température de l’eau pourrait aussi avoir quelque chose à voir avec les bons résultats des pêcheurs, selon M. Déraspe. «L’eau était un peu plus chaude cette année. On a eu les conditions idéales pour les larves et il y avait beaucoup de femelles. Ça augure bien pour les années prochaines», croit-il. Il note cependant que si la température de l’eau devait continuer à monter aux Îles-de-la-Madeleine, les homards pourraient la trouver trop chaude et aller s’installer ailleurs. «Il va falloir garder un œil là-dessus dans les prochaines années», s’inquiète M. Déraspe.

Les pêcheurs de la Gaspésie, de leur côté, finiront leur récolte le 16 juillet.