Vendredi dernier, Hexo a annoncé la destruction de cannabis cultivé sans licence en Ontario, dans une installation dont elle est devenue propriétaire à la suite de l’acquisition de Newstrike Brands.

Séance mouvementée pour Hexo en Bourse

MONTRÉAL — Bien que la découverte de cannabis cultivé sans licence par le producteur québécois Hexo puisse soulever certaines craintes chez les investisseurs, des analystes estiment que la situation semble moins grave que celle observée plus tôt cette année chez CannTrust – plongée dans la tourmente depuis l’été dans la foulée d’une affaire de cultures illicites.

Néanmoins, cela n’empêchait pas la société établie à Gatineau de connaître une séance mouvementée à la Bourse de Toronto, lundi, où son titre a touché un creux des 52 dernières semaines en se transigeant temporairement à 2,10 $.

En après-midi, l’action cotait à 2,11 $, en recul de 10,2 %, ou 24 cents – loin de son sommet de 11,11 $ touché à la fin avril.

Vendredi dernier, après la clôture des marchés, Hexo avait annoncé la destruction de cannabis cultivé sans licence en Ontario, dans une installation dont elle est devenue propriétaire à la suite de l’acquisition de Newstrike Brands, cette société qui était appuyée par les membres du groupe Tragically Hip.

Hexo, principal fournisseur de la Société québécoise du cannabis (SQDC), a dit avoir informé Santé Canada de cette découverte survenue en juillet dernier et n’avoir écopé d’aucune amende, ajoutant que sa licence n’avait pas été affectée. Lundi après-midi, Santé Canada n’avait pas répondu aux questions envoyées par courriel par La Presse canadienne.

La fin des activités à la serre en question, située à Beamsville, avait été annoncée le mois dernier par Hexo dans la foulée d’une restructuration ayant notamment entraîné l’abolition de 200 emplois, dont des postes de direction.

Dans une note envoyée par courriel, Tamy Chen, de BMO Marchés des capitaux, a indiqué que même si toute référence à de la culture illégale constitue un sujet sensible pour l’industrie du cannabis, l’entreprise québécoise ne se trouvait pas dans la même situation que CannTrust.

« Hexo n’a pas délibérément, sous de faux prétextes, fait pousser du cannabis dans une zone n’ayant pas reçu le feu vert des autorités », a écrit l’analyste.

Licence de CannTrust suspendue

CannTrust tente de se conformer aux exigences de Santé Canada depuis l’éclatement d’un scandale en juillet après qu’elle eut révélé que l’agence fédérale avait découvert des cultures illicites de cannabis dans des pièces non autorisées de sa serre de Pelham, en Ontario. La société a par la suite congédié son chef de la direction « avec motifs » et demandé au président de son conseil de démissionner, dans la foulée d’une enquête interne.

Santé Canada a suspendu les licences de production et de vente de cannabis de CannTrust en septembre. La société a soumis le 21 octobre un plan détaillé de mesures de remédiation à l’agence fédérale.

D’après un analyste n’ayant pas voulu être identifié puisqu’il n’avait pas eu l’occasion de discuter avec la direction de Hexo, le producteur québécois semble avoir agi de la bonne manière en prenant l’initiative d’alerter les autorités fédérales.

« La découverte concerne un actif qui avait été acquis récemment plutôt qu’un autre site exploité depuis longtemps, a expliqué cette personne. C’est un aspect important. Si une autre serre de Hexo avait été visée, l’histoire serait différente. »

Un porte-parole de la SQDC, Fabrice Giguère, a de son côté assuré que la société d’État n’avait reçu « aucun produit » provenant de la serre en question. Sans commenter directement la relation entre la SQDC et Hexo, M. Giguère a souligné que la société d’État faisait affaire avec des producteurs « dûment licenciés ».

Plus d’un an après la légalisation de la consommation du cannabis à des fins récréatives au Canada, la plupart des principaux producteurs sont bousculés en Bourse alors qu’ils peinent à répondre aux attentes. La semaine dernière, Canopy Growth et Aurora Cannabis ont publié des résultats trimestriels inférieurs aux prévisions des analystes.