Le chef du Parti conservateur du Canada, Andrew Scheer

Scheer obtient une réunion d’urgence pour le vol de données chez Desjardins

Le comité fédéral de la Sécurité publique et nationale devrait se rencontrer la semaine prochaine pour une réunion d’urgence à propos du vol de données personnelles chez Desjardins, comme demandé par les conservateurs plus tôt en journée.

Le chef du Parti conservateur du Canada, Andrew Scheer, avait demandéà son député Pierre Paul-Hus, qui siège sur le comité à titre de vice-président, de contacter les autres membres pour voir s’ils pourraient se rencontrer dans les prochains jours pour étudier des pistes de solutions pour prévenir le vol de données personnelles, comme l’émission d’un nouveau numéro d’assurance sociale (NAS).

Cette demande coïncide avec une pétition qui circule depuis la semaine dernière, qui demande au gouvernement du Canada de remplacer le NAS des victimes de vols de données. Plus de 80 000 personnes avaient signé la pétition lundi après-midi.

Le président du comité, le libéral John MacKay, a déclaré à La Presse canadienne lundi en soirée qu’il espérait tenir la réunion d’urgence au début de la semaine prochaine, mais qu’il est plus «réaliste» de viser la fin de la semaine prochaine.

«Puisque les membres sont en pause et qu’il y a beaucoup de travail requis pour préparer (la rencontre) correctement, j’espère que je pourrai compter sur la coopération de tous les membres», a-t-il précisé dans un échange de courriels.

La Commission d’accès à l’information du Québec et le Commissariat à la protection de la vie privée du Canada ont également annoncé lundi la tenue d’une enquête conjointe à la suite de la faille de sécurité qui touche près de trois millions de particuliers.

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LA CRISE EST BIEN GÉRÉE, DIT GIRARD

QUÉBEC - Le ministre des Finances, Éric Girard, se dit «très satisfait» de la façon dont la direction de Desjardins a géré jusqu'à maintenant la crise majeure qui secoue l'institution financière depuis quelques semaines.

Desjardins doit composer avec l'inquiétude de millions de ses clients, victimes du vol de leurs données personnelles par un ex-employé de l'institution.

Lundi, en mêlée de presse, le ministre Girard a salué les gestes accomplis par la direction de Desjardins et les décisions prises en vue de protéger les actifs de ses clients.

Tout en qualifiant la situation de «très sérieuse», il s'est refusé à extrapoler sur la suite des choses.

Pas question donc, pour l'instant, de tirer des conclusions ou d'envisager des correctifs, législatifs ou autres, afin d'éviter qu'une telle situation se reproduise, a-t-il dit.

«Chaque chose en son temps», a commenté M. Girard, en marge de la réunion hebdomadaire du conseil des ministres, tenue exceptionnellement un lundi.

«Présentement, on est dans la gestion de l'incident», a-t-il observé, admettant qu'il y aurait plus tard «des leçons à tirer et des améliorations à apporter à moyen terme», sans mentionner lesquelles, ni quand.

Le ministre a voulu se faire rassurant, en affirmant qu'il avait été en contact dès le début de la crise avec l'Autorité des marchés financiers (AMF) et le président de Desjardins, Guy Cormier, pour lui dire que Québec lui apporterait le soutien nécessaire, au besoin.

«On est là pour aider Desjardins à gérer la situation présentement», a-t-il affirmé, disant suivre la situation de «très près».

Desjardins compte quelque sept millions de membres. Cette faille de sécurité sans précédent concerne 41 pour cent de sa clientèle. Ce sont 2,7 millions de particuliers et 173 000 entreprises qui sont affectés.

C'est un employé de Desjardins, qui a depuis été congédié, qui aurait mis la main sur ces précieuses informations. Une enquête policière est en cours.

Des noms, dates de naissance, numéros d'assurance sociale, adresses, numéros de téléphone, courriels - des informations prisées par les fraudeurs - ainsi que des renseignements en matière d'habitudes transactionnelles et de produits détenus ont été transmis illégalement à des tiers. Toutefois, les mots de passe, les numéros d'identification personnels des membres et leurs questions de sécurité n'ont pas été compromis, assure Desjardins.