Le ministre saoudien de l'Énergie, Khalid Al-Falih, affirme que les ventes de pétrole saoudien aux clients canadiens ne peuvent pas être soumises à des circonstances politiques.

Riyad assure que sa colère n’aura pas d’impact sur les livraisons de pétrole

DUBAÏ, Émirats arabes unis — Le ministre saoudien de l’Énergie assure le Canada que le différend diplomatique entre Riyad et Ottawa n’affectera pas les ventes de pétrole.

L’agence de presse officielle saoudienne a publié un communiqué dans lequel le ministre Khaled Al-Faleh indique qu’il existe «depuis longtemps une politique ferme qui n’est pas influencée par les circonstances politiques». Le ministre de l’Énergie ajoute que «la crise diplomatique actuelle entre l’Arabie Saoudite et le Canada n’aura aucune incidence sur les relations de [l’entreprise nationale] Saudi Aramco avec ses clients au Canada».

Environ 10% des importations de pétrole du Canada proviennent de l’Arabie Saoudite.

Riyad a expulsé lundi l’ambassadeur canadien et a gelé «toutes nouvelles initiatives d’affaires» avec le Canada, depuis qu’Ottawa a critiqué l’arrestation récente par le royaume ultraconservateur de militantes des droits des femmes.

Le royaume prévoit aussi retirer du Canada des milliers d’étudiants saoudiens, et le transporteur aérien national Saudia a annoncé la suspension de ses vols à destination et en provenance du Canada à compter de lundi prochain. Le Financial Times écrivait par ailleurs mercredi que l’Arabie Saoudite avait demandé aux gestionnaires d’actifs de liquider leur portefeuille canadien.

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«Mesures imprécises»

À Ottawa, un haut fonctionnaire fédéral a déclaré jeudi que le Canada s’interrogeait toujours sur l’ampleur exacte des mesures prises par l’Arabie Saoudite. Ce responsable a rappelé que la ministre des Affaires étrangères, Chrystia Freeland, avait notamment demandé mardi à son homologue saoudien de clarifier ces mesures, notamment la nouvelle relative à la liquidation des actifs canadiens.

L’Arabie Saoudite n’a pas confirmé cette nouvelle du Financial Times, et le haut fonctionnaire — qui s’est exprimé sous le couvert de l’anonymat — affirme qu’Ottawa ne saisit pas encore l’ampleur des mesures de rétorsion.

Selon ce responsable, Mme Freeland a clairement indiqué au ministre saoudien Adel Al-Jubeir que la politique étrangère du Canada consistait à exprimer sa position publiquement, pas seulement à huis clos.

La ministre canadienne a également discuté de la situation avec ses homologues en Suède et en Allemagne, mais n’a pas encore parlé à des responsables aux États-Unis ou au Royaume-Uni.

Les États-Unis et la Commission européenne ont tous les deux demandé, mardi, des éclaircissements sur l’arrestation de militantes en Arabie Saoudite, mais ont évité de s’immiscer directement dans le conflit diplomatique entre Riyad et Ottawa.