Visée par deux récentes demandes d’action collective au Canada, SNC-Lavalin risque de faire l’objet de démarches similaires au sud de la frontière.

Risque de demandes d'actions collectives contre SNC-Lavalin aux États-Unis

MONTRÉAL — Visée par deux récentes demandes d’action collective au Canada, SNC-Lavalin risque de faire l’objet de démarches similaires au sud de la frontière alors qu’elle continue à être mêlée à un scandale politique à Ottawa.

Trois firmes d’avocats américaines étudient actuellement le cas de la firme d’ingénierie québécoise et l’une d’elles a déjà signalé son intention de déposer une demande d’action collective au nom d’actionnaires qui auraient perdu de l’argent.

Kahn Swick & Foti, Rosen Law Firm et The Schall Law Firm citent les mauvaises nouvelles dévoilées le 28 janvier lorsque SNC avait abaissé ses prévisions de bénéfices, ce qui avait fait plonger le cours de son action.

«(Notre démarche) résulte d’allégations selon lesquelles SNC pourrait avoir transmis aux investisseurs des informations trompeuses», souligne la firme new-yorkaise Rosen Law Firm, qui a déjà affiché ses couleurs.

Vendredi, les trois cabinets - qui désirent agir au nom d’actionnaires ayant effectué l’achat d’actions de la firme sur les marchés américains - n’avaient pas répondu aux questions envoyées par La Presse canadienne par courriel. SNC n’a pas commenté.

Pour le moment, l’ampleur des dommages réclamés n’a pas été précisée.

Au Québec, une requête similaire avait été déposée le 6 février dernier par le cabinet Siskinds Desmeules à la Cour supérieure du Québec au nom d’un actionnaire ontarien. Celui-ci reproche à la direction de la firme d’avoir effectué des déclarations inexactes aux actionnaires entre le 22 février 2018 et le 27 janvier dernier.

Ces allégations n’ont pas été prouvées devant un tribunal

À la fin janvier, le président et chef de la direction de SNC, Neil Bruce, avait concédé que l’escalade des tensions diplomatiques entre le Canada et l’Arabie saoudite nuisait aux activités de l’entreprise dans ce pays du Moyen-Orient riche en pétrole.

La querelle, d’importants problèmes d’exécution liés à un projet minier au Chili ainsi qu’une décision d’arbitrage défavorable en Australie avaient obligé la firme à abaisser ses prévisions financières le 28 janvier dernier - provoquant la deuxième des trois baisses importantes de son action depuis octobre à la Bourse de Toronto.

Ces litiges s’ajoutent à une autre demande d’action collective déposée auprès de la Cour supérieure de l’Ontario par le cabinet Strosberg Sasso Sutts dans laquelle la somme réclamée est de 75 millions $.

Il est reproché à la firme d’ingénierie d’avoir trop tardé avant de révéler, en octobre, le refus des procureurs fédéraux à négocier un accord qui aurait pu lui permettre de mettre de côté les accusations criminelles déposées à son endroit il y a quatre ans.

Visée par des accusations de fraude et de corruption pour des gestes qui auraient été posés en Libye entre 2001 et 2011, SNC est au coeur d’une tempête politique qui continue d’ébranler le gouvernement Trudeau.

L’affaire a été déclenchée en raison d’allégations selon lesquelles le bureau du premier ministre Justin Trudeau aurait fait des pressions afin que les procureurs fédéraux négocient un accord à l’amiable avec la firme pour qu’elle évite un procès criminel.

À la Bourse de Toronto, l’action de la firme d’ingénierie a clôturé à 36,57 $, en progression de 22 cents, ou 0,61 pour cent.