Le patron de Brigil, Gilles Desjardins (à droite), avait convié les citoyens à une consultation publique sur la revitalisation du Village Cartier.

Revitalisation de Village Cartier: le public a maintes idées

De quelle façon pourrait-on redonner au centre commercial Village Cartier ses lettres de noblesse ? À l’invitation de Brigil, nouvellement propriétaire du site, c’est la principale question à laquelle la population était invitée à répondre mercredi soir. Conclusion : les idées ne manquent pas.

À peine quatre mois après que l’entreprise gatinoise ait mis la main sur la propriété de près de 65 000 mètres carrés, plusieurs dizaines de citoyens impatients de voir le paysage changer à l’angle des boulevards Saint-Joseph et Saint-Raymond ont répondu présents à l’occasion de cette consultation publique.

Des restaurants à la piscine publique en passant par une résidence pour personnes âgées, un mini-cinéma, une pharmacie, de nouvelles boutiques au goût du jour, un hôtel ou même une bibliothèque, les gens rencontrés par Le Droit avaient l’imagination fertile en songeant à la cure de jouvence que subira le centre commercial érigé il y a 54 ans.

Résidente du quartier depuis six décennies, Louise Lefort accorde une note de 3 sur 10 à l’état dans lequel se trouve Village Cartier à l’heure actuelle. Ce n’est pas la première fois qu’une métamorphose est dans les cartons pour l’endroit, mais elle croit que cette fois-ci est la bonne.

« La moitié est à louer, c’est vétuste, il n’y a aucun aménagement paysager à l’extérieur. Il y a beaucoup de choses manquantes. [...] Il faut premièrement un cinéma, ça manque dans le secteur. Je vois aussi une foire alimentaire miniature et un bureau de poste, car je n’ai pas de véhicule, je dois prendre le transport en commun ou marcher », lance-t-elle, ajoutant qu’il y a aussi un cruel manque de boutiques de chaussures dans les environs.

À son avis, un concept gagnant ressemblerait à celui du complexe résidentiel L’Initial, dans le secteur Aylmer, qui jumèle des appartements aux étages supérieurs et une épicerie au rez-de-chaussée.

Très déçue de l’offre commerciale dans le secteur Hull, Mme Lefort affirme qu’elle se tourne désormais vers les Promenades Gatineau lorsque vient le temps d’une séance de magasinage, disant que le site est plus moderne et propre.

Jeune mère de famille, Alex Cool-Fergus est d’avis qu’il est surtout temps que disparaisse le stationnement face au boulevard Saint-Joseph, qu’elle ne se gêne pas pour qualifier d’épouvantable.

« Je suis pas mal certaine que s’ils faisaient une étude, probablement que la majorité des gens se rendent en autobus, à pied ou à vélo. Pour nous, c’est dangereux et désagréable de se promener dans le stationnement. [...] Je viens ici rarement, c’est loin d’être mon premier choix », dit-elle.

La Gatinoise croit que la Ville pourrait investir dans le projet et y ériger un édifice public tel qu’un centre sportif ou une bibliothèque.

« Un mélange de résidentiel, de commercial, de public et de communautaire, ce serait vraiment intéressant », renchérit-elle.

De son côté, Francine Montfils a suggéré un nouveau nom pour le centre commercial : Place Rivemont.

« C’est le nom qu’on imaginait pour la nouvelle ville quand il y a eu la fusion municipale. Ça fait référence aux rivières et aux montagnes », explique-t-elle.

Carmen Lapierre a quant à elle de multiples idées pour l’avenir de la nouvelle propriété de Brigil.

Un tapis roulant dans l’allée pour circuler entre les boutiques, de grands puits de lumière, une chute d’eau, des écrans publicitaires lumineux, une piscine et un petit bistro où des artistes pourraient démontrer leurs talents sont au nombre de ses idées pour en faire un centre commercial digne du 21e siècle.

Son conjoint Guy Lavoie, qui imagine même l’aménagement d’un parc de glissades d’eau pour les petits et grands, croit dur comme fer que c’est la fermeture du magasin Zellers, en 2013, qui s’est avéré le dernier clou dans le cercueil de Village Cartier.

Le vice-président immobilier et gestion d’actifs chez Brigil, Pierre Hurteau, rappelle que le projet est encore à une étape très préliminaire.

« On est en train de considérer plusieurs options, mais avec le feedback des gens, on va pouvoir voir où la tendance va se dessiner. De là, on pourra peut-être engendrer quelques idées. [...] Nous sommes ouverts à tout en ce moment. On travaille avec la Ville, avec nos professionnels et avec des experts de refonte de centres commerciaux qui sont désuets », affirme-t-il, ajoutant que des pourparlers avec certains locataires potentiels ont eu lieu depuis l’annonce de l’acquisition en février.