Martin Cauchon a modéré une conférence sur les exemples étrangers de transferts d’entreprises au Sommet international sur le repreneuriat, auquel participait le catalan Albert Colomer i Espinet.

Repreneuriat: l’exemple de la Catalogne

Le Québec n’est pas le seul à faire face à un énorme défi pour inciter les jeunes ou des gens d’expérience à reprendre des entreprises existantes. La Catalogne a créé en 2011 Reempresa, une plateforme numérique dont pourrait s’inspirer le Québec pour mettre en relation des chefs d’entreprises de PME ou TPE avec des repreneurs lorsque vient le temps de passer le flambeau.

Avant Reempresa, il n’existait aucun système pour aider à la transmission de petites entreprises. Lorsque le fondateur prenait sa retraite, l’entreprise fermait ses portes, dans la majorité des cas. La Catalogne compte 630 000 entreprises, 94 % d’entre elles ont 10 employés ou moins. En créant la plateforme, la Catalogne a changé le visage de son économie. 

«On a créé un marché de vente et d’achat. Depuis 2011, plus de 2200 entreprises ont été rachetées. Parmi les repreneurs, 40 % d’entre eux étaient sans emplois. On a également sauvé plus de 6000 emplois», a expliqué le directeur de Reempresa, Albert Colomer i Espinet, l’un des invités du Sommet international du repreneuriat organisé par le Centre de transfert d’entreprise du Québec, mercredi au Centre des Congrès de Québec.

Plus d’une centaine de partenaires, comme les municipalités et les chambres de commerce, ainsi que plus de 150 experts ont embarqué dans le projet. «On a organisé une manière pour faciliter la vente des petites entreprises et les mentalités ont changé peu à peu. Avant dès qu’une petite compagnie était à vendre, on pensait que quelque chose n’allait pas. Maintenant, c’est devenu une opportunité», a mentionné M. Colomer i Espinet. 

Taux exceptionnel 

Chaque jour, la plateforme réalise deux ou trois transactions. Selon, le directeur de Reempresa, il est nécessaire de valoriser le repreneuriat. «C’est plus sexy de créer une start-up, mais les données prouvent qu’il est plus intéressant de reprendre une entreprise. «On a un taux de survivance de près de 90 % alors que plus de la moitié des nouvelles entreprises meurent», se réjouit-il.

L’étude révèle également une augmentation du chiffre d’affaires pour 75 % des entreprises rachetées, 62 % d’entre elles ont créé un réseau social, 45 % ont lancé un site Web, 62 % ont procédé à des innovations, et 31 % ont recruté de nouveaux employés. 

Le secret de Reempresa, un accompagnement et une formation à la fois pour le cédant et le repreneur. «La collaboration entre les deux est très importante. La personne qui fait la cession va accueillir le repreneur pour l’aider et lui expliquer comment fonctionne l’entreprise, qui sont les clients. Certains cédants deviennent des salariés après l’achat, c’est une plus-value pour l’entreprise. Leur expérience est inestimable», a souligné M. Colomer i Espinet.

«Quand on reprend une entreprise, on reprend quelque chose qui était déjà en place. Il y a des gens, une culture d’entreprise qui existe et souvent on sous-estime la culture d’entreprise. Il faut s’assurer qu’on puisse la prendre et la faire évoluer. C’est très difficile», a confié le président exécutif du Groupe Capitales Médias, Martin Cauchon, qui était le modérateur pendant la conférence sur des exemples à l’étranger. 

Albert Colomer i Espinet conseille au Québec de publiciser dans les médias les succès des repreneurs. «En en parlant dans les médias, ça nous a donné un retour. Les gens pensent maintenant acheter une compagnie au lieu de partir à zéro. Ils ont vu qu’il y a du succès», a-t-il conclu.

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ENTENTE FRANCE-QUÉBEC

De gauche à droite : Vincent Lecorne, président du CTEQ, Nadine Girault, ministre des Relations Internationales et de la Francophonie et Dominique Restino, président de la Chambre de commerce et d’industrie de Paris-Île de France

Le président de la Chambre de commerce et d’industrie de Paris-Île de France, Dominique Restino, et le pdg du Centre de transfert d’entreprise du Québec (CTEQ), Vincent Lecorne ont signé en marge du Sommet international sur le repreneuriat une entente pour bonifier leur offre de services et partager leur expertise. Les deux organismes pourront échanger sur les bonnes pratiques au niveau des formations et leur sensibilisation. Le CTEQ accueillera des entrepreneurs référés par la CCI Paris-Île de France pour une meilleure intégration au Québec ainsi que des stagiaires. Il y aura également la création d’un groupe d’acheteurs pour des démarches d’exploration et d’opportunités.