Le retour au travail progressif à l’usine ATrahan a eu lieu mardi avec quelque 115 travailleurs.
Le retour au travail progressif à l’usine ATrahan a eu lieu mardi avec quelque 115 travailleurs.

Réouverture d’ATrahan: la présence de la santé publique rassurante pour les travailleurs

Yamachiche — La présence de la santé publique à la réouverture partielle de l’usine ATrahan de Yamachiche aide à diminuer d’un cran le niveau d’inquiétude ressentie par les travailleurs de cette usine aux prises avec une éclosion de cas de coronavirus depuis les dernières semaines.

Le 29 mars, Olymel annonçait l’arrêt des activités de cette usine de Yamachiche pour deux semaines. L’usine a depuis été assainie, des panneaux séparateurs ont été ajoutés à des postes de travail et même aux tables de la cafétéria, des mesures comprises dans un protocole approuvé par la santé publique.

Le retour au travail a eu lieu mardi avec quelque 115 travailleurs affectés à l’abattage de porcs. La direction avait organisé une rencontre de rappel des mesures de contrôle, alors que la santé publique s’assurait que tout le personnel était en santé.

«Notre première préoccupation est de contrer la propagation du virus et de veiller à la santé de nos travailleurs. Mais tout le monde doit respecter le protocole et veiller à sa sécurité et à celle de son voisin. Si quelqu’un faisait de la température ce matin, il n’entrait pas au travail. S’il y avait des cas douteux,on pouvait prendre leur température. Ça fait partie des mesures lorsqu’on a un doute», raconte le porte-parole d’Olymel, Richard Vigneault.

Selon ce dernier, ce retour au travail s’est bien déroulé dans des circonstances pas nécessairement évidentes. Le constat semble partagé par le syndicat représentant les travailleurs.

«Les employés avaient une inquiétude de rentrer au travail. La santé publique apporte un sentiment de sécurité auprès des travailleurs. Des représentants de la santé publique sont sur place et sont aptes à apporter des correctifs à mesure. Ça les rassure», indique Roxane Larouche, responsable des communications des Travailleurs unis de l’alimentation et du commerce.

Selon Mme Larouche, Olymel semble démontrer plus de réceptivité concernant les commentaires émanant des représentants syndicaux. D’un autre côté, elle reconnaît que les mesures instaurées contribuent à rassurer les travailleurs même si ce n’est pas «parfait».

«L’usine a été assainie, tout le monde porte un masque, on sait que les personnes au travail avaient le feu vert de la santé publique. C’est beau de mettre sur pied des mesures que les travailleurs devront respecter, mais dans le feu de l’action, est-ce qu’elles sont faciles à respecter? Il faut que des ajustements soient faits. Il y aura des rencontres. Mais la collaboration des travailleurs est importante. Il en est de la responsabilité de tous. Les travailleurs doivent respecter les consignes. Le succès de toutes ces mesures est entre les mains de tout le monde.»

Les mesures de contrôle d’Olymel ont aussi rassuré le maire de Yamachiche, Paul Carbonneau. Ce dernier a demandé à visiter les lieux et Olymel l’a accueilli lundi.

«Il y a un questionnaire en entrant pour savoir l’état de santé. Ensuite, c’est la désinfection des mains. Les gens portent des masques, des lunettes. Par terre, il y a des marqueurs pour indiquer la distance de deux mètres. Des gens sont là pour faire appliquer les règles. Les mesures sont importantes», témoigne M. Carbonneau, qui croit que le niveau d’inquiétude au sein de Yamachiche a lui aussi diminué.

Olymel doit s’ajuster à la situation. L’entreprise a relancé un seul des deux quarts de travail habituellement à l’horaire. Elle s’attend à abattre 4000 porcs par semaine, loin de la cadence normale des 28 000 porcs abattus.

Mercredi, un peu plus de 200 travailleurs de la découpe viendront rejoindre leurs collègues de l’abattage. L’usine comptera alors quelque 350 travailleurs de production, en plus de mécaniciens et de cadres. L’entreprise fonctionnera alors à environ 40 % de son personnel.

«Le rappel au travail s’est fait selon la convention collective. On a suffisamment de gens qui ont accepté de revenir au travail et on les en remercie. Pour le reste de la semaine, on fait un quart de travail. On y va une semaine à la fois», ajoute M. Vigneault, en précisant qu’Olymel ignore toujours quand la reprise complète de ses activités à Yamachiche sera possible.

La suspension des activités d’ATrahan avait fait craindre une euthanasie de porcs chez les producteurs. Aucun fournisseur n’aurait été forcé d’en arriver à cette décision, à la connaissance de Richard Vigneault.

Quelque 120 travailleurs d’ATrahan sont contaminés par le coronavirus, selon les données fournies mardi par la santé publique. Ce nombre était de 118, lundi.