Des employés de la nouvelle succursale de la Banque Royale du Canada à Sainte-Marie-de-Beauce, soit Élisabeth Leblond, Dominique Pelletier, Marc Lemoyne et Anne Toulouse.

RBC investit des centaines de millions pour «la banque de demain»

Les braqueurs de banques comme le duo Bonnie et Clyde devraient aujourd’hui se dénicher un nouveau boulot. Fini les voûtes bancaires, du moins, pour plusieurs succursales de la Banque Royale du Canada (RBC).

Au cours des prochaines années, l’institution financière prévoit investir des centaines de millions de dollars pour moderniser et adapter aux habitudes des consommateurs la majorité de ses 1230 points de services à travers le pays.

Et c’est à Sainte-Marie-de-Beauce que ce changement débute. Mercredi, RBC a officiellement inauguré son nouveau point de service. Un premier du genre au Québec. Il y en a actuellement moins de cinq chez nos voisins ontariens.

Dans sa nouvelle succursale, baptisée l’Espace rencontre RBC, il n’y a plus de comptoir transactionnel. Le guichet est toujours présent ainsi que des conseillers. L’espace est beaucoup plus épuré et la technologie prend davantage de place. Entre autres, il est possible de se servir de tablettes électroniques pour réaliser des transactions.

La facture pour ce nouveau chantier en Beauce? Des centaines de milliers de dollars, se contente de répondre la direction, question de compétition.

«Il y a quelques années, nous nous sommes redéfinis comme banque relationnelle à l’ère numérique», indique au Soleil André Labbé, vice-président, Québec, Beauce, Centre-du-Québec et Mauricie chez RBC. «Notre objectif n’est toutefois pas d’être totalement en ligne. Le contact humain  va toujours être présent. On veut seulement faciliter les transactions pour nos clients», poursuit-il.

Conscient que les consommateurs ne sont pas tous au même niveau lorsqu’il est question du Web, RBC affirme pouvoir offrir de la formation dans ses locaux. L’espace pourra également servir pour des conférences ou des événements communautaires.

«Ce n’est vraiment pas une succursale traditionnelle avec des gens qui patientent en ligne», illustre le patron, pointant un espace avec des divans. «Je ne peux pas dire si toutes les succursales que nous allons ouvrir dans le futur vont porter le même nom. Nous avons six ou sept modèles. C’est l’emplacement qui va déterminer le modèle. Par exemple, on regarde pour s’installer dans des métros ou sur des campus universitaires», poursuit-il. «Ce concept, c’est la banque de demain».


« Nous ne sommes pas là pour nous retirer du marché. Au contraire, nous sommes un acteur important et nous prévoyons ouvrir de nouvelles succursales »
André Labbé, vice-président, Québec, Beauce, Centre-du-Québec et Mauricie chez RBC

En terme de superficie, la nouvelle succursale est moins imposante, soit entre 1200 et 1500 pieds carrés. Le nombre d’employés demeure toutefois le même, assure la direction.

Entre 2012 et 2017, le nombre de points de services chez RBC à travers le monde a connu une croissance de 1,1 % (1376). Le nombre d’employés a aussi grimpé de 5,1 %, passant de 74 377 à 78 210.

Conseillers-robots

Au cours des prochains jours, en lien avec ses investissements dans le domaine des technologies de l’information, l’institution financière prévoit offrir en ligne un nouveau service de conseillers-robots à ses clients. Cette année, RBC investira près de 3 milliards $ dans de nouvelles technologies notamment en sécurité et pour le développement d’applications.

«Au fil des ans, nous nous sommes aperçus que le nombre de transactions a beaucoup diminué en succursales. C’est 90 % de nos clients qui transigent aujourd’hui d’autres façons qu’au comptoir. Le nombre de transactions au guichet a aussi baissé», note M. Labbé, assurant que les conseillers humains seront toujours présents dans les succursales.

«D’ici la fin de l’année, tous nos conseillers vont pouvoir rencontrer par vidéo nos clients. Ce dernier va maintenant avoir accès à partir de sa maison, sur sa tablette, à la même interface que lorsqu’il rencontre son conseiller. Il y a un volet robot dans cette plateforme, mais le conseiller demeure. On met la banque entre les mains des clients. Il peut prendre le contrôle de ses finances. S’il le désire, il va pouvoir demander l’aide des conseillers», explique-t-il.

André Labbé, vice-président, Québec, Beauce, Centre-du-Québec et Mauricie chez RBC

Au cours des prochaines années, RBC prévoit aussi revoir son parc de guichets automatiques (4 630). Il s’agira d’investissements de plusieurs dizaines de millions de dollars.

«Nous ne sommes pas là pour nous retirer du marché. Au contraire, nous sommes un acteur important et nous prévoyons ouvrir de nouvelles succursales», dit M. Labbé, croyant toujours en l’importante des guichets. «On ne pense pas que demain matin, tout le monde va réaliser ses transactions sur son téléphone», conclut-il.

RBC compte quelque 16 millions de clients au Canada, aux États-Unis et dans 35 autres pays.

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