Le propriétaire de RL Énergies, Éric Larouche, a confirmé au Quotidien qu’un groupe de gens d’affaires était intéressé à se porter acquéreur des journaux Le Quotidien et Le Progrès.

Rachat du Quotidien: des gens d’affaires d’ici lèvent la main

Un groupe de gens d’affaires du Saguenay-Lac-Saint-Jean, piloté par l’entrepreneur Éric Larouche, songe à se porter acquéreur des journaux Le Quotidien et Le Progrès. L’homme d’affaires a rapidement fait quelques appels, la semaine dernière, lorsque la nouvelle des graves difficultés financières de Groupe Capitales Médias est tombée.

Lundi dernier, on apprenait que Groupe Capitales Médias, qui possède les journaux Le Quotidien et Le Progrès (Saguenay), La Voix de l’Est (Granby), Le Nouvelliste (Trois-Rivières), Le Droit (Ottawa), La Tribune (Sherbrooke) et Le Soleil (Québec), se plaçait sous la protection de la Loi sur les arrangements avec les créanciers. Son propriétaire, Martin Cauchon, a quitté le navire et le gouvernement du Québec a consenti à verser une aide d’urgence de 5 millions de dollars pour assurer les opérations des six quotidiens jusqu’à ce qu’un nouvel acquéreur en prenne possession, en partie ou en totalité. Déjà, des entreprises telles que Québecor et Métro Médias ont levé la main, tandis que Le Devoir a proposé une possible alliance avec Le Soleil.

Régionalement, alors que Trium Médias a dit vouloir analyser sa situation financière pour acheter et assurer la survie du Quotidien et du Progrès, un nouveau groupe se montre intéressé à la sauvegarde du journal local. Et les démarches d’Éric Larouche et ses partenaires sont sérieuses, confirme le principal intéressé.

« La semaine dernière, lorsque j’ai appris la nouvelle, j’ai tout de suite fait des appels. J’ai sollicité des entrepreneurs et des gens impliqués dans leur milieu qui, selon moi, pouvaient être intéressés à se porter acquéreurs du journal et ainsi assurer sa sauvegarde. Immédiatement, les gens contactés ont embarqué », a expliqué Éric Larouche, lors d’un entretien accordé au Quotidien

À ce stade-ci, M. Larouche préfère ne pas fournir de noms, mais parle d’une dizaine de personnes ayant manifesté leur intérêt. Des noms comme Laval Boulianne, Pierre Lavoie et Hugo Gilbert ont circulé, mais Éric Larouche n’a pas voulu confirmer ces rumeurs. Interrogé à savoir si des gens du groupe étaient issus directement du milieu journalistique, M. Larouche a dit ne pas pouvoir s’avancer sur cette question.

« À ce stade-ci, ce que nous voulons, c’est lancer un message clair et inviter d’autres gens d’affaires à se joindre à nous. Nous voulons aussi faire valoir aux instances qu’il y a des gens de la région qui veulent travailler à la sauvegarde du journal local. Parce que l’information régionale, c’est primordial et nous devons préserver nos médias d’ici », a expliqué M. Larouche, affirmant avoir lui-même vécu l’impact du Quotidien dans sa vie professionnelle, notamment en tant qu’entrepreneur et porteur de projets sociaux.

« Toutes les sphères de notre société, que ce soit politique, sportive ou entrepreneuriale, ont intérêt à conserver ses médias régionaux », a ajouté le propriétaire de RL Énergies, de l’Hôtel Chicoutimi et de l’Auberge des Îles.

Mettre en place un nouveau modèle d’affaires

Évidemment, avant de s’impliquer, le groupe devra attendre d’avoir plus d’information sur la situation financière du journal. Il devra également mettre sur pied un modèle d’affaires qui permettra à l’entreprise d’être rentable, ce qui n’est plus le cas actuellement.

« Nous avons déjà réfléchi à des éléments et nous avons des idées, mais il est trop tôt pour parler de modèle d’affaires, il nous manque des informations. Mais c’est certain qu’on ne pourra pas acheter quelque chose si ça perd de l’argent durant des années. Nous allons attendre de bien analyser la situation », a souligné Éric Larouche, qui n’exclut pas la possibilité d’impliquer les employés dans un nouveau modèle d’affaires. Et il se veut rassurant auprès des travailleurs, la démarche enclenchée est sérieuse. Il invite d’ailleurs les gens d’affaires ayant à cœur l’avenir du journal à communiquer avec lui pour que le groupe d’acheteurs potentiels s’agrandisse.