Qui sont les milléniaux?

Les 20 à 35 ans ont pris d'assaut le marché du travail. Ils sont jeunes, ils sont dynamiques et ils veulent changer le monde. Ils ont aussi la mauvaise réputation d'être narcissiques, paresseux et égocentriques. Mais qui sont-ils ?
Plusieurs éléments distinguent les milléniaux des autres générations. Notamment, ils sont très à l'aise avec la technologie. Nous les appelons les homonumériques pour une raison, raconte Nathalie Tremblay, conseillère en ressources humaines agréées (CRHA) et consultante en développement organisationnel chez NT Services Conseils. De plus, ces jeunes travailleurs apportent leur personnalité à l'entreprise. Ils sont très créatifs, travaillants et allumés. 
Comment recruter les milléniaux? 
Pour recruter les milléniaux, il faut être stratégique. Nathalie Tremblay explique que l'entreprise doit avoir des valeurs propres, mais surtout les respecter. «Si comme employeur je prétends pratiquer un management participatif et des valeurs de transparence, mais que dans les faits c'est faux, les milléniaux vont partir rapidement.»
Les jeunes travailleurs sont informés et recherchent la transparence. «Ils regardent, magasinent et s'informent sur les entreprises avant de prendre une décision.» La consultante en développement organisationnel ajoute que si les attirer est une chose, les garder en est une autre.
Qu'est-ce qui les attire dans un emploi?
Nathalie Tremblay, conseillère en ressources humaines agréées (CRHA) et consultante en développement organisationnel chez NT Services Conseils.
Selon l'étude Millennial Survey 2016 de Deloitte, les milléniaux choisissent leur employeur selon les caractéristiques suivantes: la conciliation travail/famille (16,8%), l'opportunité de grandir dans l'entreprise (13,4%), la flexibilité des horaires (11%), le sens de créer un impact (9,3%), le développement professionnel (8,3%) et l'impact sur la société (6,8%).
Certaines stratégies pour garder ces jeunes le plus longtemps possible ont fait leurs preuves. Le management participatif, qui mise sur la collaboration du personnel, est très efficace, croit Mme Tremblay. «Il faut écouter leurs idées, être accessible et donner de la rétroaction. Il faut aussi leur faire confiance et leur offrir de l'autonomie et des responsabilités graduelles.» 
Flexibilité et liberté
Si pour les Boomers et les X, un emploi à vie est gage de réussite, c'est tout le contraire pour les milléniaux. «Ils savent qu'ils ne resteront pas au même emploi toute leur vie, explique la consultante. Ils sont fidèles, mais aussi réalistes.»
Ce que certains confondent pour de la paresse est en réalité un besoin de liberté, selon Nathalie Tremblay. «Contrairement à ce que l'on peut croire, les études démontrent que les milléniaux font souvent plus de temps de travail, mais souhaitent avoir de la flexibilité dans leur horaire.»
Un coach comme patron 
«Ces jeunes travailleurs ont besoin d'un coach et non d'un patron, poursuit-elle. Ils souhaitent miser sur leurs forces et s'attendent à ce que les employeurs prennent le temps de leur expliquer les projets et qu'ils leur donnent plus de responsabilités.»
L'encadrement flexible et la disponibilité des patrons sont donc de bonnes façons de garder ces jeunes travailleurs engagés en emploi. 
Des valeurs communes
La consultante en développement organisationnel constate que ces jeunes professionnels souhaitent travailler dans un milieu qui correspond à leurs valeurs. S'ils peuvent s'impliquer dans un projet qui vient appuyer une cause qui leur est chère, ils seront nettement plus engagés dans leur travail.
«Les milléniaux veulent vivre des expériences. Ils n'ont pas une vie au travail et une vie à la maison. Ils ont juste une vie. C'est ce qui teinte leurs relations», explique Nathalie Tremblay. 
Les milléniaux veulent également être utiles. Selon l'étude de Deloitte, 28% des personnes interrogées affirment que les entreprises utilisent leur potentiel de travail à 100%. Il est donc important de leur donner des projets, de leur faire goûter à l'expérience et d'utiliser leur plein potentiel, ajoute Mme Tremblay.
La patience, une vertu
Cette génération techno est ambitieuse, mais manque de patience, selon Nathalie Tremblay. «Ils veulent se sentir impliqués et être autonomes. Il faut leur donner des responsabilités, mais aussi leur apprendre à être patients.» 
Un conseil pour les entreprises? 
« Les milléniaux représentent entre 22 et 27% de la population. Revoyez vos valeurs et assurez-vous qu'elles soient respectées par vos gestionnaires. Si je dis comme entreprise que je crois en l'innovation, mais chaque fois qu'un employé exprime une nouvelle idée, je ne l'écoute pas ou la refuse, alors je vais perdre les milléniaux», termine Nathalie Tremblay.