Le député de Québec solidaire Gabriel Nadeau Dubois

QS dépose un projet de loi «anti burn-out»

Québec solidaire a déposé mercredi un projet de loi visant à favoriser la conciliation travail-famille et à contrer le «fléau» des burn-out. Il propose notamment qu’un salarié puisse connaître son horaire de travail au moins sept jours à l’avance et qu’il puisse refuser de faire du temps supplémentaire.

Le projet de loi déposé par Gabriel Nadeau Dubois modifie la Loi sur les normes du travail afin d’améliorer les diverses conditions minimales de travail. 

Outre le droit du salarié de connaître son horaire au moins une semaine à l’avance et de refuser de faire du temps supplémentaire, le projet de loi ajoute deux jours fériés et chômés de plus, soit le 8 mars (Journée internationale des femmes) et le 1er mai (fête des travailleurs). 

Le projet de loi augmente également à trois et à quatre le nombre de semaines de vacances auquel le salarié aurait droit après un an et deux ans de services. 

Autre mesure : le salarié se verrait attribuer 10 congés «sociaux» payés pour qu’il puisse «remplir des obligations reliées à la garde, à la santé ou à l’éducation de son enfant ou de l’enfant de son conjoint, ou en raison de l’état de santé de son conjoint, de son père, de sa mère, d’un frère, d’une sœur ou de l’un de ses grands-parents». Ces congés sont actuellement non rémunérés.   

En point de presse, Gabriel Nadeau Dubois a souligné que le nombre d’absences au travail au Canada avait augmenté de 24% dans le secteur privé et de 37% dans le secteur public au cours des 20 dernières années. 

«Dans la dernière année, c’est une personne sur quatre qui s’est dite souffrant de détresse psychologique. Notre économie est en crise et cette crise-là, c’est la crise du burn-out. C’est une situation qui a des impacts graves dans la vie de milliers de travailleurs [...], et c’est aussi un problème pour l’économie du Québec», a exposé le député de Gouin, ajoutant que le Conference Board évaluait le coût de l’épuisement professionnel à environ 2,4% de la masse salariale.

«Au Québec, ça veut dire 3,5 milliards de dollars de perdus l’an dernier parce que les gens s’absentent du travail, parce qu’on les épuise au travail», a-t-il dit.

Selon le député solidaire, c’est la moindre des choses de donner à un salarié son horaire de travail une semaine à l’avance «dans une époque où on veut favoriser la conciliation travail-famille». Même les petites entreprises qui ne comptent pas beaucoup d’employés doivent faire leur effort en matière d’organisation du travail, a-t-il opiné. De la même façon qu’un salarié devrait pouvoir avoir le droit de refuser de travailler au-delà de son horaire prévu. «Le temps supplémentaire, c’est une grande cause de stress actuellement.»

En retard sur l'Europe

Gabriel Nadeau Dubois a également souligné que le Québec et le Canada étaient «à la traîne» par rapport aux autres pays «développés» en ce qui a trait au nombre de semaines de vacances payées. «En moyenne, en Europe, c’est entre cinq et six semaines de congés payés. Au Québec, on est à deux semaines», a-t-il comparé.

«Notre certitude, c’est que des mesures qui permettent aux travailleurs d’avoir un rythme de travail plus humain, ça va augmenter la productivité. [...] Si on veut que les gens soient bien au travail et performent, il faut prendre soin d’eux, leur permettre de se reposer», a plaidé le jeune député, convaincu que les mesures mises de l’avant par son parti ne nuiraient pas au PIB, «au contraire».

Questionné par une journaliste à savoir si les 10 congés sociaux payés proposés par son parti ne deviendraient pas en quelque sorte des journées de vacances supplémentaires, Gabriel Nadeau Dubois a répondu par la négative. «Ce sont des congés qui doivent être motivés auprès de l’employeur. [...] Ce n’est pas automatique», a-t-il précisé.