L’entreprise Entosystem est devenue le plus grand producteur de protéines d’insectes au Québec.

Protéines d'insectes : Entosystem a le vent dans les voiles

L’entreprise sherbrookoise Entosystem a le vent dans les voiles grâce à la grande demande pour les protéines d’insectes au Québec.

Entosystem affirme être devenu le plus grand producteur de protéines d’insectes au Québec. L’entreprise produit quotidiennement 100 kilos de larves séchées destinées à l’alimentation animale. L’entreprise dit avoir industrialisé son produit issu de la mouche soldat noire.

« Tout ce que nous produisons est vendu d’avance, se réjouit Cédric Provost, président et cofondateur de la PME. Nous prévoyons atteindre 500 kilos de production par jour dès l’automne. »

Afin de répondre au marché en émergence pour l’alimentation animale très nutritive à base de protéines d’insectes, Entosystem récupère deux tonnes de matières organiques non valorisées (vouées au compost) chaque jour pour nourrir ses larves juteuses. Provenant de la ferme ou même de l’épicerie, ces matières organiques s’élèveront à plus de huit tonnes par jour à l’automne et à plus de 150 tonnes par jour en 2021, lors de la prochaine phase d’expansion prévue, explique-t-on dans un communiqué de presse.

Cédric Provost

« L’un de nos partenariats consiste à récupérer des résidus de grains d’orge et nos larves s’en régalent. Nous leur cherchons sans cesse de nouvelles sources d’alimentation organique avec traçabilité pour répondre à la demande, explique M. Provost.

« Ces matières ne doivent pas être des restes de table, pour éviter toute contamination, mais plutôt des pelures de fruits ou légumes, par exemple. »

Accréditation bio

Il souligne que même des restaurateurs pourraient contribuer à donner une seconde vie à ce type de nutriments. En récupérant ces denrées, Entosystem réduit les coûts reliés au traitement des déchets et évite du gaspillage alimentaire.

Entosystem est accrédité biologique, afin que le fertilisant engendré par ses larves puisse être utilisé en culture de ce haut niveau. « Cet engrais peut servir à de la production biologique, comme pour celle de tomates », indique M. Provost, précisant que son usine est « zéro déchet ».

« Nous prenons des déchets locaux, les utilisons, puis les revalorisons afin de les réintroduire dans la chaîne alimentaire ».

Ainsi, Entosystem prévoit détourner 40 000 tonnes de matières organiques par année et produire cinq tonnes de farine, ainsi que sept tonnes de fertilisant biologique par jour d’ici trois ans.

La production de protéines d’insectes, tout comme sa consommation, comporte de multiples avantages écologiques et économiques. Elle permet notamment de contribuer à préserver l’écosystème des océans, en évitant la surpêche industrielle servant à nourrir d’autres poissons d’élevage, ajoute M. Provost.

« Par exemple, une seule truite d’élevage nécessite la capture et le transport de deux à trois poissons qui sont transformés en farine, puis en moulée pour sa nourriture, dénonce-t-il. Notre farine d’insectes permet d’éviter cela.