Les agriculteurs de la région pourraient ressentir les conséquences du nouvel accord de libre-échange négocié entre les États-Unis, le Mexique et le Canada.

Promouvoir le modèle coopératif en agriculture

Si le réseau de La Coop fédérée est présentement en pleine transformation de sa structure d’affaires, c’est pour garder bien vivant le modèle coopératif en agriculture et conserver l’empreinte régionale.

C’est le message qu’a voulu lancer le président de La Coop fédérée, Ghislain Gervais, qui participait mercredi à un déjeuner-conférence organisé à la ferme Moore, à Gatineau, où une cinquantaine d’acteurs du milieu des affaires et agricole étaient rassemblés. La visite de M. Gervais s’inscrivait dans le cadre de la Semaine de la coopération et de la tournée des régions effectuée par La Coop fédérée.

La plus importante entreprise agricole et agroalimentaire au Québec se trouve en ce moment en plein déploiement de son projet « Vision 2020 », une stratégie visant la consolidation orchestrée des coopératives à vocation agricole du réseau.

Ce nouveau modèle d’affaires prévoit la mise sur pied de grandes coopératives régionales et du même souffle la création d’un partenariat avec La Coop fédérée dans le but d’opérer sans intermédiaire.

D’ici la fin 2020, on devrait retrouver entre sept et huit coopératives régionales consolidées dans la Belle-Province, a précisé M. Gervais. Certaines coopératives qui auront fait le choix de demeurer dans le modèle d’affaires actuel poursuivront également leurs activités.

La création de Novago en avril dernier en Outaouais, regroupement résultant de la fusion de La Coop Agrodor, de La Coop Agrivert, de La Coop Profid’Or et de La Coop Univert, découle de cette métamorphose du réseau. À ce jour, Novago est devenue l’une des plus importantes coopératives québécoises, comptant dans ses rangs 2500 membres producteurs agricoles et quelque 13 000 membres consommateurs. Cette coopérative consolidée embauche 500 employés et présente un chiffre d’affaires annuel de plus de 325 millions de dollars.

« Au fil des années, les performances des coopératives étaient à la baisse, ce qui faisait en sorte qu’il y avait un risque de désintéressement des membres envers les coopératives du réseau. C’est pourquoi on a entrepris une vaste réflexion sur notre modèle d’affaires », a expliqué M. Gervais.

« On passe à un modèle d’affaires one-step contrairement au modèle d’affaires two-step que nous avons présentement. Ça fait en sorte qu’on associe la force et la fiabilité d’un grand distributeur avec des capacités nationales avec un détaillant local qui connaît très bien son marché et ses membres. Les deux ensemble nous permettent de créer une force plus grande pour les producteurs agricoles et de maintenir notre impact économique dans les régions du Québec », a poursuivi le président de La Coop fédérée.

Ghislain Gervais a profité de son passage à Gatineau pour aborder certains enjeux liés au secteur agricole, dont le sujet du nouvel Accord États-Unis–Mexique-Canada (AEUMC) conclu au début octobre. Ce dernier a dit être déçu du nouveau traité de libre-échange et soutient être de tout cœur avec les agriculteurs de l’Outaouais qui pourraient ressentir les conséquences de ce nouvel accord.

Si le Canada maintient son système de gestion de l’offre pour les produits laitiers, les œufs et la volaille, c’est tout de même une brèche de 3,25 % du marché qui est désormais ouvert aux producteurs américains, a souligné le président de La Coop fédérée.

« Au courant des deux dernières années, nous avons fait beaucoup d’initiatives à La Coop fédérée pour promouvoir la gestion de l’offre. Ce qu’on souhaitait, c’était une protection intégrale du système et malheureusement, il y a une ouverture supplémentaire des marchés. On va rester très vigilant dans les prochaines semaines quant aux compensations et aux mécaniques qui seront mises en place pour protéger les producteurs face à ces pertes », a indiqué M. Gervais.

Fondée en 1922, La Coop fédérée est la seule coopérative agricole pancanadienne et la 24e plus importante coopérative agroalimentaire au monde. Elle représente plus de 120 000 membres, producteurs agricoles et consommateurs regroupés dans près de 70 coopératives réparties dans plusieurs provinces canadiennes. Au total, 13 000 personnes y travaillent et son chiffre d’affaires atteint 6,3 milliards de dollars.