La SAQ a indiqué récemment à tous ses fournisseurs à travers le monde que les demandes pour des hausses de prix seront dorénavant autorisées et analysées seulement deux fois par année.

Prix des vins: la SAQ serre la vis

La Société des alcools du Québec (SAQ) serre la vis à ses fournisseurs pour maintenir une stabilité des prix sur ses bouteilles de vin.

Dans une missive transmise au mois de septembre, la SAQ indique à tous ses fournisseurs à travers le monde que les demandes pour des hausses de prix seront dorénavant autorisées et analysées seulement deux fois par année. Auparavant, la société d’État permettait annuellement aux producteurs de revoir leurs prix à la hausse à sept reprises.

«Cette mesure s’inscrit dans notre plan d’action sur les prix qui a été entamé en 2016», avance au Soleil Renaud Dugas, responsable des communications à la SAQ. «Les hausses vont être analysées [à l’automne et au printemps] et il va y avoir des critères bien précis. On va s’assurer de négocier de façon la plus serrée possible», poursuit-il.

Afin d’éviter une hausse drastique des prix sur un produit, la SAQ indique que l’un des critères sera que «le pourcentage d’augmentation devra être égal ou inférieur au taux d’inflation du pays d’origine» au cours de la dernière année. Le coût net devra aussi être égal ou inférieur aux autres régies des alcools canadiennes, «afin d’avoir les prix de détail les plus compétitifs sur le marché».

Une «bonne nouvelle»

Pour le chroniqueur de vin et éditeur du magazine Web vinquebec.com, Marc André Gagnon, l’initiative de la SAQ est une bonne nouvelle pour le portefeuille des consommateurs.

«Auparavant, la SAQ semblait inciter ses fournisseurs à hausser leurs prix régulièrement et progressivement. C’est comme ça que certains producteurs le comprenaient. Maintenant, c’est autre chose. Il faut offrir les meilleurs prix pour maintenir l’offre. Donc, maintenant, les prix vont suivre les hausses de coûts de production, l’inflation et non une spirale de hausses incessantes», dit-il. «Dernièrement, les régulières hausses de prix avaient découragé les consommateurs et les ventes de vin stagnaient», poursuit-il.

Pour les demandes d’ajustement de prix à la baisse, «elles seront toutes acceptées», précise la société d’État. Les productions pourront faire une demande officielle à neuf reprises durant l’année.

Afin d’abaisser ses prix au même niveau que ceux de l’Ontario, depuis novembre 2016, la SAQ a diminué de 1,40 $ le tarif de 1600 produits vendus dans les succursales et les agences. Au printemps, le président et chef de la direction de la SAQ, Alain Brunet, avait affirmé à différents médias que d’autres diminutions de prix étaient au programme. Il n’avait toutefois pas voulu s’avancer sur une date précise. 

«Nous avons un plan sur trois ans. On travaille toujours très fort pour avoir une stabilité dans les prix de détail et être bien positionné dans le marché. Les trois baisses se sont faites rapidement, car nous avions été en mesure de dégager une marge de manœuvre», conclut M. Dugas.

Pour le premier trimestre de son exercice 2017-2018, la SAQ a réalisé des ventes de 698,8 millions $, une croissance de 8 millions $ (1,2 %) par rapport à l’exercice précédent. Elle a enregistré un bénéfice net de 232,1 millions $, soit une baisse de 3,1 %.