L'enjeu majeur à Washington en ce moment serait celui des baisses d'impôts.

Priorité numéro un à Washington: les baisses d’impôt, pas l’ALÉNA

WASHINGTON —Un législateur américain a laissé tomber une remarque cette semaine qui illustre comment l’Accord de libre-échange nord-américain (ALÉNA) n’est pas la priorité économique numéro un à Washington ces jours-ci, éclipsé par un autre enjeu majeur.

Cet enjeu est celui des baisses d’impôt.

Alors que les voisins des États-Unis se demandent si le Congrès américain adoptera une position publique ferme contre l’abandon de l’accord de libre-échange à trois pays, un commentaire candide de la part de Chris Collins a indiqué clairement qu’un autre dossier économique donne des sueurs froides à certains élus.

Le républicain a reconnu être pressé par ses donateurs politiques à adopter une série imposante de baisses d’impôt, qui réduiraient les taux d’imposition pour les entreprises et pour la plupart des Américains et accorderaient aux plus riches des bénéfices majeurs en éliminant l’impôt successoral.

« Mes donateurs affirment essentiellement, “Faites-le ou ne m’appelez plus jamais” », a affirmé le membre du Congrès à New York et partisan de la première heure de Donald Trump.

Ce commentaire a fait dire à des opposants qu’il démontrait que les priorités républicaines sont directement liées à leurs riches donateurs. Mais cela a aussi souligné un élément évident pour les pro-ALÉNA : actuellement, l’attention du Congrès est ailleurs.

Une délégation canadienne en visite l’a bien noté.

« Dans chaque conversation que nous avons eue avec des gens, ils ont indiqué clairement qu’il y avait beaucoup d’autres dossiers sur la table qui sont importants. La réforme fiscale est un grand enjeu — cela a été clair », a affirmé le député fédéral Bob Nault, qui a orchestré une visite à Washington du comité des affaires étrangères de la Chambre des communes.

Le même message est venu du lobby d’affaires à Washington. M. Nault a soutenu que ce lobby soutient assurément l’ALÉNA, mais ne veut pas trop faire de remous : « Il y a un autre enjeu sur lequel la communauté d’affaires est du côté de M. Trump — la réforme de l’impôt. (Leur attitude est) “nous ne voulons pas en quelque sorte mordre la main qui nous nourrit”. »