La question à 100 $ : lequel de L’annuel de l’automobile ou du Guide de l’auto est le meilleur? La réponse risque de décevoir, il n’y en a aucun qui est meilleur que l’autre. Cela dépend où se situent nos intérêts.

Pour satisfaire les passionnés d’autos

ANALYSE/ Plus qu’à temps pour Noël, les deux ouvrages sont sortis depuis la fin de l’été, L’annuel de l’automobile 2018 avec RPM et Le guide de l’auto sauront sûrement satisfaire l’ami ou le parent passionné d’automobiles. Ou celui qui songe à magasiner une nouvelle voiture bientôt...

Phénomène unique au Québec, ces deux livres sur l’automobile — il y en a déjà eu trois, il n’y a pas si longtemps — demeurent tout aussi populaires, si on se fie aux commentaires de leurs éditeurs respectifs.

La question à 100 $ : lequel des deux est le meilleur? La réponse risque de décevoir, il n’y en a aucun qui est meilleur que l’autre. Cela dépend où se situent nos intérêts.

Même si L’annuel et Le guide ont tous deux le même but, soit d’informer, on pourrait avancer que le premier s’adresse un peu plus à ceux qui magasinent et le second plus aux passionnés. Et encore là, il y a des recoupements. 

Points en commun

Évidemment, les deux livres proposent des points en commun : plus de 250 véhicules essayés, une section sur les meilleurs achats selon les rédacteurs, les concepts et les futurs modèles qui devraient arriver sur le marché, ainsi qu’une liste de prix des véhicules neufs. 

Tout de même, chacun des deux livres présentent des particularités qui les différencient clairement.

Dans Le guide de l’auto (le 52e), on part en grand avec un dossier sur l’Aston Martin Valkyrie de Gabriel Gélinas. On conclut avec un dossier sur les 65 ans de la Corvette d’Alain Morin. Il s’agit aussi du seul livre qui présente des statistiques complètes sur les véhicules, de quoi animer les conversations des mordus de l’automobile pendant les soupers des Fêtes, trois matchs comparatifs — les sportives, les hybrides rechargeables et les VUS compacts —, ainsi qu’un dossier sur les voitures autonomes, ce qui nous attend dans le détour d’ici quelques décennies.

Quant à L’annuel de l’automobile, il se démarque avec un reportage sur l’Italie des voitures de rêve par Benoît Charette et un dossier sur Preston Tucker par Alain Raymond. Chose rare dans ce genre d’ouvrage, on y retrouve une section sur les véhicules commerciaux, rédigée par Éric Lefrançois et Éric Descarries. L’annuel est le seul des deux qui propose une liste de prix des véhicules d’occasion, une liste des véhicules retirés du marché et un dossier sur l’état des voitures électriques, tout de même un dossier bien d’actualité.

Au chapitre de la présentation graphique, les deux livres se comparent. Quoique les fiches d’essais de L’annuel sont plus faciles à consulter et présentent toujours une seconde opinion pour chaque modèle. Aussi, elles affichent une icône de feux de circulation, désignant la recommandation vis-à-vis le véhicule concerné.

Benoît Charette, Éric Lefrançois, Pierre Michaud et Antoine Joubert, L’annuel de l’automobile 2018 avec RPM, Les Éditions La Presse, 704 pages, 34,95 $

Denis Duquet, Gabriel Gélinas, Marc Lachapelle et Daniel Melançon, Le guide de l’auto 2018, Les Éditions de l’Homme, 720 pages, 34,95 $

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LES VENTES SUBISSENT-ELLES LE MÊME SORT QUE LES JOURNAUX?

Pour le moment, selon les commentaires recueillis auprès des deux éditeurs de livres sur l’automobile, ils ne connaissent pas le même sort que plusieurs journaux. Les ventes demeurent au même niveau d’année en année.

Jean Lemieux, président de LC Média inc. et éditeur du Guide de l’auto, affirme qu’il ne faut pas «généraliser et mettre tous les produits imprimés dans une même catégorie». «Un journal quotidien, un hebdo local et un livre ne peuvent être comparés. Le contenant [le gros livre pesant] dans notre cas a toute son importance, il est beau, qualitatif, il se collectionne et peut facilement se partager.»

M. Lemieux qualifie le phénomène des livres sur l’auto unique au Québec, sans dire que lui — ou son compétiteur — est à l’abri d’une baisse éventuelle des ventes.

«Les gens achètent Le guide de l’auto principalement pour trois raisons : ils le collectionnent depuis longtemps, des fois depuis 52 ans [ce sont les passionnés]; le livre se donne bien en cadeau à Noël; et pour sa facilité de consultation pour les futurs acheteurs d’auto», explique-t-il. Il ajoute que Le guide de l’auto est de qualité pour son prix d’achat et qu’il peut se comparer à des magazines tels que 3 fois par jour qui ont d’immenses succès en kiosque.

«Les ventes en générales se portent bien. Nous devons par contre en donner toujours plus à nos lecteurs, faire des dossiers tels que des matchs comparatifs qui nécessitent beaucoup de travail, écrire sur des sujets pertinents dont les gens se questionnent beaucoup comme la voiture électrique, la voiture  autonome, etc.» conclut-il.

Benoît Charette, propriétaire et rédacteur en chef de L’annuel de l’automobile, se veut tout aussi nuancé. Il attribue surtout cet engouement pour un livre à un phénomène générationnel. «Notre clientèle est formée essentiellement de baby-boomers qui aiment bien avoir l’objet physique entre leurs mains. Et il n’y a pas d’équivalence sur Internet», a-t-il dit au Soleil alors que le journaliste spécialisé était au Salon de Tokyo. «Notre livre comble un certain besoin, mais je ne peux rien garantir pour l’avenir.»