Le nombre d’emplois disponibles effectue tranquillement sa remontée dans les Comtés unis de Prescott et Russell, mais le nombre de travailleurs potentiels ne semble pas suivre la même cadence.
Le nombre d’emplois disponibles effectue tranquillement sa remontée dans les Comtés unis de Prescott et Russell, mais le nombre de travailleurs potentiels ne semble pas suivre la même cadence.

Plusieurs emplois à combler, mais peu de main-d’oeuvre dans les CUPR

Le nombre d’emplois disponibles effectue tranquillement sa remontée dans les Comtés unis de Prescott et Russell, mais le nombre de travailleurs potentiels ne semble pas suivre la même cadence.

«C’est une situation qui est réelle», souligne Carole Muise, agente de communications au Centre de services à l’emploi de Prescott-Russell (CSEPR), qui constate que l’offre dépasse actuellement grandement la demande.

Plus de 350 offres sont présentement affichées sur le portail du CSEPR, dont 275 sont des emplois à temps complet.

Alors que l’Ontario se déconfine et que l’économie reprend peu à peu du poil de la bête, Mme Muise s’étonne que tant d’emplois peinent à être comblés. Le taux de chômage avoisine d’ailleurs actuellement les 10% dans l’est de l’Ontario, selon les dernières données du gouvernement fédéral.

«Ce qu’on pense, c’est que [c’est dû au fait que] la Prestation canadienne d’urgence a été prolongée. Bien que l’on comprend les travailleurs d’en prendre avantage, c’est certain que ça vient un peu brouiller les cartes. Les gens préfèrent rester chez eux en sécurité, comme on nous avait demandé de le faire. Mais c’est sûr qu’avec l’économie qui rouvre, il faut que nos travailleurs reviennent travailler. On en a besoin», souligne-t-elle.


« Les gens vont devenir de plus en plus familiers avec la COVID qui, selon moi, va être là malheureusement pour un bout. Et je pense que les gens vont réintégrer le marché du travail. Je pense aussi qu’à un moment donné ils n’auront pas vraiment d’autre choix. »
Carole Muise

La pénurie de main-d’oeuvre était déjà bien présente avant la pandémie dans l’Est ontarien, rappelle Mme Muise. Mais cette fois, le problème est plutôt que les gens sont disponibles, mais réticents à emboîter le pas.

«Là on a les travailleurs disponibles à cause de la COVID, sauf qu’il y a toutes sortes de contextes qui rendent la situation complexe. Il y a des travailleurs, qui ont été mis à pied par leur employeur, qui attendent d’être rappelés».

Elle indique également croire que certaines personnes peuvent se montrer un peu plus craintives de peur d’attraper le virus, les freinant dans leur recherche de poste.

«Travailler ou non est-ce que ça nous met vraiment plus à risque? Ça dépend de ce qu’on fait dans nos temps libres ou nos passe-temps. Je crois qu’il faut que nos travailleurs reprennent le travail pour l’économie, pour la relancer».

Même si pour l’instant, la tendance semble loin d’être renversée, Carole Muise a bon espoir que la période post COVID-19 donne un peu de répit aux employeurs, qui jonglent avec la pénurie de main-d’oeuvre depuis plusieurs mois déjà.

«Les gens vont devenir de plus en plus familiers avec la COVID qui, selon moi, va être là malheureusement pour un bout. Et je pense que les gens vont réintégrer le marché du travail. Je pense aussi qu’à un moment donné ils n’auront pas vraiment d’autre choix. [...] C’est sûr que c’est difficile à ce moment-ci de se positionner et envisager ce qu’il va arriver. On ne peut pas le savoir vraiment.»