Après avoir sollicité plus de 115 acquéreurs potentiels à travers la planète dans les derniers mois sans réussir à conclure une transaction, le gouvernement du Québec s’engage à injecter au moins 2 millions de dollars par année afin d’entretenir l’usine Fortress, à Thurso, dans l’espoir qu’un jour la papetière puisse enfin trouver preneur et redémarrer ses activités.
Après avoir sollicité plus de 115 acquéreurs potentiels à travers la planète dans les derniers mois sans réussir à conclure une transaction, le gouvernement du Québec s’engage à injecter au moins 2 millions de dollars par année afin d’entretenir l’usine Fortress, à Thurso, dans l’espoir qu’un jour la papetière puisse enfin trouver preneur et redémarrer ses activités.

Plus de deux millions de dollars par année pour garder l’usine Fortress en vie

Après avoir sollicité plus de 115 acquéreurs potentiels à travers la planète dans les derniers mois sans réussir à conclure une transaction, le gouvernement du Québec s’engage à injecter au moins 2 millions de dollars par année afin d’entretenir l’usine Fortress, à Thurso, dans l’espoir qu’un jour la papetière puisse enfin trouver preneur et redémarrer ses activités.

Le ministre responsable de l’Outaouais et député de Papineau, Mathieu Lacombe, le ministre des Forêts, de la Faune et des Parcs, Pierre Dufour et le ministre de l’Économie et de l’Innovation, Pierre Fitzgibbon, en ont fait l’annonce alors qu’ils participaient mardi, à Thurso, à une rencontre portant sur la relance de l’industrie forestière dans les régions de l’Outaouais et des Laurentides, soutenant «qu’il est encore possible de donner une nouvelle vie à ce site industriel».


« Si demain matin on mettait la clé dans la porte de façon définitive, ça aurait eu des répercussions importantes pour 300 familles de la région. C’est sûr que pour moi, ce n’était pas une option de rester les bras croisés et de rester sans rien dire. »
Mathieu Lacombe

Des acteurs de l’industrie de même que des élus étaient présents à cette réunion qui se tenait au centre communautaire de la municipalité.

L’argent qui sera allongé annuellement pour l’entretien de la papetière servira essentiellement à payer les frais de chauffage et d’assurances de l’usine et à assurer la sécurité des installations. L’enveloppe, qui pourrait osciller autour de 2,5 millions de dollars annuellement selon M. Lacombe, permettra aussi d’éponger les frais reliés au traitement des eaux usées de la Ville de Thurso.

Selon le ministre Lacombe, deux options se trouvaient sur la table pour l’avenir de Fortress. Québec avait le choix entre tout abandonner ou se garder une option de relance. C’est cette dernière qui a été retenue par les instances gouvernementales.

«Si demain matin on mettait la clé dans la porte de façon définitive, ça aurait eu des répercussions importantes pour 300 familles de la région. C’est sûr que pour moi, ce n’était pas une option de rester les bras croisés et de rester sans rien dire. [...] Quand on regarde ce qui s’est passé à Lebel-sur-Quévillon, on peut garder espoir. Dans leur cas, l’usine a été fermée pendant près de 25 ans et elle a redémarré ensuite, donc ce n’est pas de la fiction de penser qu’on va pouvoir redémarrer Fortress, mais à l’heure où on se parle aujourd’hui, il n’y a pas d’acheteur. On voudrait bien en trouver, mais il n’y a tout simplement personne au monde qui souhaite acheter Fortress. [...] Le marché et les coûts d’approvisionnement font en sorte que personne ne veut se lancer. Comme gouvernement, on avait deux choix, soit mettre la clé dans la porte de façon définitive en détruisant l’usine et en construisant un parc ou bien on mettait de l’argent sur la table pour préserver cette usine qui vaut des centaines de millions de dollars pour être prêt la journée où quelqu’un voudra la repartir», a affirmé Mathieu Lacombe, en entrevue téléphonique avec Le Droit, pour justifier la décision de son gouvernement.

En arrêt depuis octobre 2019, l’usine Fortress avait dû suspendre sa production en raison d’un surplus d’inventaires et de la chute du prix de la pâte cellulosique sur le marché mondial. Québec avait consenti un prêt de 8 millions de dollars à Fortress Global afin d’aider temporairement l’entreprise, lors de la fermeture, avant d’annoncer en novembre la création d’une cellule d’intervention sur la vitalité de l’industrie forestière dans les régions de l’Outaouais et des Laurentides, dans le but de trouver des solutions durables afin de garantir la pérennité de ce secteur d’activités. Des élus, fonctionnaires et représentants d’entreprises siègent au sein de ce groupe de travail.

Lors de la rencontre de mardi, les ministres ont d’ailleurs annoncé le prolongement des travaux de cette cellule de crise. Un rapport final devra être soumis au plus tard le 15 décembre 2020 au gouvernement.

Réformer le Régime forestier

Le maire de Thurso et préfet de la MRC de Papineau, Benoît Lauzon, qui copréside le comité de liaison de la cellule d’intervention de la crise forestière avec le maire de Mont-Laurier, Daniel Bourdon, s’est dit encouragé par les annonces faites par le gouvernement et par les discussions ayant eu lieu autour de la table.

Selon M. Lauzon, la solution durable pour assurer la relance de Fortress et la pérennité de l’industrie forestière dans la région passera de toute évidence par une refonte du régime forestier instauré en 2013, lequel a fait bondir les coûts d’approvisionnement en bois de 30%. En attendant, le comité de liaison réclame une mesure exceptionnelle de 2000$ par hectare de coupes au gouvernement afin de compenser l’augmentation de coûts des dernières années pour les forestières. La requête a de nouveau été déposée auprès du ministre Dufour, mardi.

«Si Fortress ne repart pas, l’ensemble des industries forestières en Outaouais n’est pas viable. Fortress est un consommateur d’environ 1 million de mètres cubes de pâte de bois dur et il n’y a personne d’autre qui est capable de prendre ça en Outaouais. Est-ce qu’on va prendre la richesse naturelle de notre territoire et l’envoyer dans d’autres régions du Québec pour créer des emplois ailleurs? Nous, nous sommes contre ça et l’objectif premier est de repartir le plus rapidement possible cette usine-là et nous sommes conscients des enjeux. Nous sommes conscients que modifier le régime forestier, c’est modifier une loi et que c’est un processus long. C’est pourquoi on demande sur le court terme une aide financière temporaire de 2000$ de l’hectare pour la prochaine année de coupes forestière, en attendant de mettre des mesures en place sur le long terme», a affirmé M. Lauzon.