Planchers Lauzon: une vision internationale

Avec un volume d'affaires frôlant les 150 millions de dollars et une palette d'exportation qui colore les quatre coins du globe, Planchers Lauzon célèbre ces jours-ci son 32e anniversaire de fondation. Rencontre avec le président et créateur de l'entreprise, David Lauzon, dont la vision a permis à travers les années d'asseoir les bases de l'un des cinq plus importants fabricants de planchers de bois franc haut de gamme en Amérique du Nord.
«Le sens des affaires, ça toujours été inné chez moi. Je viens d'une famille qui était dans les affaires puis quand j'étais jeune, je cherchais toujours à vendre quelque chose», raconte candidement David Lauzon, assis dans la salle de conférence du siège social de son entreprise à Papineauville, à un jet de pierre de la sortie 205 de l'autoroute 50.
«Il faut dire que mon grand-père qui est décédé quand j'étais très jeune avait eu une scierie. C'était peut-être dans mes gênes», insiste-t-il, à propos de son parcours d'entrepreneur.
Plancher Lauzon.17-01-31 Photo: Simon Séguin-Bertrand, LeDroit
L'histoire à succès de Planchers Lauzon a pris forme en 1983. David Lauzon n'était âgé que de 18 ans à l'époque. Étudiant en sciences pures au Cégep, il s'était enrôlé dans un emploi d'été pour le compte d'un dénommé Robert Ribeyron, industriel bien connu dans la Petite-Nation. Ce dernier embauchait des gens pour construire une scierie dans la région. C'est un peu là que tout a commencé pour M. Lauzon. «J'ai tout de suite vu l'occasion d'affaires», lance celui dont la société embauche aujourd'hui un peu plus de 600 employés à travers la Belle Province, par l'entremise de ses huit usines.
C'est ainsi qu'en février 1985, le jeune adulte qui venait de sortir des bancs d'école a fondé la société David Lauzon Ltée., grâce à un investissement de 5000$ qui allait servir à faire l'achat de billes de bois destinées au sciage. Pendant la première année d'opération, l'entreprise se concentre seulement sur la transformation primaire du bois.
«Mon premier client a été Théo Mineault. On m'avait acheté une belle charge de bois et c'est comme ça que ç'a démarré», précise le dirigeant. 
Une chaîne de A à Z
En 1986, Planchers Lauzon a commencé la fabrication de planchers. «Le but était de se rapprocher du consommateur ultime», fait valoir l'homme d'affaires.
Peu à peu, Planchers Lauzon a installé les bases de sa structure «verticale». Dès 1996, la société a fait l'acquisition d'une dizaine de scieries un peu partout au Québec.
Le président-directeur général de Planchers Lauzon, David Lauzon
Cette philosophie de la structure «verticale» est venue en quelque sorte mettre la société à l'abri des impondérables du marché. La compagnie se charge de toutes les étapes du procédé, de la cueillette du bois en forêt à la coupe, jusqu'à la transformation de produits à valeur ajoutée. 
C'est littéralement 100% de l'arbre récolté en forêt qui est utilisé. Les planchers certifiés verts sont ensuite livrés en Amérique du Nord - qui représente 80% du marché de la société - et outre-mer, en Asie, en Europe et au Moyen-Orient. On retrouve les produits Lauzon dans des immeubles de partout dans le monde.
«Le coût le plus important, c'est la fibre de bois. Si tu n'es pas en mesure d'avoir une structure de fiabilité au niveau de l'approvisionnement et des coûts, il est bien difficile d'aller prendre des risques supplémentaires au niveau de l'activité industrielle et du développement de marché», explique M. Lauzon à propos de cette stratégie de production qui exige une charge de travail hors de l'ordinaire. 
«Ça demande beaucoup de ressources, beaucoup de capitaux parce que notre cycle commence quand on investit pour faire construire le chemin en forêt. En étant l'opérateur forestier, on supporte aussi les autres bénéficiaires qui ne font pas la coupe en forêt, les papetières et les utilisateurs du résineux ou du peuplier. Nous sommes l'un des piliers de toute la grappe forestière industrielle de l'Outaouais», illustre l'entrepreneur de 52 ans.
Une vision
La clé pour durer pendant plus de trois décennies dans ce secteur d'activité réside dans la «vision», selon M. Lauzon. «Il faut être en mesure de voir cinq à dix ans à l'avance et de s'assurer de tirer le plus juste possible. Ça prend des gens engagés et passionnés pour l'exécution de cette vision», dit celui qui voit un avenir florissant pour Planchers Lauzon.
Tout n'est pas toujours rose cependant, le dossier du volume d'approvisionnement de bois à l'usine de Thurso étant un bon exemple du genre de défi auquel l'entreprise a dû faire face ces dernières années. Depuis l'entrée en vigueur en 2013 du nouveau régime forestier québécois, les conditions d'approvisionnement représentent une pomme de discorde entre la compagnie et le gouvernement.
En 2007, l'usine Lauzon de Thurso a été modernisée à coups de dizaines de millions pour en faire la plus importante scierie de bois feuillu au Canada en termes de production. Cet investissement était conditionnel à ce qu'un volume annuel de bois de l'ordre de 210 000 mètres cubes soit octroyé à l'entreprise. 
En 2013, le volume a été abaissé à 120 000 mètres cubes avant d'être rehaussé à 158 000 mètres cubes en 2016. Le dossier est toujours sur la table de négociations à Québec, note M. Lauzon.
«Nous ne pouvons pas tenir l'usine de Thurso au maximum de sa capacité avec ces quantités et ça n'assure pas la croissance. Nous, ce que nous disons au gouvernement, c'est respectez votre engagement. Nous sommes en attente de revenir à des niveaux antérieurs. L'avenir nous le dira», indique l'homme d'affaires.