Depuis la mi-novembre, Planchers Lauzon a cessé ses coupes dans les forêts publiques québécoises, ce qui a entraîné la mise à pied de 165 travailleurs forestiers.

Planchers Lauzon se tourne vers l’Ontario

Faute de pouvoir s’approvisionner du côté québécois, l’entreprise Lauzon Planchers de bois exclusifs entamera dès la semaine prochaine des opérations partielles de coupes dans les forêts publiques de l’Ontario, dans un secteur situé à l’ouest de la Ville de Pembroke, ce qui devrait permettre à sa scierie de Thurso, où 113 employés sont sans travail depuis jeudi, de redémarrer ses activités en mars ou avril.

Alors que l’Outaouais vit présentement une crise forestière sans précédent, le président et directeur général de Lauzon Planchers de bois exclusifs, David Lauzon, confirme qu’une entente d’approvisionnement a été conclue avec le ministère des Richesses naturelles et des Forêts de l’Ontario, dans les derniers jours.

Depuis la mi-novembre, l’entreprise dont le siège social est basé à Papineauville a cessé ses coupes dans les forêts publiques québécoises, ce qui a entraîné la mise à pied de 165 travailleurs forestiers.

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Trois équipes de l’entreprise seront ainsi déployées dans la province voisine à compter de la semaine prochaine. Une trentaine de travailleurs forestiers pourront donc retourner à leur poste dans les prochains jours afin de conclure l’actuelle saison de coupe qui prendra fin dans les trois prochains mois, d’ici le début du dégel.

« Nous sommes bien chanceux d’avoir trouvé ce plan B. Pour eux, c’est une solution parce qu’il y a de la disponibilité dans leurs forêts. Ils ont des surplus de bois et il n’y a pas suffisamment d’équipes en Ontario pour récolter le bois de façon efficace », explique M. Lauzon.

La scierie relancée au plus tard au printemps

Victime collatérale de la fermeture de Fortress Global, en octobre, Lauzon Planchers de bois exclusifs vendait la totalité de ses copeaux à l’usine de Thurso qui transformait ce bois de trituration en pâte dissolvante.

M. Lauzon précise que 75 % du bois récolté en forêt québécoise est destiné à la trituration et l’autre 25 % sert au sciage. La mesure de 5,3 millions que le gouvernement du Québec a annoncé à la fin novembre et qui permet de compenser les frais additionnels engendrés par le déplacement des volumes de bois des entreprises de la région et des Laurentides vers l’usine de Domtar située en Estrie, en attendant la relance de Fortress, ne fonctionne pas pour Lauzon Planchers de bois exclusifs, soutient M. Lauzon. C’est que le volume de bois de trituration récolté par l’entreprise basée à Papineauville est beaucoup trop important.

« Cette solution avec l’Ontario ne nous permet pas de reprendre les activités de la scierie avant le mois de mars ou avril. Par contre, nous avons des discussions avec le ministère des Forêts du Québec pour nous donner des aménagements spéciaux pour au moins aller faire quelques secteurs et réduire les volumes de bois de trituration récoltés, ce qui pourrait nous permettre de renvoyer d’autres équipes en forêt québécoise. Si ça fonctionne, on pourrait repartir la scierie au début février, mais tout ça est encore en discussions », indique le PDG.

Par ailleurs, M. Lauzon affirme que si l’entente est concluante pour les deux parties d’ici la fin de l’hiver, l’entreprise pourrait conserver des équipes forestières en Ontario de manière permanente.

« Selon l’expérience, l’objectif est d’en faire une continuité année après année pour justement réduire notre dépendance à la situation de récolte en forêt québécoise. On doit trouver des façons de faire pour assurer notre continuité dans la mesure où il n’y a pas de reprise de l’usine de Fortress à Thurso », note M. Lauzon.