Pilote et Filles propose une gamme de vêtements et d’accessoires destinés aux femmes qui exercent des métiers non traditionnels.

Pilote et Filles: déjà une décennie à habiller les femmes

Il y a 10 ans, des bottes roses et des gants de construction manucurés apparaissaient sur les tablettes. Derrière les produits se trouvaient Marie-Lise Pilote et sa volonté d’offrir des vêtements de construction adaptés aux femmes, mais aussi de légitimer leur place dans les milieux non traditionnels.

Pilote et Filles célèbre une décennie d’existence. Pour souligner l’anniversaire, Marie-Lise Pilote entreprend une tournée à travers le Québec, qui s’amorcera chez elle, au Saguenay–Lac-Saint-Jean.

« Je voulais faire quelque chose pour les 10 ans de la marque et je voulais que ce soit en lien avec la mission de la collection, explique Marie-Lise Pilote, au cours d’un entretien téléphonique. À l’époque, j’avais mis sur papier les raisons pour lesquelles je voulais me lancer dans Pilote et Filles. Je voulais légitimer la place des femmes dans les milieux non traditionnels. Pour les 10 ans, ça allait de soi que j’aille à la rencontre des clientes, les femmes qui font évoluer la marque, affirme celle qui a évolué dans le milieu de l’humour. Toute ma vie, j’ai fait un métier non traditionnel. En humour, à mes débuts, il n’y avait pas d’autres femmes. »

Il y a dix ans, celle qui animait Ma Maison Rona – une émission qui permettait à deux familles de rénover une maison qui allait devenir la leur – s’est vu offrir une paire de bottes roses par Claude et Philippe Bernadet, de Paragone. « Je me suis dit que c’était des bottes de gars déguisées en bottes de fille. Elles étaient simplement roses. »

Quelque temps plus tard, l’animatrice leur proposait de lancer toute une collection de vêtements réellement adaptés aux femmes. « Avant Pilote et Filles, il n’y avait rien pour les femmes. C’était une niche unique. Personne n’exploitait ça. On est des leaders en Amérique. Bien des affaires roses sont sorties ensuite, mais on reste les premiers. En 10 ans, les femmes se sont approprié la marque. Elles nous font des suggestions, nous transmettent leurs besoins. On ne pourrait rêver de mieux. Elles veulent voir la marque évoluer selon leurs besoins. »

Aujourd’hui, la marque compte plus de 80 articles différents déclinés en plusieurs couleurs et grandeurs.

Un entrepôt a été construit à Saint-Augustin-de-Desmaures afin d’accueillir les articles de Pilote et Filles.

« On a une belle gamme de vêtements. Notre objectif a toujours été de servir les femmes qui font des métiers non traditionnels et celles qui bricolent, jardinent, font du plein air. Je me suis dit que ça répondait à mon propre besoin et que j’étais une femme comme les autres. Au départ, quand j’animais Ma Maison Rona, même mes gants et mes bottes étaient pour homme. »

800 points de vente

Marie-Lise Pilote et ses associés ont voulu offrir des vêtements confortables, sécuritaires, colorés et taillés expressément pour les femmes. Chaque article porte également une touche d’humour sur son étiquette.

Pilote et Filles propose plusieurs articles colorés. Le rose demeure une couleur fort populaire.

Les articles sont créés à Saint-Augustin-de-Desmaures, dans la région de Québec. Un entrepôt a été construit spécialement pour la gamme Pilote et Filles, qui emploie 18 personnes. Les produits sont disponibles dans 800 points de vente au Québec et au Canada. Ils sont aussi vendus aux États-Unis et en Europe via la boutique Web. La marque a également un point de vente en Europe.

« On a habillé 550 000 femmes. Ça fait quand même beaucoup. Il n’y a pas une semaine qui passe sans que je reçoive des messages de femmes qui nous remercient de penser à elles. »

Pour Marie-Lise Pilote, il était donc naturel d’aller à la rencontre de ces femmes dans le cadre du 10e anniversaire.

La tournée Femmes en action, appuyée par la Commission de la construction du Québec, prendra son envol le 24 avril chez LCR Vêtements et Chaussures de Chicoutimi. Le lendemain, elle effectuera un arrêt chez Laflamme J.E. Nouveautés d’Alma.

Pilote et Filles propose des chaussures adaptées aux pieds des femmes.

« On a choisi des magasins qui tiennent notre collection depuis longtemps, des partenaires qui ont cru en nous. »

Chaque fois, les femmes sont conviées vers 17 h. Une animation de 45 à 60 minutes, des bouchées et un cocktail figurent au menu. « On profite également de l’occasion pour présenter des entrepreneurs qui sont pour la mixité en emploi et une femme qui fait un métier non traditionnel. Tout ça est entrecoupé de tirages et de présentations de vêtements. On parle aussi du côté technique. »

Pilote et Filles propose des chaussures adaptées aux pieds des femmes.

Les intéressées doivent réserver leur place dans l’onglet « Tournée Femmes en action » de la boutique Web piloteetfilles.com.

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ENTREPRENEURE ET ARTISTE

Pilote et Filles occupe Marie-Lise Pilote l’entrepreneure, ce qui n’empêche pas l’artiste de poursuivre son chemin en multipliant les projets.

« Le développement de la collection Pilote et Filles me passionne, mais ça demande beaucoup de temps, confirme Marie-Lise Pilote. J’ai tout de même plusieurs projets en parallèle. »

Il y a quelques années, Marie-Lise Pilote a fait sa dernière tournée. « Je suis allée voir si j’avais encore quelque chose à faire là-dedans. J’ai vu que ce n’était plus pour moi. À la fin de la tournée, je me suis dit que c’était fini », explique-t-elle. 

Elle a poursuivi sa route en montant des spectacles et des conférences. Elle a écrit un livre, Tout bas ou à voix haute. Elle vient également tout juste de terminer la mise en scène d’une conférence de l’athlète paralympique originaire de Jonquière Lyne Tremblay. 

En juillet, le public pourra la voir sur grand écran dans Menteur, le nouveau film d’Émile Gaudreault, son acolyte de l’époque du Groupe Sanguin. 

Elle campera Sandra, la secrétaire du personnage incarné par Antoine Bertrand. 

« J’ai eu huit jours de tournage. Pour moi, c’était rassurant d’être dirigée par Émile. Il sait ce qu’il veut et il me connaît. Il est tellement fin avec les acteurs. Il est exigeant, mais attentionné. »

En attendant, elle continue de créer, en plus d’amorcer la tournée Femmes en action. 

« Je ne m’ennuie pas de me faire applaudir. Je m’ennuie du monde. Pour moi, c’est une autre façon de rencontrer les gens. » Celle qui a été porte-parole du Salon des métiers d’art du Saguenay–Lac-Saint-Jean pendant quelques années aime créer de ses mains. 

« Je rêve d’une installation en arts visuels. Je suis une artiste ; j’ai besoin de travailler de mes mains, de créer. J’ai toujours eu l’impression que si je n’avais pas bifurqué en humour, ma place aurait été aux beaux-arts. »