Les négociations sont «au point mort» entre le gouvernement fédéral et l’Alliance de la fonction publique du Canada depuis le rejet, vendredi dernier, de l’offre de dédommagement pour les ratés du système de paie Phénix.

Phénix: les négos avec l’AFPC au point mort

MONTRÉAL — Les négociations sont «au point mort» entre le gouvernement fédéral et l’Alliance de la fonction publique du Canada depuis le rejet, vendredi dernier, de l’offre de dédommagement pour les ratés du système de paie Phénix.

Cette offre du gouvernement fédéral, présentée après deux années de négociation, avait été rejetée par l’AFPC, qui est la plus grande organisation syndicale de fonctionnaires fédéraux au pays. Elle compte 190 000 membres, dont 140 000 fonctionnaires fédéraux. Au Québec, elle est affiliée à la FTQ.

L’offre avait toutefois été acceptée par d’autres syndicats, comptant beaucoup moins de membres, à une exception près. L’Institut professionnel de la fonction publique du Canada, aussi affilié à la FTQ au Québec, fait partie de ceux qui l’ont acceptée et ce syndicat compte tout de même 57 000 membres au pays.

L’offre équivaut à cinq journées, soit 1,25 jour de congé par année pour quatre ans, à titre d’indemnité générale versée à tous les membres des syndicats payés par le biais du système de paie Phénix.

«Une gifle»

L’Alliance de la fonction publique du Canada juge dérisoire l’offre fédérale, compte tenu de la gravité des répercussions sur ses membres, de la durée des problèmes et du nombre de personnes touchées.

Au cours d’une entrevue jeudi, Yvon Barrière, vice-président exécutif pour le Québec à l’AFPC, a expliqué pourquoi l’Alliance a refusé l’offre, contrairement à d’autres.

«Certains reconnaissent que la somme n’est pas énorme, mais ils la voient comme une compensation symbolique. Mais en ce qui nous concerne à l’AFPC, on ne veut pas d’une compensation symbolique, on veut d’une réelle compensation pour les torts financiers et les dommages moraux que nos gens ont subis depuis plus de trois ans», a-t-il dit.

«On n’a pas besoin d’aller voir nos membres (pour les consulter sur l’offre), on le sait que c’est une gifle. Nos membres le savent qu’ils ont reçu une gifle vendredi dernier», s’est exclamé M. Barrière.

Environ 270 000 fonctionnaires ont été directement touchés par les ratés de Phénix et ont subi des pertes financières.

Certains n’ont pas été payés pendant un certain temps, d’autres ont eu un trop-perçu et ont dû rembourser, d’autres n’ont reçu leur salaire que partiellement. Et il reste encore 240 000 dossiers à traiter, selon l’AFPC.

Depuis, les discussions entre le fédéral et l’AFPC sont «au point mort», a admis M. Barrière.

«Autant pour la négociation de la convention collective, qui est échue depuis un an pour la plupart de nos membres, que pour Phénix, on est prêt à retourner à la table de négociation», a-t-il insisté.

Ceux qui ont accepté

Les syndicats qui ont accepté l’offre ont fait valoir qu’il s’agissait d’une compensation immédiate. «Cette entente constitue une importante reconnaissance concrète de la frustration et de l’angoisse subies par chaque fonctionnaire», avaient déclaré les syndicats signataires dans un communiqué conjoint.

Les syndicats qui ont signé l’entente sont l’Association canadienne des agents financiers, l’Association canadienne du contrôle du trafic aérien, l’Association des chefs d’équipe des chantiers maritimes du gouvernement fédéral, l’Association des employés du Conseil de recherches, l’Association des juristes de justice, l’Association des pilotes fédéraux du Canada, l’Association des professeurs des collèges militaires du Canada, l’Association professionnelle des agents du service extérieur, le Conseil des métiers et du travail des chantiers maritimes du gouvernement fédéral (est et ouest), la section locale 2228 de la Fraternité internationale des ouvriers en électricité, l’Institut professionnel de la fonction publique du Canada et la section locale 87-M.