« Dans un monde idéal, le Québec n’aurait pas besoin de péréquation », a déclaré d’entrée de jeu le premier ministre Couillard.

Péréquation: le Québec ne peut que réduire sa dépendance, selon Couillard

QUÉBEC — Le Québec doit se contenter de faire des gains à court et moyen terme pour diminuer sa dépendance envers la péréquation fédérale, parce qu’on ne peut prévoir le jour où il sera moins pauvre que ses voisins, a laissé entendre le premier ministre Philippe Couillard mercredi.

Il commentait les données les plus récentes selon lesquelles son gouvernement touchera pas moins de 11,7 milliards $ d’Ottawa en péréquation en 2018-2019, en plus d’écorcher au passage son adversaire caquiste François Legault.

En début de semaine, au terme d’une rencontre avec ses homologues provinciaux, le ministre fédéral des Finances, Bill Morneau, a annoncé le versement de cette enveloppe, supérieure de 700 millions $ à ce que le Québec avait estimé.

« Dans un monde idéal, le Québec n’aurait pas besoin de péréquation », a déclaré d’entrée de jeu le premier ministre au cours d’une conférence de presse dans un musée de Québec.

L’écart de richesse qui sépare le Québec des provinces riches est encore trop grand, toutefois, pour espérer le combler, a-t-il évoqué.

« Contentons-nous de fixer l’objectif à court terme et moyen terme, sur des gains, où cet écart se diminue, a-t-il poursuivi. (...) Il faut juste qu’on continue à rogner sur la différence, mais cela ne se fera pas du jour au lendemain. »

Il a soutenu que « personne n’est capable de donner d’échéancier » visant à mettre fin à la dépendance du Québec, contrairement à ce qu’affirme son adversaire François Legault, qui veut arriver à la « péréquation zéro » en un mandat d’un éventuel gouvernement caquiste.

C’est un « engagement un peu rapide », a ironisé M. Couillard. Le Québec devrait, pour y arriver, augmenter son PIB de 60 à 80 milliards $ supplémentaires, pendant que les autres provinces n’enregistreraient aucune croissance, a avancé le premier ministre.

La péréquation est ce mécanisme fédéral par lequel les provinces les plus pauvres reçoivent du financement pour offrir à leurs citoyens des services équivalents à ceux des provinces plus riches. Il est calculé en fonction du nombre d’habitants. Le programme est révisé tous les cinq ans et il doit l’être avant la fin de l’exercice financier 2019-2020, le 31 mars 2020. Comme il s’agit d’un programme fédéral, Ottawa peut le réviser unilatéralement.

Selon la formule actuelle, Ottawa a reversé cette année 18 milliards $ au Québec, au Manitoba, à la Nouvelle-Écosse, au Nouveau-Brunswick, à l’Île-du-Prince-Édouard et à l’Ontario. Les quatre autres provinces n’ont rien reçu, notamment en raison de leurs revenus élevés tirés des hydrocarbures.

Compte tenu de sa population plus importante, c’est le Québec qui s’est taillé la part du lion en 2017-2018, avec 11 milliards $  en péréquation. Cependant, il est cinquième sur six provinces une fois l’enveloppe de péréquation divisée par habitant.