La situation est préoccupante dans les écoles de la Commission scolaire du Pays-des-Bleuets.

Pénurie d'enseignants: la région n’est pas épargnée

À l’instar de Montréal, la région se dirige tout droit vers une pénurie d’enseignants. En cette période de rentrée, la situation est particulièrement critique dans des spécialités comme l’anglais, les mathématiques, la musique et le français. Les banques de suppléants sont pratiquement vides dans trois commissions scolaires sur quatre.

Il s’agit d’un revirement de situation au Saguenay-Lac-Saint-Jean, alors qu’il y a quelques années à peine, le Royaume comptait trop de profs pour le nombre de postes disponibles. Il y a moins de dix ans, des enseignants qualifiés pouvaient passer 15 ans sur la liste de suppléance avant d’obtenir un poste permanent et devaient se contenter de tâches incomplètes et de remplacements sur appel. Aujourd’hui, les listes sont pratiquement vides et certaines commissions scolaires arrivent à peine à combler leurs besoins.

À la Commission scolaire du Pays-des-Bleuets, la situation est criante. Le directeur général, Sylvain Ouellet, n’hésite pas à parler de pénurie. Interviewé jeudi, veille de la rentrée dans le Haut-du-Lac, le DG a indiqué que 99 pour cent des besoins et des tâches avaient été comblés, non sans pirouettes. Des profs en préscolaire primaire qui ne sont pas spécialisés doivent dispenser des cours d’anglais, par exemple. Les listes de priorités ont été épuisées et déjà, les banques de suppléants sont « très minces ».

Tous les postes à plein temps sont comblés dans les commissions scolaires Lac-Saint-Jean, Rives-du-Saguenay et De La Jonquière.

« On a déjà besoin d’utiliser les suppléants et on est conscients que les remplacements en cours d’année scolaire risquent d’être problématiques. Du point de vue des ressources humaines, notre plan B tournera autour du recrutement », dit Sylvain Ouellet. Mais encore faut-il que des candidats se manifestent. À la faculté d’enseignement de l’UQAC, le nombre de finissants en enseignement préscolaire primaire a considérablement chuté, au cours des dernières années, pointe Sylvain Ouellet.

« Il y a des besoins pour d’autres types de professionnels, mais c’est vraiment en enseignement que les besoins sont les plus urgents. Nous avons des mesures d’urgence pour pallier la situation si nous n’avons pas assez de profs. Pendant de très courtes périodes, d’autres membres du personnel pourraient donc être appelés à remplacer », signale le directeur général, qui ajoute que la pénurie de main-d’œuvre généralisée en région n’est pas étrangère à cette situation. De plus, la profession enseignante, gratifiante, mais exigeante, n’a peut-être pas été suffisamment valorisée au cours des dernières années. Le domaine est aussi majoritairement féminin, ce qui fait en sorte que des profs s’absentent pour des congés de maternité.

La situation géographique des régions représente un autre défi. Plus les commissions scolaires sont loin des universités, plus le recrutement devient complexe.

« Nous sommes dans une situation très préoccupante. On est dans une pénurie. Il ne faut pas avoir peur des mots. Mais on travaille fort sur le recrutement et on a confiance qu’on pourra trouver des solutions », poursuit Sylvain Ouellet.

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DES SITUATIONS FRAGILES

La situation de la main-d’œuvre enseignante est aussi « très fragile » à la Commission scolaire du Lac-Saint-Jean, si l’on se base sur l’état de fait livré par le porte-parole, Daniel Migneault. 

La collègue Laura Lévesque en faisait d’ailleurs état dans les pages du Quotidien dès janvier. 

« Pour la rentrée 2018-2019, tous nos postes sont comblés avec 456 équivalents temps-plein. Le recrutement n’est pas facile, surtout dans des matières du secondaire et en musique, anglais, mathématiques et français. Tous les postes de titulaires sont comblés, mais c’est plus difficile avec les banques de suppléants. À court terme, ça devrait aller, mais s’il y a plusieurs absences prolongées en cours d’année qui n’étaient pas prévues, ça risque d’être difficile. On n’est pas à l’abri de ces absences prolongées », convient Daniel Migneault. 

Même son de cloche à la Commission scolaire des Rives-du-Saguenay, où la responsable des relations avec les médias, Claudie Fortin, dresse un portrait préoccupant.

« Le portrait exact sera seulement connu après le 13 septembre. Mais déjà on voit que c’est serré au niveau des banques de remplacement. Il faudra voir comment nous allons traiter les demandes de congés au niveau des ressources humaines au courant de l’année. Il y aura certainement un traitement plus approfondi des demandes de congé ou de diminution de tâche », explique-t-elle. À Jonquière, la porte-parole Marie-Ève Desrosiers a indiqué que tous les besoins sont comblés et qu’il n’y a pas de pénurie d’enseignants.