La loi spéciale, qui avait mis fin à la grève, le 30 mai dernier, donnait à l’Alliance syndicale et aux associations patronales concernées jusqu’au 30 octobre pour conclure une entente de principe, en médiation.

Pas d’entente à l’échéance de la loi spéciale

À quelques heures de l’échéance prévue par la loi spéciale qui avait mis fin à la grève dans l’industrie de la construction, aucune entente n’était intervenue pour renouveler les conventions collectives dans les secteurs industriel et commercial-institutionnel.

Or, à 16h30 lundi, les parties étaient encore assises à la table, en médiation, ont-elles confirmé à La Presse canadienne. Elles ont jusqu’à 23h59 pour s’entendre.

Avant l’échéance du 30 octobre, l’Alliance syndicale avait tout de même réussi à s’entendre avec l’Association des professionnels de la construction et de l’habitation (APCHQ) pour ce qui est de la construction résidentielle et avec l’Association des constructeurs de routes et grands travaux (ACRGTQ) pour ce qui est du génie civil et de la voirie.

Mais les deux autres secteurs, à savoir l’industriel et le commercial-institutionnel, n’y étaient toujours pas parvenus lundi. Ils ont donc négocié toute la journée, lundi, dans l’espoir de conclure.

L’Association de la construction du Québec, soit l’association patronale qui négocie les conventions collectives pour ces deux secteurs, représente quelque 17 000 entrepreneurs qui emploient quelque 120 000 travailleurs.

Jointe au téléphone, l’ACQ n’a pas voulu émettre de commentaires, disant vouloir donner toutes les chances à la négociation jusque tard en soirée, s’il le fallait.

Le message était le même du côté de l’Alliance syndicale: on discute toujours.

Arbitre

La loi spéciale prévoit qu’à défaut d’une entente, c’est un arbitre ou un conseil d’arbitrage qui devra déterminer les conditions de travail. Il appartiendra à la ministre du Travail, Dominique Vien, de déterminer les matières qui devront faire l’objet de l’arbitrage.

La loi spéciale donne des balises strictes à l’arbitre. Ainsi, il devra baser sa décision sur «la capacité de payer des donneurs d’ouvrage, les conditions de travail et l’évolution des taux de salaire de corps d’emploi comparables au Québec et ailleurs au Canada, le maintien du pouvoir d’achat des travailleurs de l’industrie de la construction, l’équilibre entre le besoin de flexibilité dans l’organisation du travail et les contraintes occasionnées par des horaires variables».

L’arbitre devra rendre sa sentence d’ici le 30 avril prochain. Et celle-ci sera en vigueur jusqu’au 30 avril 2021.

L’Alliance syndicale regroupe toutes les organisations syndicales de l’industrie, soit, par ordre d’importance: la FTQ-Construction, le Conseil provincial du Québec des métiers de la construction (International), le Syndicat québécois de la construction, la CSD-Construction et la CSN-Construction.

L’industrie de la construction dans son ensemble compte quelque 165 000 travailleurs.