Bill Morneau croit que le Canada doit se positionner à court terme et à long terme, ce que l’amélioration des perspectives économiques permet au gouvernement de faire.

Ottawa doit planifier à court et à long terme

Le ministre des Finances, Bill Morneau, a pris la défense de son plus récent budget fédéral, mercredi, en s’attardant aux critiques qui lui reprochent de ne pas en faire assez pour protéger le Canada des menaces à court terme qui pèsent sur sa compétitivité.

Dans un discours prononcé devant l’Economic Club of Canada, M. Morneau a indiqué qu’Ottawa se concentrerait sur des inquiétudes plus immédiates, comme l’Accord de libre-échange nord-américain (ALÉNA) et les baisses d’impôts des entreprises américaines, tout en mettant en place des mesures pour se protéger des risques dans les affaires internes à plus long terme, comme le vieillissement de la main-d’oeuvre.

Le plan fiscal présenté mardi à la Chambre des communes était rempli de nouveaux investissements de plusieurs milliards de dollars, incluant des mesures pour augmenter la participation des femmes à la population active.

Pour régler la note de ces projets, le gouvernement libéral a utilisé une marge fiscale additionnelle d’environ 20 milliards $ dans les années à venir, qui proviendra d’améliorations économiques, d’une réaffectation des programmes d’infrastructure et de plus faibles dépenses que prévu des ministères.

M. Morneau croit que le Canada doit se positionner à court terme et à long terme - ce que l’amélioration des perspectives économiques permet au gouvernement de faire.

Lors d’une conférence de presse suivant son discours, M. Morneau a répété que son ministère étudiait toujours la question des réformes fiscales imminentes aux États-Unis. Certains chefs d’entreprises ont averti Ottawa que ces changements pourraient faire du tort à l’économie canadienne.

Dans son budget de mardi, le gouvernement libéral prévoyait toujours des déficits annuels de plusieurs milliards de dollars pendant les six prochaines années.

Le gouvernement prévoit un déficit de 18,1 milliards $ pour l’exercice 2018-19, qui sera suivi de manques à gagner progressivement moins importants d’un exercice à l’autre, pour atteindre 12,3 milliards $ en 2022-23. Ces projections, qui sont semblables à celles présentées par le gouvernement en octobre, comprennent des coussins annuels de 3 milliards $ pour parer aux risques imprévus.

Le ministre Morneau s’est aussi engagé à réduire le ratio de la dette nette par rapport au produit intérieur brut (PIB), qui est une mesure de l’endettement d’Ottawa. Le budget prévoit une réduction de ce ratio pour chaque année de la période couverte par ses prévisions.