Jean Charest, ancien premier ministre du Québec

On est loin du retrait des États-Unis, selon Jean Charest

MONTRÉAL — Malgré les menaces et le ton du président américain Donald Trump face au Canada, on est très loin du retrait des États-Unis de l’ALÉNA, estiment les anciens premiers ministres Pierre Marc Johnson et Jean Charest.

Les deux hommes ont participé, jeudi à Montréal, à une rencontre du Conseil des relations internationales de Montréal sur les grands accords commerciaux. Après un échange devant près de 300 convives, ils ont rencontré la presse.

Alors que l’échéancier approche quant aux négociations entre le Canada et les États-Unis pour renouveler l’Accord de libre-échange nord-américain, les deux hommes se sont montrés relativement optimistes.

« On est très loin à mon avis d’une situation de retrait des Américains de l’ALÉNA. On est dans la dernière semaine avant le délai imposé par les Américains. (Le délai) a été prolongé ; jusqu’à maintenant il a été prolongé pour toutes sortes de raisons. Et là, il n’y en a plus de raisons de prolonger, semble-t-il », a commenté M. Johnson.

« Supposons qu’il y a un arrêt des négociations : il y a tellement d’étapes à venir dans le système politique américain, incluant le Congrès, qui lui a donné un mandat pour trois pays, pas deux pays. Et la question de la résiliation : le président prétend, lui, qu’il peut résilier, mais le Congrès n’est pas du tout d’accord avec ça », a rappelé l’ancien premier ministre Charest.

« Ce ne sera pas automatique, autrement dit. Il n’y a personne qui, du jour au lendemain, va dire «c’est fini». L’accord va continuer de vivre », a opiné M. Charest.

Il a voulu calmer les craintes au Québec et au Canada, ajoutant qu’« il y a toujours du théâtre à la fin » de ces grandes négociations.