Nutrableu vise le cap du million de livres de bleuets

Quinze ans après sa création, Nutrableu continue d’augmenter sa capacité de production en faisant passer les ventes de 800 000 à un million de livres de bleuets sauvages frais, à moins qu’un gel hâtif ne vienne arrêter la récolte précipitamment. D’ici quelques années, l’entreprise de Normandin souhaite augmenter la production à 1,5 million de livres en perçant de nouveaux marchés en Ontario et en Nouvelle-Angleterre.

« On a investi 350 000 dollars dans le but d’augmenter notre capacité de production », lance d’emblée Martin Villeneuve, actionnaire de Nutrableu avec Dave Tremblay et Pierre-Luc Simard. Ces sommes ont permis de dédoubler le début de la chaîne de production tout en utilisant la même emballeuse.

À moins d’un gel hâtif, Nutrableu distribuera un million de livres de bleuets frais cette année partout dans la province.

Alors que les prévisions conservatrices laissaient présager une augmentation de capacité de 25 %, l’augmentation réelle s’élève plutôt à 60 %, pour le plus grand plaisir des entrepreneurs.

Malgré tout, l’entreprise souhaite y aller un pas à la fois et la croissance devrait se chiffrer à près de 25 % cette année, passant de 800 000 à un million de livres de bleuets frais livrés à l’échelle de la province. Nutrableu devrait être en mesure d’atteindre ce nouveau sommet si la récolte dure au moins six semaines. « Notre modèle d’affaires dépend de la température, comme les agriculteurs », remarque Martin Villeneuve.

Des tests de qualité sont faits quotidiennement chez Nutrableu.

Marché inexploité

Il y a 15 ans, les trois entrepreneurs avaient décidé de se lancer en affaires pour mettre en marché le bleuet sauvage frais, un marché inexploité à l’échelle de la province. En paraphant un partenariat avec Sobeys, Nutrableu avait alors vendu 100 000 livres de bleuets frais à sa première année.

Dès le départ, le principal défi de l’entreprise a été de maintenir la qualité du fruit tout au long de la chaîne d’approvisionnement. Alors que le Chili est en mesure de livrer du bleuet en corymbe, plus résistant partout sur la planète, le bleuet sauvage frais nécessite d’être traité avec soin, tout en étant produit dans de gros volumes.

Depuis quatre ans, Nutrableu travaille avec la Chocolaterie des Pères Trappistes pour distribuer des bleuets enrobés de chocolat.

« Depuis 15 ans, on a su développer un savoir-faire pour contrer les multiples contraintes techniques et opérationnelles pour livrer un produit de qualité à un prix compétitif », remarque Martin Villeneuve, avant d’ajouter que la plupart des clients préfèrent le goût du bleuet sauvage.

Les plus récents investissements réalisés chez Nutrableu ont permis d’améliorer la productivité et de réduire le prix des bleuets pour ses clients. « Ce n’est pas un secret qu’on faisait partie des chanceux, parce que Sobeys ne faisait pas une grosse marge de profit sur nos produits, estime ce dernier. C’est un produit qui est important pour eux et ils le mettent en vedette dans leur circulaire. On travaille fort pour leur offrir une meilleure marge. »

Il faut arrêter de dire que le bleuet sauvage frais n’est pas disponible au Québec, soutient Martin Villeneuve. « Ça fait quand même 15 ans qu’on fournit les IGA du Québec en bleuets frais pendant six semaines », dit-il. Sans compter que l’on retrouve beaucoup de bleuets sauvages dans les marchés indépendants et dans les marchés publics.

Même si la production a été multipliée par dix depuis 15 ans, Nutrableu estime qu’il y a encore de la place pour la croissance, notamment en Ontario et en Nouvelle-Angleterre. « Le marché de la Nouvelle-Angleterre est fort intéressant à conquérir, parce que je ne pense pas qu’il y ait d’équivalent dans le bleuet sauvage en mesure de fournir à des chaînes alimentaires, ajoute l’entrepreneur, mais on doit d’abord augmenter notre capacité de production avant de développer de nouveaux marchés ».

Des bleuets frais récolté le matin.

Ce dernier souligne par ailleurs avoir reçu plusieurs appels de gros transformateurs du Saguenay–Lac-Saint-Jean, lesquels avaient reçu des appels de clients à la recherche de bleuets sauvages frais.

Pour maintenir la qualité du bleuet dans un contexte industriel, la récolte est semi-mécanisée, alors que les cueilleurs récoltent doucement les petits fruits avec de gros peignes roulants, qui permettent d’emmagasiner la récolte.

UN PARTENARIAT GAGNANT

Pour assurer un approvisionnement stable, Nutrableu travaille avec la bleuetière coopérative de Normandin depuis ses débuts. « Ce partenariat stratégique nous permet de sécuriser notre approvisionnement, un facteur très important pour notre entreprise, soutient Martin Villeneuve. On offre un prix plus stable que ce que les producteurs vont avoir sur le marché, ce qui nous permet d’offrir une stabilité à nos clients ». 

Cette année, près de la moitié des bleuets produits par la coopérative sera achetée par Nutrableu, à un meilleur prix que ce qui est offert sur le marché. Près de 250 000 livres seront récoltées par les membres. La balance est cueillie par les 66 travailleurs étrangers saisonniers, qui œuvrent en alternance dans les champs et à l’usine. Une trentaine de travailleurs locaux travaillent aussi pour Nutrableu.

Pour maintenir la qualité du bleuet dans un contexte industriel, la récolte est semi-mécanisée, alors que les cueilleurs récoltent doucement les petits fruits avec de gros peignes roulants, lesquels permettent d’emmagasiner la récolte.