MONTRÉAL — À quelques jours d’une décision qui pourrait une fois de plus taxer les exportations de papier journal et de papiers d’impression aux États-Unis, Produits forestiers Résolu y est allé d’une nouvelle tentative dans l’espoir de convaincre le département du Commerce d’épargner les producteurs canadiens.

Nouvelle tentative de Résolu pour éviter des tarifs

À quelques jours d’une décision qui pourrait une fois de plus taxer les exportations de papier journal et de papiers d’impression aux États-Unis, Produits forestiers Résolu y est allé d’une nouvelle tentative dans l’espoir de convaincre le département du Commerce d’épargner les producteurs canadiens.

Après avoir annoncé des droits préliminaires compensatoires oscillant entre 0,65 et 9,93 % en janvier, Washington devrait faire savoir, en début de semaine prochaine, si des droits antidumping seront imposés.

Ces tarifs frontaliers font bondir le prix des exportations canadiennes de papiers non couchés et affectent, selon le gouvernement Couillard, 10 usines québécoises de Résolu, Kruger et Papiers White Birch, qui comptent quelque 2000 employés.

D’après des documents qui viennent d’être rendus publics, des représentants de la compagnie forestière québécoise se sont entretenus au début du mois avec des hauts fonctionnaires du département du Commerce.

« Résolu estime que n’importe quelle mesure punitive avantagerait Norpac de façon exagérée tout en ayant des répercussions négatives pour l’ensemble du marché américain au chapitre de la production », peut-on lire dans le résumé déposé auprès du département du Commerce.

La North Pacific Paper Company (Norpac), qui exploite une usine d’environ 260 travailleurs dans l’État de Washington, est à l’origine de la plainte. Cette entreprise est la propriété de One Rock Capital Partners, un fonds de couverture new-yorkais.

Norpac reprend les mêmes arguments avancés dans le dossier du bois d’oeuvre, affirmant que les papeteries canadiennes feraient du dumping en vendant aux États-Unis le papier journal à un prix inférieur à la valeur du marché, et qu’Ottawa subventionnerait de façon déloyale son industrie forestière.

Pour Résolu, il n’y a tout simplement « aucun précédent » qui justifie l’application de tarifs supplémentaires afin de favoriser une seule entreprise.

« Une telle conclusion signifierait que l’on accepte qu’une compagnie soit la représentante d’une industrie au grand complet, fait valoir la société québécoise. De plus, des sanctions supplémentaires vont accélérer le déclin de la production de papiers non couchés. »

Cette dispute commerciale, qui s’ajoute à celles sur le bois d’oeuvre et le papier surcalandré, fait également craindre le pire au sud de la frontière, où les éditeurs et imprimeurs risquent de devoir réduire leurs coûts et probablement procéder à des mises à pied.

Aux États-Unis, plus de 175 000 Américains travaillent pour des journaux dans de petites municipalités ainsi que dans des grandes villes. En tenant compte du secteur de l’impression commerciale, c’est 600 000 emplois qui pourraient être affectés, selon la News Media Alliance, qui représente 1100 journaux américains.

Le vice-président aux communications, au développement durable et affaires gouvernementales de Résolu, Seth Kursman, qui a participé à la rencontre, n’a pas voulu s’avancer sur la possibilité que le département du Commerce puisse épargner les producteurs canadiens la semaine prochaine.

« Il s’agit d’un dossier névralgique pour nous et Résolu a joué un rôle important pour s’opposer aux tarifs, a-t-il expliqué au cours d’un entretien téléphonique. Nous estimions qu’il était pertinent de rencontrer des membres du département du Commerce. »

Diverses associations américaines du milieu des affaires ont déjà manifesté leur opposition aux tarifs et 34 membres de la Chambre des représentants ont interpellé le secrétaire au Commerce, Wilbur Ross, en décembre afin de lui rappeler que les arguments de Norpac ne reflétaient pas ceux de l’industrie américaine du papier.

En janvier, le gouvernement Couillard avait également fait savoir que le programme d’aide mis de l’avant pour le bois d’oeuvre serait élargi aux papiers d’impression et qu’il serait présent dans le but de répondre aux besoins de liquidités et éviter des pertes d’emplois.