Le professeur Sousso Kelouwani, titulaire de la Chaire de recherche du Canada et le véhicule de marque Kia qui sert de laboratoire pour son équipe.
Le professeur Sousso Kelouwani, titulaire de la Chaire de recherche du Canada et le véhicule de marque Kia qui sert de laboratoire pour son équipe.

Nouveaux travaux sur les véhicules intelligents à l’UQTR: récupérer de l’énergie par l’optimisation [VIDÉO]

Brigitte Trahan
Brigitte Trahan
Le Nouvelliste
Trois-Rivières — Comment les nouvelles technologies de conduite autonome qui sont intégrées dans les voitures, comme les caméras et les radars, pourraient-elles servir également à économiser 20 % d’énergie?

C’est la réponse que veut obtenir un professeur du département de génie mécanique de l’UQTR, Sousso Kelouwani, avec son équipe grâce à une nouvelle Chaire de recherche du Canada en optimisation énergétique des systèmes de transport intelligent de 600 000 $ sur cinq ans qui vient de lui être octroyée.

Cette recherche revêt toute son importance, si l’on se fie aux propos du Conference Board selon lequel les bénéfices de l’autonomisation du transport, pour le Canada, représentent rien de moins que 65 milliards $, souligne le chercheur.

«Il y a un mais...», précise-t-il. Ce sont les défis technologiques qui vont de pair. «Au Canada, il y a l’hiver», fait-il valoir. «Ces technologies, pour l’instant, n’ont pas fait leurs preuves dans nos conditions climatiques», rappelle-t-il.

La Chaire que reçoit le professeur Kelouwani amorcera donc ses travaux en faisant d’abord une analyse des limites qu’ont les systèmes de perception des voitures. «Une fois qu’on connaîtra les limites, on sera en mesure, par exemple, de proposer des systèmes beaucoup plus robustes pour notre climat», explique-t-il.

Par la suite, les chercheurs pourront utiliser les mêmes systèmes pour comprendre de quelle façon l’énergie est dépensée à bord du véhicule. «Chaque seconde, on serait capable d’établir la carte de perte énergétique», explique-t-il. Cette carte fournira alors aux scientifiques des pistes qui permettront de développer des systèmes d’optimisation des dépenses énergétiques.

De gauche à droite: Daniel Cournoyer, attaché politique du ministre fédéral François-Philippe Champagne, Daniel McMahon, recteur de l’UQTR, le professeur Sousso Kelouwani, titulaire de la Chaire et Bruno Chabot, administrateur délégué du département de génie mécanique de l’UQTR.

En ce moment, explique Sousso Kelouwani, on observe dans le monde «une convergence technologique entre les systèmes de transport électrifiés et les systèmes dits intelligents», fait-il remarquer.

«Cette convergence, en plus de la robustesse du climat, va nous amener à un défi supplémentaire», prévoit-il. «Les systèmes de capteurs sur les véhicules électriques, malheureusement, contribuent à réduire leur autonomie énergétique», explique-t-il.

C’est qu’avec le système actuel, «on est obligé d’amputer quelque chose de fondamental pour le véhicule» si l’on veut améliorer une fonction.

La Chaire, dont le professeur Kelouwani est le titulaire va donc «essayer de casser ce lien», dit-il.

«Toute l’énergie qui va être utilisée par le système de perception devrait, en connaissant les différentes pertes, être récupérée par l’optimisation. Et c’est le défi qu’on se lance», dit-il.

L’équipe du professeur Kelouwani devra analyser de quelle façon l’énergie est dépensée pendant la conduite, particulièrement avec les voitures électriques. Le portrait énergétique sera alors dressé en tenant compte de ce qui est dépensé par les divers accessoires comme la climatisation, chauffage, servodirection, freinage assisté et système de divertissement, par exemple. La topologie de la route, la résistance au roulement et l’aérodynamisme feront également partie des critères analysés.

Le professeur Kelouwani explique qu’il s’agit là «d’objectifs très ambitieux, des objectifs de calibre mondial parce que laissez-moi vous dire que le problème des véhicules intelligents, ça ne fait que commencer», souligne-t-il.