Le premier ministre Philippe Couillard est favorable à l’enfouissement du tronçon de la ligne d’interconnexion Québec-New Hampshire d’Hydro-Québec qui doit traverser la forêt protégée du mont Hereford.

Northern Pass : Couillard favorable à l’enfouissement

Le premier ministre du Québec Philippe Couillard se dit favorable à l’enfouissement du tronçon de la ligne d’interconnexion Québec-New Hampshire d’Hydro-Québec qui doit traverser la forêt protégée du mont Hereford. Il dit avoir demandé au ministre responsable de ce dossier, Pierre Moreau, de tenir compte des caractéristiques de cette ligne et du consensus du milieu qui réclame unanimement l’enfouissement plutôt que la mise en place d’une ligne aérienne.

M. Couillard a fait cette déclaration jeudi midi alors qu’il était de passage au Centre d’art de Richmond dans le cadre d’une tournée de deux jours en Estrie.

Le premier ministre joint ainsi pour la première fois sa voix à celles de ses collègues Guy Hardy, député de Saint-François, et Luc Fortin, député de Sherbrooke et ministre de la Famille, qui se sont prononcés publiquement en faveur de l’enfouissement.

La déclaration du premier ministre Couillard a été faite quelques minutes après que la Coalition SOS mont Hereford eut annoncé par voie de communiqué son appui à Forêt Hereford et à la MRC de Coaticook qui réclament depuis des mois qu’Hydro-Québec accepte l’idée d’un tracé souterrain.

Invité à dire s’il était prêt à se rallier au consensus régional entourant l’enfouissement, M. Couillard a répondu qu’il n’était pas venu en Estrie pour annoncer quoi que ce soit au sujet de ce projet, mais qu’il était sensible au volet entourant l’enfouissement de la ligne.

« Ce n’est pas aujourd’hui qu’on va faire une annonce, mais je vous dirais que je voudrais être considéré comme un allié sur cette question et qu’on devrait, éventuellement, avoir de bonnes nouvelles », a précisé le premier ministre, qui dit avoir donné certaines directives en ce sens au conseil des ministres.

« J’ai demandé à Hydro-Québec, à travers le ministre responsable, qui est maintenant monsieur (Pierre) Moreau, d’écouter la population et de tenir compte des caractéristiques spécifiques de cette ligne. Je pense qu’ils ont entendu l’appel. Encore une fois, je vais m’en tenir à ça, mais je crois que vous pouvez interpréter mes paroles comme étant un signal très positif », a souligné le premier ministre du Québec.

Coalition

Quelques instants avant que M. Couillard n’exprime sa position sur le sujet, la Coalition SOS mont Hereford annonçait qu’elle appuyait finalement le tracé proposé par l’organisme Forêt Hereford inc. (FHI), même si celui-ci doit empiéter sur une partie de l’aire protégée.  

« Pour la coalition, la reconnaissance et le respect intégral des aires protégées demeurent essentiels, indique-t-elle dans un communiqué. Toutefois, en regard des contraintes physiques et des considérations sociales locales, le contournement de l’aire protégée ne semble pas envisageable selon les scénarios actuels. SOS mont Hereford estime donc que la solution de l’enfouissement de la ligne sous les chemins municipaux et forestiers existants doit être retenue par Hydro-Québec. D’autant plus que le passage d’une ligne aérienne menace l’un des plus beaux paysages protégés de la région. »

Hydro en mode solution

Invitée à réagir aux propos du premier ministre Couillard, Hydro-Québec a indiqué qu’elle était « à l’écoute du milieu ».

« Nous sommes en mode solution en tenant compte des considérations environnementales, économiques et sociales », a indiqué par courriel Lynn St-Laurent, porte-parole de la société d’État.

Selon Hydro-Québec, « l’augmentation de nos exportations représente, pour les Québécois, une source importante de rentrées d’argent. Pour la Nouvelle-Angleterre, notre hydroélectricité répond au besoin d’une énergie fiable à faible empreinte carbone, et apte à complémenter les énergies intermittentes. »

Des enjeux... en attente

Durant son passage au Centre d’art de Richmond jeudi, le premier ministre Couillard a répondu à plusieurs questions concernant des dossiers régionaux. Parmi ceux-ci : la voie de contournement ferroviaire à Lac-Mégantic, la désignation de la super-clinique de la rue King Ouest de Sherbrooke, le centre mère-enfant du CHUS.

Voici ce qu’il a répondu sur chacun de ces enjeux.

Voie de contournement de Lac-Mégantic

« Les pourparlers se poursuivent. Je n’ai rien de nouveau à vous annoncer aujourd’hui, si ce n’est qu’on veut aller de l’avant, mais on veut que le gouvernement fédéral joue un rôle. Ce n’est pas vrai que le gouvernement du Québec va agir seul dans ce dossier. Théoriquement, on pourrait dire que ce n’est pas notre juridiction, parce que c’est un chemin de fer interprovincial. On pourrait dire qu’on n’a rien à faire là-dedans, que c’est entièrement le fédéral qui doit s’en occuper. Mais si on fait ça, on va bloquer le dossier pour des années. On est disposé à jouer un rôle, mais il faut que le fédéral annonce aussi sa participation. Il y a des audiences sur les différents scénarios et je pense que ça va dans la bonne direction. Le dossier avance, ce n’est pas négatif, mais ce sont des conversations qu’il faut avoir avec le gouvernement fédéral et on les a actuellement. Et on entend bien la population face à tout ça… »

Super-clinique de la rue King Ouest

« Nous sommes très près du but. Vous savez qu’on a eu des difficultés de démarrage concernant celle dans l’Est. On voulait être certain d’avoir assis correctement la clinique de l’Est avant de commencer l’autre, pour que les gens voient que ça marche. Les super-cliniques marchent très bien partout au Québec. On voit les impacts positifs qu’elles ont eus sur les urgences. Maintenant qu’on a stabilisé celle de l’Est, ça ne devrait pas être très long avant que notre ami Gaétan Barrette (NDLR : ministre de la Santé et des Services sociaux) vienne ici pour en faire l’annonce. Il n’y a pas d’embûches, rassurez-vous. »

Futur centre mère-enfant

« Le projet évolue depuis plusieurs années. Je l’ai connu à l’époque où j’étais médecin ici à Sherbrooke. On en parlait avec le Dr Lemoine, qui était pédiatre à l’époque. Le projet a vraiment été confirmé lorsqu’on y a mis une enveloppe budgétaire à côté. On est rendu au point où hier (mercredi), j’ai vu passer le communiqué où on fait l’appel de qualification des firmes pour le réaliser (voir texte en page 13). Alors, il va être réalisé, le projet; ce n’est plus une hypothèse, c’est une certitude. Je le suis attentivement. »

Pôles d’innovation

« J’en ai parlé il y a quelque temps et ça s’en vient très bientôt : ce sont les pôles d’innovation en région. On est vraiment engagé là-dedans. Il ne faut pas que les régions ratent le train. Je peux vous dire qu’au moment où je vous parle, il y a des régions qui sont prêtes. Ce n’est pas vrai que l’innovation, c’est juste à Montréal et à Québec. On peut très bien en faire ici, chez moi au Lac-Saint-Jean, en Abitibi ou en Haute-Mauricie, chacun avec ses créneaux et son expertise. »

Le premier ministre Philippe Couillard a terminé sa première journée en Estrie en participant au cocktail-bénéfice Le Bal panaché du Musée de la nature et des sciences de Sherbrooke. Il pose ici avec le nouveau maire de Sherbrooke, Steve Lussier, Luc Fortin, ministre de la Famille et député responsable de l’Estrie, Michelle Bélanger, directrice générale du Musée de la nature et des sciences, Suzanne Bernard, présidente du conseil d’administration du musée, Guy Hardy, député de Saint-François  et Karine Vallières, députée de Richmond.