À la Bourse de Toronto, vendredi, le titre du géant québécois propriétaire d’enseignes comme Thaï Express, Tiki-Ming, Tutti Frutti et Valentine a retraité de 10 % à un certain moment, avant de clôturer à 57,75 $, en baisse de 8,7 %, ou 5,50 $.

MTY affiche des résultats en hausse mais laisse les analystes sur leur faim

MONTRÉAL — Toujours en train de digérer l’acquisition d’une chaîne de pizzerias aux États-Unis, Groupe MTY a laissé les analystes sur leur faim malgré une hausse de ses profits et revenus au troisième trimestre, ce qui a ébranlé le cours de son action.

À la Bourse de Toronto, vendredi, le titre du géant québécois propriétaire d’enseignes comme Thaï Express, Tiki-Ming, Tutti Frutti et Valentine a retraité de 10 % à un certain moment, avant de clôturer à 57,75 $, en baisse de 8,7 %, ou 5,50 $.

MTY avait élargi son empreinte au sud de la frontière en mai dernier en allongeant 255 millions $ pour Papa Murphy, qui se spécialise dans les pizzas prêtes à cuire et les plats à emporter comme des salades, des accompagnements et des desserts.

Cette chaîne compte 1300 établissements franchisés ainsi que 103 restaurants corporatifs répartis aux États-Unis, au Canada ainsi qu’aux Émirats arabes unis.

Des analystes ont surtout mis en relief la diminution de la marge bénéficiaire avant intérêts, impôts et amortissements (BAIIA), qui a fléchi de huit points de pourcentage, s’établissant à 26 % au troisième trimestre.

Ce résultat est notamment attribuable à la présence de la centaine de restaurants corporatifs Papa Murphy dans le réseau de MTY, a expliqué son chef de la direction, Eric Lefebvre.

«Avant la transaction, nous en avions une vingtaine aux États-Unis, a-t-il expliqué au cours d’un entretien téléphonique. Ces restaurants sont profitables, mais c’est sûr que cela pèse sur le pourcentage de la marge.»

Il s’agissait du premier trimestre complet dans lequel l’apport de Papa Murphy se reflétait pleinement dans les résultats de MTY.

Dans une note envoyée par courriel à ses clients, Nick Corcoran, de la firme Acumen Capital, s’est montré surpris de la saisonnalité de Papa Murphy au troisième trimestre, avec une contribution annualisée de 13 % au BAIIA.

«Cela devrait être trois fois plus élevé au trimestre suivant, a écrit l’analyste. De plus, il y a eu un impact notable du côté des établissements corporatifs sous-performants de l’enseigne Papa Murphy.»

MTY souhaite exploiter moins de restaurants, puisque l’entreprise est un «franchiseur, pas un exploitant», a souligné M. Lefebvre. Idéalement, il n’y aurait aucun établissement corporatif dans le réseau du franchiseur, mais cela est difficilement réalisable, a-t-il ajouté.

Pour la période de trois mois terminée le 31 août, le franchiseur a affiché un bénéfice net attribuable aux actionnaires de 22,9 millions $, ou 91 cents par action, en hausse de 3,6 %. Les revenus ont été de 163,6 millions $, en hausse de près de 45 %. De plus, pour la première fois, le chiffre d’affaires du réseau, qui tient compte des ventes des franchisés, a franchi la barre du milliard de dollars, s’établissant à 1,08 milliard $.

Toutefois, les analystes tablaient sur un profit par action de 1,02 $ et sur un chiffre d’affaires de 167,9 millions $, d’après les données compilées par la firme Refinitiv.

«Nous sommes satisfaits de ce que nous avons réalisé, a dit M. Lefebvre, qui exprimé une certaine surprise par rapport à la réaction du marché à la suite de la publication des résultats trimestriels. (Les résultats) correspondent à ce que l’on s’attendait.»

De leur côté, les ventes des restaurants ouverts depuis au moins un an - un indicateur clé de la performance - ont été en hausse de 0,7 % au Canada, de 0,6 % aux États-Unis et de 5,4 % à l’international. Au Québec, la progression a été d’un pour cent.

À la fin du trimestre, le réseau de MTY comptait 7441 établissements, dont 163 exploités par MTY et 7278 franchisés. Environ 55 % des restaurants se trouvent aux États-Unis et 38 % au Canada.