Le ministre des Finances, Bill Morneau

Morneau rencontrera la commissaire à l’éthique jeudi

Le ministre des Finances, Bill Morneau, rencontrera la commissaire à l’éthique jeudi pour placer les actions de son entreprise familiale Morneau Shepell dans une fiducie sans droit de regard.

La controverse dans laquelle il a été plongé la semaine dernière n’a pas ébranlé sa confiance envers la commissaire.

«À mon avis, elle m’a donné de bons conseils, a-t-il affirmé mercredi, lors d’une visite dans un centre d’aide pour les jeunes mères et leurs enfants où il était pour promouvoir son dernier énoncé économique.

«Elle a trouvé une façon d’être certain que je n’ai pas de conflit d’intérêts, ce qui a été le cas durant les deux dernières années.»

Mary Dawson lui avait signalé qu’il n’avait pas l’obligation de placer ses actions de Morneau Shepell dans une fiducie sans droit de regard après son élection en 2015, puisqu’il ne les contrôlait pas directement. M. Morneau avait plutôt choisi de les placer dans des sociétés privées dont il était propriétaire.

M. Morneau a répété qu’il avait suivi les conseils de la commissaire en utilisant un filtre anti-conflit d’intérêts. Son chef cabinet filtrait tout document ou information qui concernait Morneau Shepell pour éviter que le ministre ne les traite.

«S’il y a la nécessité de faire plus que ce qui a été recommandé, je vais le faire et c’est pour ça que j’ai un rendez-vous demain (avec la commissaire à l’éthique)», a-t-il expliqué.

La semaine dernière, le ministre a promis de vendre au moins 21 millions $ d’actions et de placer ses autres actifs dans une fiducie sans droit de regard pour mettre fin à la controverse.

Bill Morneau espérait pouvoir se concentrer sur les nouvelles contenues dans son énoncé économique de mardi, qui prévoit 14,9 milliards $ de nouvelles dépenses, entre autres, pour les familles de la classe moyenne et les travailleurs à faible revenu.

L’opposition a toutefois continué de le talonner sur sa fortune personnelle lors de la période des questions.

Le chef du Parti conservateur, Andrew Scheer, a tenté d’insinuer que le ministre s’était mis en conflit d’intérêts en participant aux discussions sur le prêt octroyé par le gouvernement à Bombardier.

«L’entreprise du ministre des Finances a des contrats avec Bombardier, et le ministre était un ardent défenseur de l’entente», a-t-il signalé.

Morneau Shepell fournit des services d’administration de pension aux employés de Bombardier.

Le filtre anti-conflit d’intérêts mis sur pied au bureau de M. Morneau ne concerne pas les clients de son entreprise familiale. Il a donc participé aux discussions sur l’aide que le gouvernement a décidé d’accorder à Bombardier.

Le premier ministre Justin Trudeau, qui répond généralement à toutes les questions le mercredi, a rejeté ces allégations.

«Il n’y a aucun conflit d’intérêts, a-t-il soutenu. Nous sommes fiers d’avoir toujours été là pour les travailleurs de l’aéronautique partout au pays.»