Le ministre des Finances, Bill Morneau

Morneau défend sa réforme fiscale

Le ministre fédéral des Finances, Bill Morneau, craint la formation de deux classes de citoyens si rien n'est fait pour contrer l'évitement fiscal.
C'est du moins ce qu'il a affirmé aux médias mardi à la veille du caucus présessionnel du Parti libéral du Canada qui se déroule en Colombie-Britannique.
Sa réforme fiscale présentée à la mi-juillet suscite de la grogne parmi les propriétaires de petites et moyennes entreprises et chez certains professionnels comme les médecins.
Le ministre Morneau veut empêcher la création de sociétés privées dans le strict but d'économiser de l'impôt. Cette pratique de plus en plus répandue permet aux entrepreneurs et à certains professionnels de fractionner leur revenu entre les membres de leur famille même si ceux-ci ne travaillent pas pour eux.
Elle leur procure un avantage auquel d'autres travailleurs au revenu similaire n'ont pas droit, selon M. Morneau. Il a soutenu que le nombre de professionnels qui y ont recours a augmenté de 300 % au cours des 15 dernières années.
Le gouvernement estime qu'il engendrerait des recettes de 250 millions $ annuellement en y mettant fin.
M. Morneau a indiqué que sa réforme vise à rendre le système d'imposition canadien plus équitable. Elle veut également éviter l'usage du revenu de placement passif des entreprises comme un « instrument d'épargne personnelle » pour la retraite. Le taux d'imposition de ces revenus est plus bas pour les inciter à réinvestir dans leurs activités.
Le ministre entend également éliminer la conversion de revenus réguliers en gains de capital.
La période de consultation de 75 jours se termine au début du mois d'octobre.