En mars, Bombardier avait procédé à une émission d’actions d’environ 500 millions $US. Elle récoltera 635 millions $US grâce à la vente de son site de Downsview, à Toronto, où se fait notamment l’assemblage du Q400. Sur la photo, Alain Bellemare, président et chef de la direction de Bombardier.

Moody's relève ses perspectives à l'endroit de Bombardier

Alors que Bombardier s’apprête à faire le point sur ses résultats du troisième trimestre, l’entreprise voit l’agence de notation Moody’s relever ses perspectives à son endroit, qui passent de «négatives» à «stables».

Si l’institution new-yorkaise a fait preuve d’un certain optimisme dans une note publiée lundi, elle n’est toutefois pas allée jusqu’à modifier la cote de crédit du constructeur d’avions et de trains, qui demeure à «B3». Elle n’a toutefois pas écarté une réévaluation à la hausse.

Une cote de crédit plus élevée permet notamment de réduire les coûts d’emprunt d’une entreprise.

L’analyste Jamie Koutsoukis a justifié la décision de Moody’s en expliquant qu’il y avait moins de risques d’exécution chez Bombardier depuis qu’Airbus a complété la prise de contrôle du programme de la C Series - rebaptisé A220 - en plus d’avoir obtenu la certification pour son jet d’affaires Global 7500.

«(La compagnie) a amélioré ses marges dans sa division transport et du côté des avions d’affaires, a-t-il ajouté. Les liquidités de l’entreprise demeurent également robustes.»

En mars, la multinationale québécoise avait procédé à une émission d’actions d’environ 500 millions $ US et elle récoltera 635 millions $ US grâce à la vente de son site de Downsview, à Toronto, où se fait notamment l’assemblage du Q400.

Moody’s estime que Bombardier aura accès à des liquidités d’environ 4,2 milliards $ US au cours de la prochaine année alors que l’agence de notation croit que l’entreprise devra puiser environ 500 millions $ au cours de cette période.

Même si c’est Airbus qui contrôle désormais l’A220 - ce qu’a pu réaliser le géant européen sans verser un sou - Bombardier devrait contribuer au programme à hauteur d’au moins 700 millions $ US d’ici 2021, rappelle Moody’s.

En juin, c’est l’agence de notation torontoise DBRS qui avait relevé à «positives» ses perspectives à l’endroit de l’entreprise, tout en laissant sa cote de crédit à «B». Elle avait toutefois ouvert la porte à une modification à la hausse si les résultats continuent de s’améliorer.

Résultats dévoilés jeudi

Bombardier doit dévoiler ses résultats du troisième trimestre jeudi. Les analystes sondés par Thomson Reuters Eikon tablent sur un bénéfice net d’environ 62 millions $ US et sur un chiffre d’affaires de 3,87 milliards $ US.

Après avoir touché un sommet annuel de 5,43 $ en juillet dernier, l’action de l’avionneur a effacé plus de 40 pour cent de sa valeur à la Bourse de Toronto, ce qui, selon certains analystes, est exagéré.

«Notre analyse suggère que les préoccupations (du marché) sont surestimées et nous voyons une occasion d’achat aux niveaux actuels», a écrit Benoit Poirier, de Desjardins Marché des capitaux, dans une note envoyée par courriel à ses clients, lundi.

L’analyste, qui croit que Bombardier pourra réaliser son redressement en 2020, a maintenu à 6 $ son cours cible pour l’action.

Sur le parquet torontois, le titre de la multinationale a clôturé à 3,26 $, en baisse de deux cents, ou 0,61%.