Le président de Miralis, Daniel Drapeau, a réalisé un rêve en devenant propriétaire d’une entreprise à Saint-Anaclet, près de Rimouski, son coin de pays.

Miralis: rendre sexy le boulot à l’usine

La clé du succès de Miralis? Avoir réussi à rendre sexy le travail en usine!

Ne croyez surtout pas que le fabricant de mobilier pour la maison (armoires et îlots de cuisine, vanités de salle de bain, gardes-robes et garde-manger) survole au-dessus de la rareté de main-d’oeuvre qui caractérise la situation économique du Québec.

«Ce n’est pas facile, mais nous parvenons à pourvoir nos postes vacants», confie Daniel Drapeau, le président de l’entreprise de Saint-Anaclet, une municipalité située à une dizaine de kilomètres de Rimouski.

Des embauches, Miralis en réalise à coup de trentaine par année.

Un «exploit» qui lui a valu, lors du dernier Gala des Prix Créateurs d’emplois au Québec organisé par Fondaction, la Corporation des parcs industriels de Québec et le Conseil du patronat du Québec, le Grand Prix Coup de Cœur et Créateur de prospérité.

«Au cours des dix dernières années, nous avons multiplié par cinq notre chiffre d’affaires et nous avons triplé le nombre de nos employés. Aujourd’hui, nous sommes 300 chez Miralis.» 

À l’instar de dizaines de salariés de Miralis, Daniel Drapeau est revenu dans son coin de pays pour gagner sa croûte et réaliser un vieux rêve. Pendant cinq ans, il a travaillé pour Telus à Montréal.

«J’ai toujours su qu’un jour, j’aurais mon entreprise et qu’elle aurait pignon sur rue dans ma région natale», signale le Rimouskois.

En 2009, il est devenu l’un des copropriétaires de l’entreprise fondée en 1976 par Jean-Paul Lauzier.

Les bouchons de circulation, c’est fini pour lui.

«Ça me prend neuf minutes pour me rendre à l’usine le matin et neuf minutes pour retourner à la maison le soir. Il y a même des collègues qui viennent travailler en motoneige!»

Les jeunes et les robots

Miralis s’est donné un défi : rendre sexy le secteur manufacturier.

Comment?

En y implantant une culture d’innovation, notamment en faisant appel à la jeune génération.

«J’approche la mi-quarantaine et j’aime m’entourer de jeunes talents. C’est bon de se faire pousser dans le dos. Nous aimons provoquer des collisions entre la jeunesse et l’expérience», note Daniel Drapeau qui a récemment ouvert l’actionnariat de son entreprise à un jeune cadre âgé d’à peine 30 ans.

«Nous comptons sur des jeunes possédant des compétences et des talents variés. Nous recherchons des gars et des filles qui ont de l’attitude. Nous les formons et nous leur accordons une grande liberté d’action tout en leur assurant un bon encadrement. Leur carré de sable est grand.»

En ayant recours à la robotisation et à l’automatisation, Miralis est parvenue à éliminer des tâches routinières et répétitives qui apportaient peu de valeur à l’entreprise et qui rebutaient les travailleurs.

«Grâce aux robots et aux investissements que nous faisons pour accroître notre productivité, nous parvenons à améliorer la qualité des emplois dans l’usine», signale Daniel Drapeau.

Pour ce dernier, «la croissance, c’est la santé» et Miralis entend continuer à s’épanouir.

Ses produits sont vendus par l’intermédiaire de 125 détaillants au Québec, en Ontario et aux États-Unis. «De ce nombre, nous comptons actuellement 74 boutiques spécialisées avec lesquelles nous partageons une relation privilégiée. Elles font partie de la famille. Ces boutiques spécialisées, nous en avions 59 l’an passé et nous envisageons en compter 85 l’an prochain.»

La moitié de la production de Miralis est destinée au marché québécois. L’autre moitié prend la direction de l’Ontario (30 %) et des États-Unis (20 %).

«Nous voulons accroître nos affaires dans ces deux marchés. Pour nous, l’important, c’est la diversification. Nous ne voulons pas être trop dépendants d’un marché ou d’un autre», précise Daniel Drapeau.