À droite, le pdg de Metro, Eric R. La Fleche, et le vice-president executif de l'entreprise, François Thibault, lors du dévoilement, mardi, des résultats de l'entreprise à Montréal.

Metro se tourne vers les nouvelles technos et les caisses en libre-service

MONTRÉAL — Metro commencera à tester un service de type «scanner et payer» tout en accélérant le déploiement des caisses en libre-service dans ses supermarchés, alors que l'épicier doit s'ajuster aux hausses du salaire minimum au Québec et en Ontario.

Un projet pilote sera prochainement en vigueur au Québec — à un endroit qui n'a pas été précisé — afin de tester ce système permettant aux clients de scanner les articles avant de les déposer dans leur panier et de payer à leur sortie.

Ce service est actuellement offert dans certains magasins Walmart au Canada et le géant du Web Amazon table sur son propre système.

«C'est quelque chose qui existe mais qui n'était pas encore à point, a expliqué le président et chef de la direction de Metro, Eric La Flèche, mardi à Montréal, au cours d'un point de presse en marge de l'assemblée annuelle des actionnaires. Il y avait certains problèmes avec les machines et cela ne fonctionnait pas toujours pour le client.»

Quant aux caisses en libre-service, leur nombre devrait croître plus rapidement en Ontario, où le salaire minimum de 14 $ l'heure atteindra 15 $ à compter de janvier prochain.

Contrairement au Québec, où plusieurs supermarchés sont exploités par des franchisés ou des marchands affiliés, les épiceries de Metro en Ontario sont des magasins corporatifs. La variation du salaire minimum a ainsi un effet plus marqué sur les coûts de main-d'oeuvre de l'entreprise en territoire ontarien.

«Les technologies [des caisses en libre-service] sont plus abordables et plus faciles à utiliser pour nos clients», a expliqué M. La Flèche.

Sur une base annualisée, la facture découlant de l'augmentation du salaire minimum en Ontario est chiffrée à entre 45 millions $ et 50 millions $. Au Québec, la hausse de 11,25 $ à 12 $ l'heure, qui entrera en vigueur le 1er mai, s'absorbe mieux.

Des caisses en libre-service se trouvent dans 24 supermarchés ontariens de Metro. Elles devraient faire leur apparition dans sept autres magasins d'ici l'été et dans six établissements Food Basics au cours des prochains mois. Au Québec, ce service est offert dans quatre épiceries Metro et cinq Super C.

L'épicier poursuit également l'automatisation de son réseau de distribution ontarien en y injectant 400 millions $ sur six ans.

Rien à se reprocher

Dans son message aux actionnaires, le grand patron de Metro a martelé que l'épicier n'avait rien à se reprocher dans le cadre de l'enquête du Bureau de la concurrence ayant incité Loblaw à admettre qu'elle avait participé à un stratagème de fixation des prix du pain pendant 14 ans.

M. La Flèche a critiqué son concurrent, sans le nommer, laissant entendre que les aveux de la chaîne d'alimentation laissaient croire que tous les détaillants étaient fautifs.

«Nous réfutons et condamnons les allégations de collusion dans l'ensemble du secteur», a dit M. La Flèche lors de son allocution, rappelant que l'enquête interne déclenchée par Metro n'avait pas relevé d'irrégularités.

Il s'est également questionné sur la décision de Loblaw d'offrir des cartes de 25 $ à guise de dédommagement, sans toutefois aller jusqu'à la qualifier de coup de publicité.

M. La Flèche s'est également retenu de spéculer sur sa stratégie une fois que l'acquisition du Groupe Jean Coutu pour 4,5 milliards $, qui devrait recevoir le feu vert du Bureau de la concurrence au printemps, aura été complétée.

Résultats en hausse

En ce qui a trait à sa performance au premier trimestre, Metro a dépassé les attentes en affichant un bénéfice net d'environ 1,3 milliard $, ou 5,67 $ par action. Ce résultat a été stimulé par la vente de son placement dans Alimentation Couche-Tard visant à financer l'acquisition de Jean Coutu.

À la même période l'an dernier, l'épicier avait engrangé des profits nets de 138,1 millions $, ou 58 ¢ par action.

Les revenus se sont établis à 3,11 milliards $, en hausse de 4,7 %. Abstraction faite des éléments non récurrents, le bénéfice ajusté de Metro s'est établi à 153,5 millions $, ou 67 ¢ par action, en hausse de 11 % sur un an.

Les analystes sondés par Thomson Reuters tablaient sur un profit ajusté par action de 59 ¢ et sur des revenus de 3,02 milliards $.

Les ventes des établissements ouverts depuis au moins un an — un indicateur clé dans le secteur du commerce de détail — ont progressé de 3,4 %, alors que la hausse avait été de 0,7 % au premier trimestre l'an dernier.

À la Bourse de Toronto, le titre de Metro a clôturé le journée à 40,75 $ en baisse de 13 ¢.