Le ministre des Finances, Carlos Leitão

Marijuana: Leitao veut un partage équitable des revenus

Le prix de vente de la marijuana devra être réaliste, estime le ministre des Finances du Québec, Carlos Leitao, de passage à Ottawa lundi pour une rencontre bisannuelle avec ses homologues.
Les implications financières de la légalisation de la marijuana font partie des discussions.
«C'est clair qu'on va se retrouver avec un fardeau, a-t-il affirmé. Puisqu'on aborde cet enjeu-là du côté de la santé publique, nous allons devoir investir suffisamment dans des campagnes de prévention et dans des mesures de contrôle. Donc, c'est clair que ces mesures-là vont nous coûter de l'argent.»
«On souhaite un partage équitable des revenus», a-t-il ajouté.
Sans avancer de chiffre, le ministre Leitao croit que les provinces devraient être en mesure d'imposer une taxe pour générer des revenus puisqu'elles assumeront les coûts de la distribution de ce produit.
Le montant d'une telle taxe devrait être similaire d'une province à l'autre, à son avis.
«Je ne sais pas si ça va être entièrement harmonisé, on verra bien. Mais on ne peut pas non plus être très différents les uns des autres», a-t-il dit.
«On a vu ce que ça a donné quand on avait des taxes sur le tabac qui étaient très différentes d'une province à l'autre», a-t-il ajouté.
Le gouvernement fédéral veut éviter une taxation trop lourde sur la marijuana qui risquerait d'alimenter le marché noir.
«À ce moment, on ne peut pas dire exactement le niveau de cette taxe, mais ce que je peux dire c'est qu'au début, au moins, ce sera nécessaire d'avoir une taxe très basse», a affirmé le ministre fédéral des Finances, Bill Morneau.
Le gouvernement de l'Ontario veut qu'Ottawa absorbe le fardeau financier qu'il a imposé aux provinces, forcées d'implanter un réseau de distribution de marijuana.
«Nous demandons de l'équité et de la flexibilité dans le partage des revenus de la marijuana», a indiqué le ministre des Finances de l'Ontario, Charles Sousa.
«La population s'attend à ce que nous fournissions un encadrement adéquat et à ce que toute activité illégale soit réprimée», a-t-il ajouté.
Légalisation trop rapide?
Le gouvernement Trudeau a déposé un projet de loi en avril pour légaliser la marijuana à compter du 1er juillet 2018. Il reste donc environ un an aux provinces pour s'adapter.
«C'est précipité», a lâché le ministre des Finances du Manitoba, Cameron Friesen.
Il demande une extension au gouvernement fédéral. «Nous n'avons qu'une chance de bien faire les choses», a-t-il souligné.
Il est encore trop tôt, selon lui, pour décider du montant d'une éventuelle taxe sur la marijuana étant donné que les provinces ne savent pas encore combien la légalisation leur coûtera.
Cette taxe devra toutefois être assez élevée pour leur permettre d'absorber les coûts, a-t-il fait valoir.
Déséquilibre fiscal
Ottawa devrait laisser le champ libre au Québec pour taxer la marijuana comme bon lui semble, selon la chef du Bloc québécois, Martine Ouellet.
«Pourquoi est-ce que les revenus devraient être retournés? À chaque fois qu'ils sont censés nous retourner des revenus, ou bien ils mettent des conditions, ou bien ils ne les retournent pas au complet et il faut toujours se battre», a-t-elle dit.
Elle croit que la légalisation de la marijuana accentuera le déséquilibre fiscal dont souffre déjà le Québec.